Dr Abdoulaye Moussa Doumbouya “Savant Noir”: « la médecine traditionnelle est en voie de disparition en Guinée»

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Dr Abdoulaye Moussa Doumbaya communément appelé ‘’Savant Noir’’  de la médecine traditionnelle et président de la Fédération Nationale des tradi-thérapeutes de Guinée, a accordé cette semaine à notre rédaction un entretien.

Le tradi-thérapeute  a largement exprimé sa déception face à cette disparition momentanée de la médecine traditionnelle dans les couloirs du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Et, il a ensuite souhaité  dans cet entretien que le  nouveau ministre du département de la santé,  Nyankoé Edouard Lamah puisse faire sortir  cette médecine traditionnelle dans des ténèbres.

 Leverificateur.net :  Aujourd’hui, la médecine traditionnelle est en voie d’être oubliée par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique au profit du moderne. En tant que le président de la Fédération Nationale des tradi-thérapeutes de Guinée, expliquez-nous les avantages de cette médecine traditionnelle et quel est votre appel pressant à l’endroit des  autorités sanitaires du pays dans le but de relever cette médecine sur le plan national ?     .

Abdoulaye Moussa Doumbouya : Je m’en vais vous dire que d’abord l’objectif de mon arrivé ici au ministère de la santé est de  rencontrer les cadres de la division de la médecine traditionnelle  de ce département,  pour transmettre mon  message pressant  auprès de monsieur le ministre de la santé dans le cadre de rétablir cette médecine thérapeute au sein de son département. .

Parce que, je vous le dis que la médecine traditionnelle est  en voir de disparition  en Guinée. Il faut être franc depuis le départ du ministre Naman Kéïta, aucun de ses successeurs  de la santé n’a pris cette médecine traditionnelle au sérieux.

Et, je répète avec instance qu’aucun ministre, depuis le départ du ministre Naman Kéita jusqu’à nos jours, il n’a accordé aucune valeur à cette médecine traditionnelle.

A cet effet, il faudrait que le nouveau ministre de la santé, Nyankoé Eduard Lamah sache    que la médecine traditionnelle demeure  une structure qui doit être mise en valeur, même quelque soit nos compétences et nos efforts,   aucune autre structure ne peut accorder la valeur tant que le ministère de la santé ne donne  pas la valeur à cette médecine traditionnelle.

Mais, je suis très désolé aujourd’hui quand je sais que nous avons laissé entendre nos inquiétudes dans les radios, et dans les journaux pour que cette médecine traditionnelle puisse avoir une valeur incontournable au sein du ministère de la santé mais en vain.

Pour cela, je remercie de passage le chef de l’Etat le Pr. Alpha Condé qui a eu l’initiative de rencontrer les hauts cadres de la santé dans le but de les conseillers, afin qu’ils puissent accorder une valeur à cette médecine traditionnelle au même titre que celle moderne.

Le président Alpha Condé s’est également exprimé  sur sa rencontre avec  l’Organisation de l’Ouest Africaine de la Santé, en présence de tous les chefs de cabinet de la santé des Etats ouest-africains. Au cours de laquelle , ils les a précisé de vraiment accorder de la valeur à cette médecine traditionnelle.

A cette même rencontre, le Pr Alpha Condé  a démontré que beaucoup de nos maladies sont traitées aujourd’hui traditionnellement qui n’ont pas leur remède au sein de la médecine moderne.

Mais, ce message de nos chefs de l’Etat  n’a pas été pris compte par les cadres du ministère de la santé ici en Guinée.

C’est ce message que nous sommes venus  vraiment transmettre à la division de la médecine traditionnelle du ministère, s’adresser à notre nouveau ministre de la santé, de l’appeler, dans le but de faire sortir vraiment la médecine traditionnelle dans les ténèbres vers la lumière.

De reconnaitre que la médecine traditionnelle est le premier complément de tout système de la santé moderne.

Selon l’Organisation Ouest Africaine de la Santé, et l’OMS,  80% des populations africaines se soignent à travers l’indigénat. Car la plupart d’entre elles n’ont pas d’accès dans les hôpitaux.

Si vous le constatez aujourd’hui, il n’y a pas un village en Afrique surtout en Guinée où tu ne trouveras pas un guérisseur traditionnel.

Mais il y a des centres de santé aujourd’hui, quand tu as un malade, si tu n’as pas d’argent, tu vas nourrir et là, c’est grave.

Par contre,  chez nous les tradi-praticiens, ce n’est pas le cas. Nous ne sommes pas contre la médecine moderne parce que nous sommes convaincus qu’elle a la capacité aujourd’hui de traiter 80% de certaines maladies.

Mais les 20%, elle ne peut pas les traiter car ,il faut passer obligatoirement  par la voie traditionnelle.

Si le ministère de la santé n’accorde pas la valeur à la médecine traditionnelle, aucune institution et organisations  ne porteront confiance.

Nous sommes tous des africains, nous sommes tous des guinéens. On doit chercher à valoriser notre culture. N’est-ce pas ? Beaucoup de maladies aujourd’hui sont fréquentes et les gens aujourd’hui ont changé leur système d’alimentation, Mais ces maladies-là sont vraiment traitées facilement à travers de la médecine traditionnelle.

Je lance un appel à tous les médecins modernes comme les tradi-praticiens, nous sommes appelés à traiter la population du monde entier. Nous avons les mêmes objectifs de traiter la population, on ne doit jamais se regarder comme des  ennemies jurés.

Un tradi-praticien et un médecin moderne, partout où ils se rencontrent, ils doivent se donner les mains, ils doivent se partager les mêmes idées et ils ne doivent jamais se considérer comme de ennemies.

Donc, c’est ce message pressant que j’ai voulu  lancer, vraiment de faire à renforcer la collaboration entre la médecine moderne et la médecine traditionnelle.

C’est ce même cadre que je lance un appel aussi d’emboiter le pas de son prédécesseur, Naman Keita  qui à son temps, a donné accorder une valeur à cette médecine traditionnelle.

Mais l’histoire en parlera, tous ceux qui font du bien en faveur de la médecine traditionnelle,  l’histoire en parlera.

Il faudrait que le  ministre de la santé  fasse  revivre cette médecine traditionnelle dans tout son système, s’il veut entrer dans l’histoire,

Donc, je remercie aujourd’hui le chef de l’état le Pr. Alpha condé pour sa bonne vision par rapport  à la médecine traditionnelle.

Il l’a montré, mais ceux qui sont chargés d’exécuter la mission, ce sont eux qui  en refusent de l’appliquer en bonne écheances.

Je les rappelle, s’ils négligent de restaurer  cette médecine traditionnelle, l’histoire en parlera. Ceux qui cherchent aujourd’hui à valoriser cette médecine traditionnelle, l’histoire en parlera également.

La médecine traditionnelle sera toujours à la disposition des populations africaines.

On aura appris  qu’il y a un tradi-praticien qui serait intervenu sur une télévision de la place pour laisser entendre qu’il a reçu un document par le canal du premier ministre Ibrahima kassory Fofana, lui autorisant de contrôler tous les guérisseurs en Guinée. Confirmez-vous cette information ?

Oui, je confirme cette information qui d’ailleurs, crée cette colère au sein de nos corporation.

A cet effet, c’est un tradi-praticien qui a dit quelque part qu’il a reçu un document par le canal du premier ministre Ibrahima Kassory Fofana  qui lui permet de contrôler tous les guérisseurs.

Alors, on a vérifié que c’est faux. Ils nous ont convaincus que le premier ministre non seulement c’est un intellectuel, mais c’est un démocrate.

Que les agents sachent que la médecine traditionnelle est misérable. Donc, cet imposteur a un plein droit de contrôler sa propre  association mais pas une autre.

Il a précisé qu’aucun tradi-praticien n’a reçu un document du premier ministre ici en Guinée  qui lui permet d’aller contrôler une ONG. Ce sont des mensonges.

Si le premier ministre doit nommer quelqu’un pour être le contrôleur des tradi-praticien en Guinée, cela devrait être fait par voie d’un décret.

Le premier ministre n’a pas nommé un président des guérisseurs traditionnels, le ministère n’a pas nommé un président des guérisseurs traditionnels. Ce sont les tradi-praticiens qui ont nommé leur président c’est à eux aussi de changer. C’est ça la réponse.

L’essentiel est que la médecine traditionnelle est misérable, c’est une Organisation Non Gouvernementale,  tout le monde est libre de contrôler son organisation.

S’il y a un contrôle qui doit se faire, c’est l’inspection générale de la santé qui doit en vraiment faire.

Donc nous sommes une organisation libérale, chacun est libre de contrôler son association.

Interview réalisée par  Léon Kolié  

 

 

 

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