En Afrique du Sud, une affaire de ventes d’armes vieille de 20 ans rattrape Zuma

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Retour sur les principaux événements et rebondissements judiciaires dans une affaire de vente d’armes en Afrique du Sud, qui vaut à l’ancien président Jacob Zuma et à l’entreprise française Thales d’être poursuivis:

1995  – L’armée de l’air sud-africaine décide de remplacer une partie de ses avions de chasse.

Octobre 1997 – Le président sud-africain Thabo Mbeki lance un appel d’offres pour remplacer du matériel militaire à hauteur de 12 milliards de rands (820 millions d’euros au cours actuel).

Novembre 1998 – Le gouvernement approuve le contrat de vente d’armes pour un montant de 30 milliards de rands (2 milliards d’euros au cours actuel). Le même jour, Jacob Zuma, alors ministre provincial, rencontre son conseiller financier Schabir Shaik et un responsable de l’équipementier français Thomson-CSF, rebaptisé depuis Thales.

Juin 1999 – Thabo Mbeki est élu président de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma devient son vice-président.

Septembre 1999 – Une députée de l’opposition, Patricia de Lille, révèle sous doutes sur la légalité du contrat et exige une enquête.

Décembre 1999 – Le ministre des Finances Trevor Manuel signe l’accord pour un montant global de 29,9 milliards de rands.

Février 2000 – L’unité d’élite de la police sud-africaine, les Scorpions, ouvre une enquête.

Mars 2000 – Le vice-président Zuma et Schabir Shaik rencontrent Alain Thetard, responsable d’une filiale sud-africaine de Thales. Selon un document versé au dossier, l’industriel s’engage à verser 500.000 rands par an à M. Zuma, via M. Shaik, en échange de sa protection contre toute poursuite.

Août 2003 – Le parquet annonce le renvoi de M. Shaik devant un tribunal. Il reconnaît qu’il y a « matière à procès » contre Jacob Zuma » mais juge qu’il ne peut le gagner. Le vice-président échappe aux poursuites.

Juin 2005 – Schabir Shaik est condamné à 15 ans de prison pour fraude et corruption. Il est libéré pour raisons médicales en 2009.

–  Thabo Mbeki limoge Jacob Zuma de la vice-présidence du pays.

Octobre 2005 – Jacob Zuma est formellement inculpé de corruption.

Septembre 2006 – La justice invalide le dossier Zuma.

Décembre 2007 – Il est élu président du Congrès national africain (ANC), où il succède à son rival Thabo Mbeki.

– Nouveau revirement, le parquet annonce avoir suffisamment de preuves pour accuser Jacob Zuma pour corruption.

Septembre 2008 – Un juge annule les poursuites contre M. Zuma pour vice de procédure.

Avril 2009 – Le procureur général Mokotedi Mpshe renonce aux poursuites contre M. Zuma. Sans se prononcer sur le fond, il explique avoir être en possession d’enregistrements prouvant des interférences « politiques » dans le dossier.

Mai 2009 – Jacob Zuma prête serment comme président de l’Afrique du Sud .

Octobre 2011 – Il nomme une commission chargée d’enquêter sur le contrat d’armement.

2014 – Le Trésor reconnaît que le montant global de l’accord s’élève à 51,25 milliards de rands (au cours actuel environ 3,5 milliards d’euros).

Avril 2016 – La commission ne trouve « pas un iota de preuve » que des pots-de-vin ont été payés.

Quelques jours plus tard, la Haute Cour de Pretoria juge « irrationnel » l’abandon en 2009 des charges contre Jacob Zuma et estime qu’elles devraient être rétablies.

Février 2018 – M. Zuma est contraint par son parti de démissionner de la présidence sud-africaine, en raison notamment des nombreux scandales dans lesquels il est impliqué.

Mars 2018 – Le parquet annonce que Jacob Zuma sera renvoyé devantun tribunal pour corruption, fraude et blanchiment d’argent dans l’affaire de ventes d’armes.

sn-bed/pa/sba

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