Afrique du Sud: l’ANC exige le départ de Jacob Zuma

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La question de l’avenir de Jacob Zuma à la tête de l’Afrique du Sud est encore repoussée. A Johannesburgce lundi 5 février se sont réunis les cadres de l’ANC. Ils ont statué sur son sort et ont dressé un bilan des négociations de ce week-end entre Zuma et les hauts responsables du parti. Les 80 cadres du parti sont appelés à se réunir exceptionnellement mercredi pour prendre une décision définitive sur le départ ou non de Jacob Zuma. Ce sera la veille du grand discours à la nation que Zuma doit prononcer.

Selon la presse sud-africaine, les 6 hauts dirigeants de l’ANC auraient demandé à Jacob Zuma de démissionner dimanche soir lors d’une réunion chez lui à Pretoria. Celui-ci aurait catégoriquement refusé. Selon Julius Malema, un ancien de l’ANC – toujours très bien informé – Zuma aurait estimé qu’il n’a rien fait de mal qui justifierait son départ anticipé.

Une autre réunion d’urgence s’est donc tenue ce lundi après-midi au siège du parti, en présence du chef de l’Etat. Mais là encore, l’ANC a repoussé l’échéance. Il a été décidé que les 80 membres du comité exécutif, ainsi que le top 6 du parti, se réuniraient au Cap mercredi avec pour but de trancher l’avenir du président.

Mais Jacob Zuma semble pour l’heure imperméable aux pressions. Même si le parti lui demandait formellement de démissionner, il pourrait choisir de rester à son poste. Qui plus est, le discours à la nation a lieu le lendemain et Jacob Zuma souhaite le prononcer en personne.

Un discours qui risque de provoquer le chaos au Parlement et qui serait vu comme une défaite pour Cyril Ramaphosa, nouvellement élu à la tête de l’ANC. Si toutefois il acceptait une probable demande de démission de son parti, Zuma serait immédiatement remplacé par le vice-président du pays, qui n’est autre que Cyril Ramaphosa.

Manifestation pro et anti-Zuma

Le président de la République a en tout cas une fois de plus sauvé sa peau lundi, alors que dans la rue, des dizaines de manifestants anti-Zuma s’étaient rassemblés devant le siège du parti pour réclamer son départ.

« Zuma Must Fall » (Zuma doit tomber).  Voici ce que la centaine de membres de l’ANC ont réclamé toute la journée devant le quartier général du parti. Lazarus Maumela est l’un d’entre eux. Il appui clairement le président de l’ANC, Cyril Ramaphosa, pour prendre la suite de Jacob Zuma.

« Zuma doit démissionner et s’il ne le fait pas, nous appelons à une grande grève nationale, à partir de demain. Nous allons nous assurer que personne ne travaille jusqu’à ce qu’il démissionne », a-t-il averti.

Face à eux, s’étaient réunis des combattants du parti ultra minoritaire, BLF, un mouvement de soutien à Jacob Zuma. Ils ont créé la zizanie dans les rangs de l’ANC en venant au milieu de la foule, à bord d’une camionnette. Motheo fait partie de ceux qui les ont repoussés.

« Cela n’a aucun sens de faire ça. S’ils veulent protéger le président Zuma, ils ont leur propre parti. C’est seulement à l’ANC de décider si Zuma doit partir ou non. Ils doivent laisser notre parti choisir », souligne-t-il.

Quant au président Zuma, on sait qu’il s’est entretenu un peu plus tôt dans la journée avec le roi zoulou Goodwill Zwelthini, la plus haute autorité traditionnelle du pays. S’agissait-il d’une rencontre pour discuter de son avenir ? Dans son entourage on affirme que non et que cette réunion était prévue de longue date.

rfi 

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