Alpha Condé avertit : « Tout diplomate qui s’ingère dans les affaires intérieures de la Guinée, je lui mets dans l’avion »

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Alpha Condé a offert vendredi un déjeuner de presse aux journalistes guinéens au palais Sékhoutouréya. C’était à l’occasion du nouvel an qui pointe à l’horizon. Arrivé avant la fin de l’installation des invités, le Chef de l’Etat guinéen a fait le tour des tables en serrant la main aux hommes de médias en usant de l’humour teinté des éclats de rire.

Pour commencer, l’honneur est revenu au président de l’Association Guinéenne des Editeurs de la Presse Indépendante (AGEPI), Moussa Iboun Conté, au nom des toutes les associations de presse de rendre publique  la déclaration sur les difficultés rencontrées par la presse les deux derniers mois.

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Le réquisitoire d’Alpha Condé

Comme d’habitude, le Chef de l’Etat guinéen ne s’est pas montré au début tendre avec les médias.

« Vous encouragez la rébellion et l’incivisme. Si vous faites au Sénégal ou en Côte d’Ivoire vos émissions interactives qui se passent ici, vos radios seront fermées, » lance-t-il. Et de continuer : « Moi, même quand j’étais dans l’opposition, je n’ai jamais poursuivi ni répondu à un journaliste malgré qu’on m’insultait. Si je devrais mettre un journaliste en prison, tous les gens des ‘’Grandes Gueules’’ (émission de la radio Espace FM) seraient en prison aujourd’hui. Ce que les journalistes guinéens font, on ne le fait nulle part dans le monde. J’ai dit aux reporters sans frontières, que ce qu’ils vont écrire sur moi ne me fait ni chaud ni froid. Toute pression qui viendra à l’extérieur ne m’influence pas parce que ce sont les guinéens qui m’ont élu pas eux », indique Alpha Condé.

Le cauchemar Aboubacar Soumah, le syndicaliste

Jusqu’à présent, Alpha Condé ne digère pas les interviews  que les médias privés guinéens ont accordées  au secrétaire général adjoint, des Syndicats Libres et Chercheurs de Guinée, Aboubacar Soumah qui a déclenché la grève dans le secteur de l’éducation au mois de novembre dernier.

Le cauchemar Aboubacar Soumah semble toujours habiter le locataire du palais Sékhoutouréya.

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« Vous savez que la grève lancée par Soumah n’était pas légitime et vous lui donner la parole. Pour quoi ? » S’interroge-t-il. Plus de dix fois, le président guinéen répétait le nom de ce syndicat sorti de l’anonymat au mois de novembre dernier.

A chaque fois qu’Alpha Condé parlait, il répétait cette phrase. « Vous montrez ce qui ne va pas et vous laissez ce qui va pas. Comme ça, on ne peut pas travaillez ensemble. Les avancées enregistrées en Haute Guinée avec les femmes, qui a dit ça parmi vous ici ? Qui ? » Demande-t-il.

Une pique à Cellou Dalein Diallo

Au cours de cette rencontre, Alpha Condé n’a pas hésité de tirer sur son principal adversaire politique Cellou Dalein Diallo.

« J’ai interpellé mes amis peuls avec qui j’étais en France. Je les ai dit   comment Cellou peut aller dire au Fouta que je suis un anti-peul et que vous ne réagissez pas. Moi j’ai défendu tout le monde en France y compris les peuls. On m’avait accusé d’être l’instrument des peuls contre les malinkés en France, » rappelle  Alpha Condé.

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Puis d’enchaîner : « Je ne comprends pas comment les gens qui mettaient les journalistes en prison quand j’étais opposant se font passer aujourd’hui pour les défenseurs de la presse. Lansana Conté disait toujours, moi je ne suis pas lettré, faites ce qui est bien pour le pays. »

Menaces aux diplomates

« J’ai dit  aux diplomates qui sont là que la Guinée est un pays souverain et indépendante. Qui conque s’ingère dans les affaires de la Guinée, je lui mets dans l’avion, » menace le président guinéen.

Alpha Condé recadré par  Tibou Camara

Pendant son intervention, Alpha Condé était trop répétitif. Réquisitoire contre les journalistes et le cas du syndicaliste Aboubacar Soumah revenait à tout bout de champ dans ses interventions. Après 45 minutes d’intervention, Alpha Condé n’a jamais fait cas à la doléance des journalistes présentée dans une déclaration.  Ainsi, le Conseiller personnel du Chef de l’Etat, Tibou Kamara  s’est levé et approché un garde rapproché du président de la République. Il l’aurait donné un bout de papier qui a été remis au Chef de l’Etat.

C’est ainsi, que le locataire de Sékhoutouréya s’est dit prêt à accompagner les médias guinéens. Et a apprécié la déclaration rendue publique.

Auteur: Minkael BARRY 

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