Assemblée nationale : Pourquoi Soro a convoqué une session extraordinaire, ce qui va se passer

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Le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, a convoqué une session extraordinaire de son institution, qui se réunit ce vendredi 8 février 2019. Le chef du Parlement ivoirien a pris cette initiative au moment où sa démission de la chaire de l’Hémicycle bat l’actualité.

Le 29 janvier, lors de la présentation de vœux à la presse, c’est le président de la République, Alassane Ouattara, lui-même, qui va annoncer lâcher le mot, annonçant que son ex-dauphin constitutionnel va libérer le tabouret de l’Assemblée nationale. «Soro Guillaume démissionnera en février, c’est entendu, c’est réglé », avait signifié le chef de l’Etat aux journalistes. Une belle forme de pression que le président ivoirien met depuis lors sur son ancien N°2 rangé désormais dans le camp de ses farouches adversaires.

En convoquant les députés à une session extraordinaire ce vendredi, Guillaume Soro s’inscrit dans la ligne droite de cette pression du chef de l’Exécutif ivoirien. En effet, conformément à l’article 95 de la Constitution du 8 novembre 2016, « le Parlement est convoqué en session extraordinaire par le président de chaque chambre (Sénat ou Assemblée nationale) sur un ordre du jour déterminé, à la demande du président de la République ou celle de la majorité absolue de ses membres».

En la matière, jusqu’à présent, il n’y a eu aucune initiative des députés ou d’un groupe parlementaire allant dans le sens de la convocation d’une session extraordinaire. Ce qui signifie qu’à l’initiative de la session qui va s’ouvrir ce vendredi se trouve le chef de l’Etat. En l’espèce, le président de la République, dans le contexte présent, ne saurait requérir cette session que pour permettre au chef du parlement démissionnaire de rendre effectivement le tablier.

Ce vendredi donc, incontestablement, la démission de Guillaume Soro sera à l’ordre du jour de la session, qui peut tenir en un seul ordre du jour, en quelques heures, en la seule journée de ce 8 février 2019, comme s’étendre sur des jours.

On s’attend à ce que Guillaume Soro dépose sa démission sur la table des députés. La plus grande question, c’est le fondement juridique sur lequel le président de l’Assemblée nationale va s’appuyer pour justifier sa démission. En effet, ni dans les textes de l’Assemblée nationale, encore moins dans la Constitution, il n’est prévu une disposition portant sur une démission du chef du Parlement en Côte d’Ivoire. Alors, à qui Guillaume Soro remet-il sa démission, s’il décidait de rendre son tablier ? Comment cela va-t-il se passer ? Qui va entériner cette démission ? Ce sont autant de question, qui pourrait faire débat ce vendredi, au sein de l’Hémicycle.

Au demeurant, si une démission annoncée de Guillaume Soro par le cnhef de l’Etat se retrouvait sur la table des élus de la Nation, il pourrait se poser un sérieux problème consécutif au principe de la séparation des pouvoir. On pourrait y voir une fâcheuse intrusion de l’Exécutif dans les affaires du Parlement. A moins que le politique ait tout verrouillé au mépris des procédures.

In linfodrome