Décès de Jacques Chirac : l’attachement de l’ancien Président à De Gaulle

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Ancien Président de la République (1995-2002), Jacques Chirac est mort ce 26 septembre 2019 à Paris. Au cours de sa vie, il s’était déplacé à de nombreuses reprises dans notre région, notamment à Colombey-les-deux-Eglises.

Jacques Chirac, gaulliste au plus profond de son âme, est venu régulièrement à Colombey-les-Deux-Eglises, se recueillir sur la tombe du général à la date anniversaire de sa mort. Il a tenu à le faire, dès l’année de son élection à la présidence de la République en 1995. Profondément attaché à la réconciliation franco-allemande et à la construction européenne, l’ancien chef de l’État prenait plaisir à se trouver là où tout s’est joué.

La pose de la première pierre du Mémorial

Depuis Paris, il suit d’ailleurs l’évolution du projet de Mémorial (musée) dans la commune haut-marnaise. C’est lui qui vient poser la première pierre du bâtiment le 9 novembre 2006. L’inauguration a lieu le 11 octobre 2008 en présence de Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel, tout juste cinquante ans après la rencontre historique à la Boisserie entre le Général et le chancelier Konrad Adenauer.

(Mise à jour : 26/09/19 à 14 h 25)

Les réactions

Roland Margérard, ancien commandant de la brigade de Colombey, a croisé à plusieurs reprises Jacques Chirac, lors de ses nombreuses venues dans la commune. « Je l’ai surtout connu en tant que président du RPR (Rassemblement pour la République, ndlr.). Nous l’attendions sur la drop zone en face de la Croix de Lorraine et il venait nous serrer la main à la sortie de l’hélicoptère », raconte-t-il. « Je l’ai vu deux-trois ans de suite. Il discutait avec nous de la pluie et du beau temps. C’était quelqu’un de très accessible, qui aime les gens. C’était une personne attachante. Ça m’a fait un petit quelque chose quand j’ai appris son décès ».

(Mise à jour : 26/09/19 à 14 h 45)

Stéphane Martinelli, aujourd’hui président du Mémorial, se souvient du passage de Jacques Chirac pour la pose de la première pierre du musée en 2006. « J’étais invité comme maire de Rennepont. On devait être 800 personnes à y assister mais à la fin de son discours, il est allé saluer tout le monde, sans gardes du corps. Je revois Pascal Babouot et François Cornut-Gentille écarter la foule. Il est venu me signer une photo prise au Liban en 1996 où il me serrait la main. » En effet, cette année-là, Stéphane Martinelli était casque bleu dans le pays. C’est très certainement, ce souvenir-ci de Jacques Chirac qui a le plus marqué l’élu haut-marnais. « Je me rappelle les réactions des journaux locaux face à sa venue. Il y avait une liesse incroyable ! Certains Libanais avaient loué des costumes pour l’occasion, les femmes mettaient leurs plus belles robes. » Et d’insister : « Il était très respecté dans le monde arabe ».

(Mise à jour : 26/09/19 à 15 h)

Bruno Sido, sénateur LR de Haute-Marne, n’était pas un intime de Jacques Chirac. Cependant il l’a fréquenté lors de ses nombreuses visites au Mémorial Charles de Gaulle de Colombey. Plus particulièrement lors de son inauguration en 2006. « On savait qu’il était très malade, je viens d’apprendre la nouvelle, en sortant du train. Nous en avions justement parlé en réunion de groupes au Sénat ». Pour le parlementaire, Jacques Chirac a été un« monument politique pendant 50 ans ». Il se souvient particulièrement d’un coup de fil personnel qu’il a reçu de l’ancien chef de l’État à l’occasion de son élection au Sénat en 2001. « Il était chaleureux et humain. Il y a eu plusieurs Chirac mais celui qui restera, c’est le dernier, l’altermondialiste, proche des gens ».

(Mise à jour : 26/09/19 à 15 h 15)

Pascal Babouot, maire de Colombey, l’a accueilli à cinq reprises sur sa commune.  » Même si on savait que son état de santé s’était fortement dégradé, on ne peut pas rester insensible à son décès. C’était quelqu’un de très attachant « , s’émeut-il.  » Il est venu en 2006 pour la pose de la première pierre et il est revenu en 2008 pour l’inauguration du Mémorial. Il avait quitté le pouvoir depuis seulement six mois mais il était déjà diminué. «  Cela ne l’a pas empêché de prendre un bain de foule à la fin de son discours alors qu’il était prévu qu’il rejoigne directement sa voiture entouré de son service d’ordre. Pascal Babouot lance dans un sourire :  » Il était comme ça, il voulait vraiment faire plaisir aux gens. C’était un homme affable et aimable. Il avait de l’empathie pour le monde rural. On a l’image un peu caricaturale de lui au Salon de l’agriculture mais c’était tout à fait ça « .

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