Les convoitises chinoises, une opportunité de développement pour l’Afrique? (Par Goïkoya Kolié, Juriste)

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La Chine : nouveau et dorénavant premier partenaire économique de l’Afrique avec 149,2 milliards de dollars d’échange commerciaux en 2016, suscite jalousie, farouche animosité, courroux, sentiment d’impuissance, perte d’influence, luttes d’influence, campagne de lynchage et de salissage médiatique, désinformation, médisance, dénigrement, méphitiques propagandes mensongères qui mettent en exergue cet impitoyable conflit tant redouté.

Le continent africain devient le champ de bataille d’une violente guerre économique opposant européens, chinois et américains, sans écarter l’arrivée éventuelle des russes, indiens et brésiliens.

Il est absolument impérieux pour les Africains de réaliser et comprendre qu’aucun des protagonistes susmentionnés n’a que faire de leurs vies, leurs droits, et leurs bien-être.

Permettez qu’on l’exprime de façon crue mais sincère, avec pleins de déférences et de bienveillances. Il n’y a que des amitiés de circonstance et d’intérêts qui lient l’Afrique aux autres pays. Tous obstacles dressés contre cet idéal font l’objet d’élimination sans le moindre état d’âme.

Les notions de droit de l’homme, en vertu desquelles, des régimes étrangers s’autorisent la légitimité de parler au nom des Africains ne sont que de factices théories, destinées à l’endoctrinement des masses populaires analphabètes du continent.

La Chine est-elle la nouvelle puissance coloniale de l’Afrique?

Les accusations lancées par les médias de pays (ayant remplacé esclavage par colonisation, ayant substitué impérialisme et néocolonialisme par démocratie, aide au développement, aide humanitaire et respect des droits de l’homme), sont-elles de sérieuses accusations, ou plutôt des sauts d’humeur provoqués par la perte prochaine et fortement probable de gigantesques richesses perçues erronément comme propriétés et chasse gardée?

La réponse à ces légitimes questionnements, nécessite un fatidique exercice de RAPPEL HISTORIQUE, (exempt de haine, de ressentiments, d’amertume, d’esprit revanchard, de passions et d’émotions), des multiples interventions politiques, économiques, sociales, militaires, humanitaires des différents européens sur le continent africain, et ce, depuis la proclamation des indépendance.

Soulignons que les lendemains ont très vite, beaucoup trop vite déchanté en Afrique. Déstabilisations, putschs, sabotages, assassinats politiques, guerres civiles, ingérences, sanctions économiques, imposition de potentats, ce sont très vites succédés aux méthodes directes de l’extrême cruauté de la barbarie coloniale.

La majorité des leaders Africains de la fin des années 50 et du début des années 60 ont cru en une véritable indépendance, à un décollage rapide, dans une harmonieuse coopération d’égal à égal et de gagnants/gagnants.

Le retrait des européens du continent devait conduire à un développement miraculeux, accéléré des anciennes colonies, à l’instar des colonies asiatiques, dont la majorité ne disposaient pas des mêmes ressources que le continent noir.

Au regard des opportunités économiques offertes par les immenses richesses encore en friches du continent africain, il serait absurde, de qualifier le rêve des pères fondateurs d’utopiques.

En dehors des vérités alternatives, ou, pour être direct et sans réserve, en dehors des mensonges d’États;  mensonges à la fois pudiquement et cyniquement qualifiés de secrets d’état, les révélations et les aveux dans les mémoires publiées, de même que les entrevues des acteurs politiques et administratifs de l’Europe de l’époque des indépendances africaines, indiquent avec suffisance et stupéfaction, que les indépendances étaient une façade.

Au demeurant, l’observation des événements des cinquante dernières années laisse entrevoir que les pays colonisateurs, devenus ou érigés en premiers partenaires économiques de l’Afrique, n’hésitent point à piétiner les Africains pour préserver leurs acquis et leurs immenses intérêts économiques. Au diable les droits de l’homme, lorsqu’ils sont violés par nos amis du Nord. L’espoir des leaders de l’indépendance s’est très vite étiolé.

L’Afrique se rappelle douloureusement de l’assassinat du leader nationaliste Congolais Patrice Lumumba, le puissant trio infernal ÉU, Belgique, France restent les principaux suspects à ce jour. Un assassinat commis dans le but de perpétuer la main mise sur les richesses du Congo. Saisissons l’occasion pour rendre hommage aux 10 millions de Congolais tués par les belges et leur roi : Léopold II, durant leur occupation du pays.

Le Congo renommé Zaïre, puis, république démocratique du Congo, RDC, (tout sauf une démocratie), souffre encore des traumatismes de la sauvagerie coloniale. Il est encore aujourd’hui sous occupation étrangère, avec à sa tête un colon, une marionnette noire, déchue, qu’on tente de remplacer par un pantin promu.

Une enquête de RFI publiée le 01/03/2018 révèle et insiste sur le fait que, des balles de fabrication chinoises sont utilisées par la police congolaise, pour réprimer les manifestations non autorisées de ces derniers jours. L’enquête ne précise pas que la RDC ne fait l’objet d’aucun embargo onusien sur les importation d’armes.

Donc, les balles chinoises sont acquises de façon légale, par un gouvernement légitime, quoique contesté par une partie de la population. L’article de RFI révèle aussi ce que nous savions déjà, c’est-à-dire les coopérations militaires entre l’UE, la France et la RDC.

Les policiers Congolais sont entraînés par des instructeurs européens, à utiliser les armes acquises légalement des chinois, des français, des serbes, des brésiliens, des biélorusses, des ukrainiens. It’s like free for all. L’article reste silencieux sur le double jeu auquel la France est soupçonnée de se livrer. Pour préserver ses intérêts, elle oppose un veto contre une déclaration commune des ambassadeurs à Kinshasa qui condamne la répression.

L’Afrique se souvient de l’exécution du président Olympio du Togo, pour avoir osé menacer de se retirer de la monnaie coloniale française : le FRANC CFA. Il est important de noter, qu’en vertu des traités coloniaux, 60% de la valeur marchande des exportations des pays membres du CFA, est retenu par le trésor public français, pour assurer dit-on, la convertibilité de la monnaie.

Ce montant a été revu à la baisse. Cependant, le trésor public français continue à retenir en 2018, 50% de la valeur des exportations des pays membre du franc des colonies françaises d’Afrique en agrégé Franc CFA.

Des économistes Nicolas Agbohou, Kako Nubukpo, Mamadou Koulibaly parlent de servitude volontaire, de vestige colonial français. Il insistent et démontrent le désastre causé par cette monnaie à l’économie africaine. Sans oublier que la France détient un droit de veto au conseil d’administration de la monnaie dite africaine, où elle a un représentant permanent.

Les mémoires de l’assassinat du président Sankara sont encore vives sur le continent noir. Le capitaine Sankara, était un nationaliste et panafricaniste en avance sur son temps. Il initia les premières politiques d’austérité, de bonne gouvernance, longtemps avant que les institutions internationales n’en fassent leur cheval de bataille.

Le jeune président imposa un régime minceur à son administration et à tous les hauts cadres du gouvernement. Donnant l’exemple, le capitaine Sankara se départit des grosses cylindrées pour de très petites voitures. Le ton est donné, le pays alors appelé Haute-Volta devient le Burkina Faso. C’est-à-dire : pays des hommes intègres.

Sankara refuse de mettre le moindre sous dans l’achat de véhicules budgétivores. Il refuse d’emprunter aux institutions de Bretton Woods. Ces mesures ne plaisent pas aux partenaires, qui par ailleurs, auraient dû se féliciter d’avoir un crédible interlocuteur, qui joint l’acte à la parole, en terme de lutte contre la corruption.

En 4 ans, au bout de moult efforts, de contribution de tous les Burkinabé, il réussit le miracle agricole et fait de son pays pauvre du sahel, le Burkina Faso, une autosuffisance alimentaire, reconnu par la FAO. Dénonçant le CFA et la dette imposée indûment au pays africains, sensibilisant la jeunesse africaine contre les dangers de l’impérialisme et les solutions envisagées par la bien-pensante pour l’Afrique, le président Sankara signe son arrêt de mort par sa volonté de sortir son pays et le continent de la pauvreté et de la dépendance.

À la faveur d’une cohabitation politique en France, le président Mitterrand et son premier ministre Chirac le feront taire pour toujours. Notre part de responsabilité étant que l’ordre fut exécuté par des Africains. Nous participons à l’assassinat des nôtres pour préserver et sauvegarder les intérêts de nos partenaires du Nord. Ces derniers, en bons corrupteurs, nous permettent de dilapider notre part du butin chez eux, dans des hôtels de luxe pendant nos vacances, dans leurs hôpitaux ou cliniques privées excessivement chères pour nos soins médicaux.

Ils accueillent les enfants de nos dictateurs, leurs proches et membres de tribus dans leurs meilleures écoles pour mieux former et endoctriner la relève, garant de leur main mise sur nos richesses. Aujourd’hui, le Burkina Faso est l’un des pays les plus pauvres de la planète, qui survit au dépend de l’aide au développement et ne produit plus assez pour se nourrir.

Nous gardons à l’esprit le sabotage de l’économie guinéenne par les services secrets français dans le but de punir le président Sékou Touré de son affront à Charles de Gaulle. M. Sékou Touré dira non à la communauté de dupes que proposait de Gaulle. Sa célèbre phrase : (Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclave) est passée à l’histoire et a valu à l’ensemble des Guinéens d’être condamnés à la disette pendant 26 ans.

Aujourd’hui, dans des entrevues télévisées, à visages découverts, avec un sourire diabolique, narquois aux lèvres, les mandataires de l’État français expliquent sans remords, les crimes de la Marianne. Ces crimes économiques et ces crimes et de sang commis en Afrique, permettent de financer les coûteux et généreux programmes sociaux de la métropoles à ses populations.

Le massacre des manifestants hostiles, mais, non armés de l’hôtel ivoire, perpétré de sans froid par l’armée française en 2006, fait comprendre brutalement à ceux qui l’auront oublier, que la France ne reculera ni devant ses propres législations, ni devant ses engagements internationaux, ni non plus devant la critique du non respect des droits de l’homme, pour préserver ses acquis. Il s’agit pour elle, d’un enjeu hégémonique vitale, et, nos amis et anciens premiers partenaires français¸ont la ferme intention de continuer à se servir allégrement des richesses africaines sans jamais payer le moindre prix, pour ne pas dire le juste prix.

Le professeur Agbohou soutient que la France ne bourse pas le moindre sous pour se servir des ressources naturelles d’Afrique. Cette réflexion est d’ailleurs largement soutenue par le journaliste et grand reporter français; Christophe Boisbouvier dans son livre intitulé : Hollande, l’Africain. Il y affirme en substance, que sans l’Afrique derrière la France, cette dernière n’aurait pas de leadership mondial, ni de réel pouvoir au conseil de sécurité de l’ONU. Ce serait une grande Suisse conclut le journaliste.

En Côte d’Ivoire, le régime du président Jacques Chirac ordonnera à son armée, de tirer à balle réelle sur des manifestants, qui réclamaient le départ de l’armée coloniale française, stationnée dans ce pays depuis son indépendance, dans le but de surveiller les intérêts de notre big brother. La ministre de la défense de France Michèle-Alliot Marie justifie le massacre, sans sourciller devant les médias de son pays, que son armée avait été PROVOQUÉE.

Vous-vous imaginez, le président Gbagbo ou le capitaine Dadis, défendre impunément leurs armées avec de tels propos? Ni le président français, ni ses ministres n’ont été à ce jours inquiétés pour ce crime. L’intervention de l’armée française dans la crise ivoirienne, lève le voile sur une escroquerie d’une ampleur aussi énorme, qu’il n’est pas exagéré, d’invoquer le terrorisme d’État.

La française et journaliste d’enquête Fanny Pigeaux consacre un livre sur les mensonges des dirigeants de son pays sur cette question. Elle met au grand jour une mascarade bénie du seau de l’État, dans : (France, Côte d’Ivoire, Une histoire tronquée). Le franco-camerounais et journaliste d’enquête Charles Onana abonde dans le même sens dans son livre : Côte d’Ivoire, le coup d’état.

Pour nous résumer, il faut SOULIGNER qu’il n’existe pas une seule ancienne colonie française en Afrique qui ne soit pas de gré ou de force, directement ou indirectement sous la coupole, la tutelle française en 2018. Il en va de même pour les anciennes colonies anglaises, espagnoles et portugaises, avec les adaptations et les bémols nécessaires.

Le modus operandi reste le même pour toutes les puissances qui dominent l’Afrique. En Côte d’Ivoire par exemple, nous apprenons avec effroi des années plus tard, que la France avait fait bombardé son propre camp militaire à Bouaké, en avait accusé l’armée ivoirienne pour justifier son entrée en guerre dans ce pays.

Pour la petite histoire, le Portugal fera assassiner à Conakry le leader et charismatique indépendantiste de Guinée-Bissau/Cap-Vert du nom de Amilcar Cabral. Le Portugal et ses alliés feront porter le chapeau à Sékou Touré, l’ennemi juré et le mal aimé de l’époque. Il faut croire que dans l’esprit de nos amis européens, les Africains sont pris pour des valises.

Cette expression québécoise, signifie qu’on prend la personne pour un idiot, une personne crédule, une bonne poire, à qui on fait croire n’importe quoi. Le bon sens exigerait de se poser une simple question et la réponse devient évidente.

Qui de Sékou Touré, (activement impliqué dans les luttes de libération nationale contre les régimes coloniaux), ou du Portugal, (militairement engagé dans la lutte pour le maintien de l’exploitation coloniale), avait intérêt à ce que disparaisse un des farouche opposant à la colonisation portugaise?

Dans les pays africains, l’aliénation mentale et culturelle est tellement puissante, que les Africains ont pour langues officielles et langues administratives, les langues des puissances coloniales. Nous insistons sur puissances coloniales et non anciennes puissances coloniales, car la colonisation n’a jamais été abolie en Afrique.

Elle aura juste changé de forme et d’acteurs. À l’occasion de cette tribune, on ne saurait donné des exemples d’interventions et d’assassinats perpétrés par les autres puissances coloniales. Il est à propos, de retenir que le cas français est loin d’être isolé ni un apanage.

À la lumière de ce qui précède, peut-on sereinement, impartialement affirmer de façon crédible et désintéressée que la Chine est ce conquérant qui abuse de l’Afrique?

Les diatribes des médias de nos partenaires européens sont-elles motivées par le sentiment d’impuissance, par la rage et la frustration qui l’accompagnent?

Contrairement aux partenaires traditionnels de l’Afrique, les intentions réelles de la Chine ne sont pas cachées dans une façade d’instauration de régimes démocratiques en Afrique. Elles ne sont pas camouflées dans de fallacieux programmes d’aide au développement, encore moins, dans des projets d’ONG, prétendument vouées à la cause des Africains et du respect des droits de l’homme, alors que ce discours de chantre des droits humains est trahi par le financement en Libye par l’UE de l’esclavage des même Africains noirs. Ce discours est démenti par ce qui étalé ci-haut. Il est mis à mal par les implications de l’Europe et des ÉU dans de nombreux crimes en Afrique.

Nous le verrons dans les lignes qui suivent, que la Chine ne se mêle pas de politiques intérieures africaines. La Chine n’exporte ni son idéologie, ni son modèle économique. À la différence de nos amis européens et américains, la Chine n’impose pas ses valeurs, ses croyances ou religions à ses cocontractants Africains. Elle ne diffuse pas son mode de vie, encore moins sa mode vestimentaire.

La Chine ne conditionne pas sa coopération à l’obligation de parler sa principale langue. Elle n’organise pas de coup d’État et n’assassine pas de dirigeants nationalistes ou de potentats. Elle n’est pas à la quête de zones d’influence. La Chine fait des affaires avec des gouvernements légitimes établis qu’ils eussent été fréquentables ou pas. L’Afrique comprend que la Chine vient faire de business, rien que du business, sans sentiment ni amour, et il lui incombe d’exploiter à son tour l’expérience chinoise.

 La gourmandise chinoise, une opportunité de développement de l’Afrique.

L’expérience chinoise de développement rapide reste un modèle tout à fait envisageable pour l’Afrique. Des les années 70 à 90, les grands industriels de pays occidentaux, ont jeté leurs employés à la rue, pour aller profiter, (pour ne pas dire abuser) des travailleurs bons marchés de la Chine. Pendant qu’on dénonçait de graves violations des droits de l’homme dans les médias, on applaudissaient et idolâtrait les contestataires de la place Tian’anmen, on tirait au même moment profit de la main d’œuvre chinoises. Les entreprises qui s’y sont installées, ont réalisé des affaires d’or.

Les retombées de la conquête de la Chine ont rejailli sur les populations des pays dont provenaient lesdites entreprises. À force de se faire apostropher sur les conditions de travail des employés chinois, le pays décrète une augmentation du salaire minimum. Un diplomate Chinois révèle que les premiers à s’opposer à la nouvelle directive gouvernementale étaient bien évidemment les entreprises dont les pays dénoncent le non respect des droits de l’homme et des droits des travailleurs.

La Chine n’accepte pas d’être cantonnée dans le rôle d’usine du monde. Elle réussi le coup de poker en imposant dans les contrats de gré à gré à ses partenaires, un ingénieux système de transfère, d’appropriation et d’acquisition des technologies occidentales. 40 ans plus tard, la Chine devient la première puissance monétaire de la planète. Elle dispose en 2018, plus de liquidité par rapport à tous les pays du monde.

La Chine est aujourd’hui créancière du gouvernement américain. Le président chinois peut s’autoriser un rappel à l’ordre, lorsque perdure aux ÉU, un blocage ou une paralysie de la fonction publique. Ce genre de crise survient lorsque les élus Américains ne trouvent pas un consensus sur le budget fédéral introduit par la Maison-Blanche. Les pays de l’UE ne sont plus en mesure de prendre des sanctions économiques contre la Chine, dans un bras de faire sur le dumping chinois par exemple.

À notre avis, si les pays africains mettaient en œuvre les politiques de collaboration initiées par la Chine à l’égard de ses partenaires occidentaux, ils parviendront aux mêmes résultat dans un temps recors. La Chine n’avait que sa main d’œuvre et sa détermination à offrir à ses conquérants. Le continent Africain peut s’appuyer sur ses énormes ressources naturelles, la vigueur de sa jeunesse et son impatience de sortir de la dépendance européenne.

D’après le rapport du FINACIAL TIMES, paru en août 2017, en attendant les rapports des analyses financières des échanges sino-africains de 2017, à paraître courant 2018, la Chine était le premier investisseur étranger en Afrique en 2016. Elle est donc le pays qui a fourni plus de fonds à l’Afrique en 2016.

Le journal britannique soutient que la Chine a engagé 36,1 milliards de dollars en Afrique en 2016. Pékin de son coté, signale des échanges commerciaux, au cours de la même période, s’élevant à 149,2 milliards de dollars. Contrairement au européens, rien dans ce que revendique la Chine, ne nous permet de douter de ses chiffres.

Les autorités chinoises n’ont pas l’habitude d’embellir leurs actions, ni de cacher leurs véritables intentions. Les Africains pour leur part, n’ont pas non plus la naïveté collective de croire que la Chine s’intéresse à leur continent en raison de leurs beaux cheveux crépus et leurs attrayant nez.

L’Afrique est parfaitement consciente, qu’à l’image des européens, la Chine est là pour tirer profit de ses multiples et diverses ressources du sol et du sous-sol. Nombre de gouvernements sur le continent demandent aux chinois la construction rapidement, des infrastructures routières, ferroviaires, sanitaires, hydro-électriques, en échange d’une partie de la valeur monétaire des ressources convoitées.

De ce fait, la Chine qui n’a aucun passé esclavagiste ou colonial avec l’Afrique, aucun lien viscéral bâtit autour de la langue comme valeur commune, est aujourd’hui celle qui importe et transplante sur le continent noir, des infrastructures mûrient par le génie européen, et ceux, nonobstant une présence européenne datant de plusieurs siècles en Afrique.

Le 20 septembre 2015, l’Éthiopie inaugure le premier tramway moderne de l’Afrique subsaharienne. Le projet de 475 millions de dollars a été financé à 85% par la Chine et réalisé par elle de manière efficace et rapide, en seulement 4 ans.

À noter que le chemin fer est le fruit du génie européen de l’Angleterre, puissance coloniale en Afrique, et curieusement, c’est plutôt la Chine qui implante cette technologie de transport en Afrique.

Il nous sera rétorqué que les premiers chemins de fer africains datent de l’époque coloniale. Cette vérité alternative omet volontairement d’ajouter que c’était destinés aux transport du butin de la colonisation qu’était les ressource naturelles du continent.

En mai 2017, le Kenya inaugure la ligne de chemin de fer Mombasa-Nairobi. La ligne de 5,2 milliards de dollars réalisée et financée par Pékin, constitue le plus important projet d’infrastructure de toute l’histoire du pays.

Le 26 juillet 2016, le Nigeria inaugure le premier train à grande vitesse du pays, reliant la capitale Abuja à la ville de Kaduna sur près de 200 kilomètres. Encore une fois, il s’agit d’une réalisation chinoise au coût estimé entre 850 millions et un milliard de dollars.

Au Mali, une usine pharmaceutique a été inaugurée en 2015. Le projet de 40 millions de dollars a une nouvelle fois été financé et réalisé par la Chine.

La liste des réalisations chinoises est innombrable. Sa gourmandise semble pour l’heure : insatiable. Lors du sommet Afrique-Chine, tenu à Johannesburg en 2015, la Chine s’engage à injecter dans l’économie africaine, 60 milliards de dollars sur 5 ans, sous forme de prêts, incluant  5 milliards de dollars de prêts à taux zéro, et 35 milliards de dollars de prêt à taux préférentiels.

En comparaison, au sommet Afrique-France de 2017 à Bamako, la France annonce une aide au développement de 23 milliards d’euros. L’analogie des montants investis en Afrique tourne au ridicule. Le quotidien français le Monde/Afrique, s’en fait l’écho et titre le 13/01/2017 : Le bilan en trompe l’œil de l’aide française à l’Afrique.

Le régime de Hollande souhaitait que soit comptabilisé, dans l’aide au développement le coût de ses interventions militaires sur le continent. Comptabiliser dans le 23 milliards d’aide au développement, la solde mensuelle des militaires français, leurs équipements militaires, leurs frais de déplacement pour des vacances annuelles, leurs frais médicaux etc. Les Africains n’étant pas des valises, ils comprennent à quoi servent réellement l’argent destiné prétendument à leur continent.

Notons enfin que la Chine investit aussi en Europe. Un grands nombre de vignobles français et leurs châteaux sont passés aux mains des chinois. Le cinquième aéroport français est détenu par les chinois à hauteur de 49,99%. La liste est longue.

Opportunités à saisir?

En tenant compte de ce qui est exposé ci-haut, il n’est pas exagéré de postuler qu’il est faux, volontairement mensonger et malhonnête de soutenir la thèse d’une nouvelle colonisation de l’Afrique par la Chine.

Car si les investissements chinois en Afrique sont considérés comme une nouvelle forme de colonisation, il serait injuste de ne pas pays inclure dans cette colonisation, l’Europe, les États-Unis, le Canada et beaucoup de pays en Amérique et en Asie, qui font tous l’objet de la même offensive et bénéficient des mêmes investissements chinois.

La question de la recolonisation de l’Afrique par la Chine est un pseudo débat destiné à alimenter des ressentiments à leur endroit. Ressentiments qu’espère exploiter nos partenaires traditionnels.

It’s about time for Africa to wake up.

L’Afrique se doit d’exiger de la Chine, ce qu’elle a échouer à obtenir de l’Europe et des ÉU. Il est impératif d’exiger dans chaque contrat synallagmatique, avant le début des travaux, un transfère de technologies. Imposer à la Chine une formation de la mains d’œuvre locale. Une formation de cadres hautement qualifiés pour se substituer à eux dans une décennie.

Il s’agit en clair, d’obtenir de la Chine, ce que a elle-même obtenue des occidentaux. L’Afrique doit faire de l’insatiabilité de la Chine une opportunité pour son propre développement. Le succès de ce mariage de raison voudrait que les Africains prennent les mesures appropriées pour que dans 20 ans, ils soient capables de construire leurs propres chemins de fer, construire leurs propres locomotives, leurs propres barrages hydro-électriques.

Qu’ils soient capables de transformer sur place leurs ressources naturelles en produits finis afin de les donner plus de valeurs. C’est à ce prix, qu’ils se passeront de l’aide. Avec la volonté politique, le pari est réalisable. Le président Nana Akufo-Addo du Ghana est déjà à l’œuvre, au reste de l’Afrique de s’aligner, e copier, d’espionner pour se réaliser.

Ceci n’est pas une invitation à la marginalisation de nos partenaires traditionnels européen et américains. Ce serait une bourbe. l’Afrique doit repartir sur de bons pieds afin de devenir à son tour, la nouvelle usine du monde. Renégocier tous les contacts de manière à ce que ce soit l’Afrique qui dicte la conduite à suivre et qui détermine le prix de ses produits finis.

Par Goikoya Kolié, juriste 

 

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