Dubréka : une rencontre des oppresseurs de la Constitution pour réclamer le troisième mandat pour Alpha Condé (Thierno Mamadou Tanou Diallo, journaliste, consultant médias)

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 La Basse Côte s’est réunie le weekend passé dans la préfecture de Dubreka sur impulsion du pouvoir. L’objectif était de déclarer, au nom de la région, le soutien à un troisième mandat (anticonstitutionnel) du président actuel Alpha Condé dont le dernier mandat possible finit en octobre 2020.

Elhadj Sekhouna Soumah présentera 30 bœufs pour la cérémonie. Il distribuera 22 bœufs et des sacs de riz aux délégations venues de toute la région. Les imams pour la lecture du Coran auront quant à eux, 50 millions selon nos sources.

La réunion s’est tenue le samedi 1er décembre 2018, mais les préparatifs et manœuvres de coulisse ont déjà eu lieu le vendredi 30 novembre. Des banderoles pour le troisième mandat ont été confectionnées.

Cependant, malgré les manœuvres et pressions des opportunistes, profiteurs du régime et pions d’Alpha Condé comme le Premier ministre Kassory Fofana, Bourema Condé, Ministre de l’Administration, Malik Sankhon de la Caisse Nationale de sécurité sociale, Mounir Cissé, DGA patrimoine bâti, Baidy Aribot, vice-gouverneur de la Banque Centrale, Kiridi Bangoura, Ministre à la présidence depuis l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir en 2010, de Ibrahima Capi Camara DG OPG, des opérateurs économiques Ibrahima Diawo propriétaire de l’Immeuble R10 à Boulbinet, KPC, Mailim Youla qui a obtenu le contrat de rénovation de la Grande Mosquée Fayçal, l’objectif recherché qui était l’appel et le soutien public pour un troisième mandat extra constitutionnel et donc le pouvoir à vie pour Alpha Condé n’a pas été atteint.

Raisons : un groupe de jeunes déterminés, tous de la Basse Côte, s’est opposé à la question de troisième mandat en menaçant de démolir les domiciles et biens de tous les notables qui oseront réclamer un troisième mandat pour Alpha Condé au nom de leur région. Certains iront jusqu’à clairement dire en face du vieux Sékhouna Soumah que s’il parle de troisième mandat, « Il y aura des morts entre nous ici ». Un jeune lui demandera l’origine de tous ces moyens alors qu’il n’est ni opérateur économique, n’a été ni ministre ni gouverneur ni préfet ?

Dissuadé par la mobilisation et le courage des jeunes, le vieux renard Sékhouna tente de faire de la récupération en allant jusqu’à dire « A bas le troisième mandat ! » au cours de son intervention, alors qu’il avait fait confectionner des banderoles dans ce sens et il a composé deux chansons pour Sékou Touré et Alpha Condé, qu’il chantera personnellement. Il joue sur la corde ethnique pour renforcer son influence : devant le Premier ministre Kassory Fofana sous la haute présidence duquel la cérémonie a été organisée, Saïd Fofana, Médiateur de la République, le ministre de l’Administration Bourema Condé et la plupart des hauts cadres originaires de la Basse Côte, le vieux Sékhouna dira qu’il est désormais interdit aux autres Guinéens qu’il appelle « étrangers », d’acheter certaines ou plus de quatre parcelles en Basse Côte.

Il s’attaquera violemment aux Soussous qui vendent des terrains à des “étrangers” venus en Basse Côte. Mais Sékhouna n’a pas reculé que sur la question de troisième mandat. Il aurait eu aussi le projet de changer le nom de toutes les villes de la Basse Côte à cette occasion. Il n’en fera finalement pas allusion.

Comment un homme appelé sage et soutenu par le pouvoir peut-il qualifier les autres Guinéens non-originaire de la Basse Côté d’« étrangers » en promulguant ses propres lois qui restreignent les droits de ces derniers ? Devant les hautes autorités de la République !

Pour être élu Kountigui de l’organisation Union Basse Côte il y a près de 10 ans, Elhadj Sékhouna Soumah, soutenu par Cheick Amadou Camara, un ancien ministre des Finances de Conté, avait largement profité du soutien des Peuls qui y ont même eu le droit de voter en tant que fils et filles de la région. Son siège de Kountigui a été payé par Hadja Halimatou Dalein Diallo en tant que fille de la Basse Côte. Aujourd’hui, cette dernière et tous les autres sont devenus des étrangers.

Qui vendrait volontiers sa maison ou ses terres, même à un proche ? Il est trop facile pour les gros corrompus de l’Etat, ceux qui reçoivent des véhicules neufs et des caisses d’argents des dirigeants politiques et pilleurs des caisses de l’Etat, ceux qui ne s’achètent même pas leur mouton de Tabaski, mais le reçoivent des mains du président de la République en personne, de s’attaquer à des pauvres qui, pour assurer la survie de la famille, pour soigner une épouse ou un enfant gravement malade ou suite à un accident, pour payer des études de leurs enfants, sont obligés de vendre leurs terrains voire maisons.

Le vrai malheur des enfants de la Basse Côte, région où sont concentrés le pouvoir et les activités économiques, c’est la mal gouvernance. Les intellectuels autour de lui devraient expliquer cela au vieux Sékhouna.

Le pouvoir actuel étant le commanditaire de ces dérives anticonstitutionnelles et dangereuses, on peut se demander où est l’élite de la Basse Côte ? Pourquoi des vrais sages et intellectuels guinéens originaires de cette région gardent-ils le silence ou adoptent-ils un profile bas devant ces actes dont les conséquences pourraient être dramatiques dans un avenir proche ?

Il est temps de faire comprendre à Elhadj Sékhouna Soumah et autres responsables de coordinations régionales qu’ils ne sont Kountigui que de leurs associations respectives et qu’ils n’ont aucune fonction officielle en Guinée. Ils ne peuvent élargir ni restreindre le droit d’un citoyen guinéen.

Disons-le clairement ici : Alpha Condé a instauré des pratiques très dangereuses en Guinée. Les hauts responsables de l’Etat originaires de la Haute Guinée et ceux de la Basse Côte ont pris la fâcheuse habitude de paraîtres et de participer activement à des activités communautaristes qui ne sont pas compatibles avec leurs fonctions.

Par ces manœuvres, Alpha Condé est entrain de préparer la désintégration de la République de Guinée. Pour quel intérêt ? Cet homme, irresponsable à la puissance infinie, a prouvé qu’il n’a pas les qualités pour diriger même un quartier à plus forte raison un Etat. Arrivée au pouvoir en 2010, il a renvoyé à plus tard les problèmes qu’il a trouvés et qu’il aurait dû résoudre en tant que chef de l’Etat (recouvrir les biens volés de l’Etat, mettre les institutions de la République en place et créer de l’ordre dans le pays).

Il recycle les criminels et bandits de la République et crée de nouveaux problèmes plus graves pour les futurs dirigeants de la Guinée, s’il ne l’enterre pas avant de mourir lui-même : le phénomène sékhouna et la Basse Côte qui crée de la xénophobie entre Guinéens et augmente les risques de collisions intercommunautaires en Guinée. Chaque jour qu’Alpha Condé passe au pouvoir en Guinée, augmente les risques de la désintégration de notre pays. Alpha Condé, c’est le désordre, la division et la xénophobie, la promotion de l’impunité et le recyclage des voleurs et criminels à la tête de l’Etat. On ne peut pas être d’une bonne âme, d’un bon cœur, de bonne moralité, sérieux ou simplement patriote, et souhaiter voir Alpha Condé une seconde de plus à la tête de son pays. Ce qui est certain, même si 99% des Guinéens décidaient de soutenir Alpha Condé pour un troisième mandat, les 1% opposés auraient raison et le dessus. Alpha Condé serait bien conseillé de plutôt commencer à faire ses valises que de se mettre à dilapider les deniers publics avant son départ inévitable.

Par Thierno Mamadou Tanou Diallo, journaliste, consultant médias)

 

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