Éducation nationale: quand défaillance rime avec chômage chronique (Par Goïkoya Kolié, Juriste)

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Aborder l’épineuse question du chômage des jeunes en Afrique, renvoie forcément une remise en cause des systèmes d’éducation mis en place, au lendemain de l’acquisition des indépendances. Ces systèmes ce sont très souvent inspirés de modèles européens, en raison de partenariats post-coloniaux. Ces formules éducative étaient et sont toujours inadaptées aux besoins de développement des jeunes États africains. Il en résulte un chômage chronique, conséquence directe de mauvaises politiques d’éducation nationale qu’il est plus que urgent de réformer sans plus tarder.

Pour s’attendre légitimement à un avenir meilleur, il faut s’y atteler dès maintenant.

De nombreuses tentatives, timides et boiteuses de réformes, entreprises au fil des décennies, ont abouti malheureusement, au renforcement d’un système qu’on souhaitait amélioré, voire remplacer.

Au jour d’aujourd’hui, un changement radical s’impose. Il commande une volonté et un appui politique sans faille pour redresser la situation. Les écoliers Africains occupent souvent le bat de l’échelle dans les évaluations d’aptitude à la lecture, aux calculs et bien d’autres. Les étudiants Africains occupent en grande majorité, le bas du pavé, en termes de formation et de compétence.

Les universités africaines n’occupent pas le haut du classement des universités mondiales. Ce qui nous amène à une anecdote personnelle. Deux confrères ont requis mon intervention, pour trancher un différend d’opinions et de perceptions. Dans leurs échanges, un collègue, né au Canada, de parents haïtiens, soupçonnait son interlocuteur, un autre collège et ami commun, d’origine ukrainienne, de propos discriminatoires.

Le canado-ukrainien soutenait que l’Afrique ne disposait pas d’universités d’envergure mondiale convaincante pour qu’il y envoie ses enfants. Choqué, envahi d’émotions et de passions qui supplantent la raison, il qualifia son ami d’arrogant paternaliste qui tient des propos racistes. J’ai expliqué aux deux, que seules quelques universités en Afrique du sud se retrouvaient sur la liste des meilleures universités du monde.

Tout en précisant que ces universités n’occupaient pas non plus le haut du pavé. J’ai conclu avec peine et désarroi, au grand désespoir de mon collègue noir, qu’envoyer nos enfants en Afrique, pour des études ne les rendrait pas service. Ce serait prolonger leur cursus universitaire, car une fois de retour au Canada, ou ailleurs dans le monde développé, ils se verront confrontés à de nombreuses difficultés, obligeant un retour aux études pour parfaire leurs formations.

Les diplômes obtenus en Afrique permettent d’être accepté dans une grande université aux États-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne, etc. Ils ne sont pas suffisants pour occuper un emploi, dans son domaine d’étude, dans aucun de ces pays. Cette raison supplémentaire milite en faveur de la réforme de nos systèmes d’éducation et de tous nos programmes d’enseignements.

Le modèle implanté en Guinée depuis 1958, année de son indépendance, a consisté à mettre un accent outrancier sur la formation universitaire. C’est à quelque exception près, le même système instauré dans tous les pays francophones du continent. Les autres anciennes colonies européennes n’y dérogent qu’au millimètre près.

Ce constat des plus alarmants, concourent à la sollicitation des décideurs politiques du continent, à réfléchir incessamment, sur de nouveaux systèmes d’éducation nationale et à de nouveaux programmes d’enseignements.

L’une des approches à privilégier, serait de déconstruire immédiatement le mythe de l’universitaire, cadre supérieur, s’en départir et ce, à travers des actions concrètes, accompagnées de missions de sensibilisation des populations, des parents d’élèves et des principaux intéressés eux-mêmes.

L’engagement gouvernemental doit se refléter dans un projet de société de grande ampleur, destiné à extirper l’éducation africaine de cet insupportable lent et agonisant trépas. Il en va de soi, que ce ambitieux processus, passe par la mise en place d’un système qui fait la part belle à la formation professionnelle et technique, non universitaire, dans tous les domaines.

À ce propos, il est opportun de  signaler, que cette formation professionnelle et technique, non universitaire est jusqu’à ce jour, un choix par défaut en Afrique. Les programmes d’enseignement actuels, prévoient une école primaire, un secondaire incluant le lycée puis l’université. C’est seulement, suite à des déconfitures répétitives dans ce schéma classique, entraînant l’exclusion, que l’étudiant africain qui reste aux études, est contraint d’envisager, en désespoir de cause, de s’inscrire dans une école de métiers.

Le projet de société suggéré, nécessiterait d’agir à contrario et en amont, afin de privilégier la formation technique et professionnelle, dans le but de doter les pays africains d’ouvriers qualifiés. Cette perspective a l’avantage de minimiser le chômage et de faciliter l’employabilité des nouveaux diplômés.

L’Afrique étant un gigantesque chantier, où, tout est urgence et priorité à la fois, il y existe un besoin réel en termes d’ouvriers  qualifiés. Il est par exemple, trop souvent reproché à tort à la Chine d’importer des ouvriers chinois en Afrique, cette critique ne tient pas compte du vide professionnel décrit ci-haut.

L’absence de formations de qualité combinée avec le manque de perspectives pour l’avenir, plongent les étudiants africains dans le ténébreux monde de l’abandon des études, le désœuvrement, le recours au gain facile et rapide, le tout couronné par l’initiation à la criminalité. Le décrochage scolaire a un impact direct et négatif sur la performance économique des pays africains qui en sont exposés. Ce dangereux phénomène menace la sécurité de leurs citoyens, fragilise leur stabilité politique et économique, et leur attractivité.

Les jeunes qui décrochent de l’école ne sont pas récupérés outre mesure par les systèmes en place. Les pays francophones d’Afrique, à l’image de la Guinée, s’inspirent d’un modèle français démodé. En plus d’enseigner la révolution française, la littérature française, le siècle des prétendues lumières, ils abrutissent leurs jeunes qui sont ainsi livrés bien malgré eux-mêmes, à un endoctrinement innommable.

En effet, il est peut-être tolérable et compréhensible d’enseigner à l’étudiant africain, les tenants et aboutissants de la révolution française, la prise de la bastille, présentée comme le symbole de l’absolutisme, le népotisme, le despotisme du roi des français. Il n’est pas exagéré d’espérer, par ce moyen, renforcer l’esprit critique de l’étudiant. Cet esprit qui lui permettrait d’identifier les mêmes comportements despotiques chez les dirigeants politiques de son époque.

Il est du même souffle, intolérable et incompréhensible d’enseigner par la même occasion, les œuvres littéraires de VOLTAIRE, sans présenter à l’étudiant africain, qui est véritablement cette personne. L’auteur présenté comme un des esprits influents du siècle des lumières, est un armateur esclavagiste, ayant fait fortune dans le commerce judéo-chrétien de la vente des êtres humains, c’est-à-dire des Africains.

Les activités commerciales de François-Marie Arouet dit Voltaire justifient par ailleurs, sa plume profondément acerbe envers les peuples africains. Il s’oppose à la pensée unique de l’église, fondée sur le monogénisme, qu’il prend en contrepartie et soutient plutôt le polygénisme. Cette dernière doctrine est invoquée au soutien des théories racistes du supposé siècle des lumières.

Voltaire est fort aisé d’invoquer cette théorie qui affirme que les races humaines descendraient de plusieurs couples, ce qui à son avis établit une hiérarchie stricte du genre humain, en opposition de ce qu’avance l’église dans son monogénisme.

Voltaire se porte à la défense de la supériorité des Blancs et justifie sans ambages l’esclavage dont il est lui-même, un des principaux bénéficiaires. L’homme d’affaires, l’esclavagiste déguisé en philosophe,  qui s’est enrichi du commerce des NOIRS, ne pouvait que pourfendre ses victimes. Il s’est évertué à exprimer dans ses œuvres, l’infériorité supposée, physique et morale des humains qu’il transformait en marchandise. Taire sciemment cette triste réalité, c’est se rendre complice des crimes de l’écrivain français.

Enseigner Voltaire dans l’occasion de cette réalité, c’est formé des abrutis qui ignorent tous de leur passé et qui en seront complexer lorsque, les descendants des cette horrible inhumanité tenteront de les convaincre qu’en réalité, l’esclavage était leur faute, et qu’ils y ont participé. Il relève de notre responsabilité de préparer nos étudiants.

L’enseignement de l’histoire de la deuxième guerre dite mondiale fait parti des programmes d’étude en Afrique.

Le devoir de mémoire exige de ne plus se limiter au discours d’admission de la débâcle de l’armée française et à l’appel à l’aide de Charles de Gaulle à l’adresse des peuples d’Afrique, pour libérer la France, sans expliquer aux étudiants africains, l’ironie du contexte historique de l’époque. À bien des égards, le texte est plus que d’actualité.

Les éléments  évoqués  par Charles de Gaulle, pour justifier la défaite française face aux allemands, s’appliquent aujourd’hui à l’armée française en Afrique.

De Gaulle écrit ceci en introduction:

(Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique terrestre et aérienne de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui).

Cette explication du déserteur de l’armée française s’applique à l’occupation de la Côte-d’Ivoire par l’armée française en 2011.

Contrairement aux propos disgracieux et malhonnêtes de Nicolas Sarkozy, ajoutés à ses lacunes de compétence et de maîtrise de sa propre histoire, (probablement en raison de ses origines hongroises), celle du pays dont il est le président lorsqu’il affirme à Dakar que l’homme noir n’était pas rentré assez dans l’histoire, il faut absolument enseigner à l’étudiant africain, que durant cette guerre fratricide européenne, l’homme Africain était rentré assez dans l’histoire de la France, car la capitale de la France libre était BRAZZAVILLE, en république du Congo actuel.

Cette épopée a été rendue possible, grâce au dévouement d’un illustre Africain de la Guyane nommé Félix Éboué. Il faut enseigner à l’étudiant Africain, que c’est grâce à cet homme que l’histoire de Charles de Gaulle a été inventé par un pays vaincu, humilié, en mal de reconnaissance et en quête de héros. L’engagement de M. Eboué donne une légitimité au clan de Gaulle et rendu possible la fabrication du mythe.

L’étudiant Africain doit apprendre à l’école, qu’aujourd’hui, des centaines voire des milliers de livres son consacrés à Charles de Gaulle alors que, de son côté, la mémoire de Félix Eboué gît dans les affres du rejet, du racisme institutionnel, à l’image de celles de ces milliers d’Africains enrôlés de force dans l’armée française, pour servir de cher à canon à de Gaulle et à ses concitoyens.

Le programme d’étude consacré à cette partie de l’histoire qui lie les  peuples africains à ceux de la France et de l’Europe, doit raconter aux jeunes Africains, la part de vérité, de leur point de vue, sur le rôle joué par ces valeureux et vaillants soldats Africains, que l’hexagone continue à qualifier avec mépris et dégoût, de tirailleurs.

À la conférence de Brazzaville de 1944, de Gaulle s’exclame:

(La France s’est trouvée refoulée par une défaite du moment dans la métropole. Elle a trouvé dans ses territoires d’outre-mer, le refuge, le repos, et maintenant, la BASE de départ de sa libération. Et, cela a créé entre elle-même et son empire un lien définitif).

L’enseignement de l’histoire ne doit pas se borner à répéter ce que les manuels d’enseignements français disent de Charles de Gaulle. La vérité sur de Gaulle est encore aujourd’hui, une vérité alternative. Le mythe du héros militaire français qu’est Charles de Gaulle est aujourd’hui démenti par les faits.

À l’opposé de son rival, le général Henri Giraud, véritable héros de guerre, prisonnier des allemands, qui réussit son évasion, de Gaule n’a jamais dirigé un seul régiment durant la deuxième guerre fratricide européenne.

On pourrait emprunter au documentaire « Apocalypse Staline» les phrases qui suivent, avec les adaptations nécessaires, pour parler du héros de France. La presse française a forgé sur le passé de Charles de Gaulle, ses crimes: un mensonge planétaire qui continue à empoisonner les esprits.

Derrière ce mensonge, il y a l’apocalypse des Bamiléké du Cameroun. Il y a également de nombreux assassinats politiques, des coups d’État dont son lieutenant: Jacques Foccart chargé des questions africaines peut s’enorgueillir dans ses mémoires. Foccart affirme être l’homme qui faisait et défaisait les gouvernements africains. Derrière cette phrase cynique, se cache de nombreuses violations des droits de l’homme. Des agressions armées.

Des éliminations physiques et une dépendance économique savamment programmée. Au final, l’on se demande d’éternelles questions:

Qui est Charles de Gaulle?

Est-ce le rempart contre le nazisme?

Est-ce le libérateur de la France?

Est-ce le criminel de masse?

De son propre aveu, de Gaule affirme éliminer des obstacles en politique et non des êtres humains. Ainsi,  des centaines de milliers de Bamiléké (obstacles politiques aux yeux du général français) furent exterminé sous ses ordres directs. Les programmes d’enseignement africains doivent-ils les considérer comme des obstacles qu’il faille reléguer à la remorque de l’histoire du continent africain?

L’enseignement africain doit-il à son tour vivre dans le déni qu’imposent les fanatiques de Charles de Gaulle?       

Il faut observer que cette histoire n’a pas été enseignée à Nicolas Sarkozy. D’où, sa déjection dakaroise sur la contribution de l’Afrique à l’histoire de l’humanité.

À propos de la fameuse contribution de l’homme Africain à l’histoire de l’humanité, les programmes d’enseignement actuel ont tort de se cantonner à une simple citation du nom du Professeur Cheikh-Anta Diop.

À l’ère du négationnisme et du révisionnisme, de la réécriture de l’histoire, le livre de Diop: Nation nègre et culture doit être le livre de chevet de chaque élève africain. Il apprendra, pour sa confiance en lui-même que les anciens égyptiens étaient noirs. Les pharaons étaient noirs. Les pyramides sont l’œuvre du génie noir.

Ils découvriront  que contrairement aux films de propagande hollywoodiens, les pyramides n’ont pas été bâties par des esclaves et que l’Égypte antique n’a jamais pratiquée l’esclave.

Les professeurs Omotundé et Obenga insistent sur le fait que le mot esclave n’existe pas dans la langue égyptienne. L’UNESCO admet aujourd’hui et tranche que l’Égypte fut une civilisation strictement négro-africaine. L’une des éloquentes illustrations est la tête en calcaire de Naré Narmer, le premier pharaon de l’Égypte unifiée, au Musée Pétrie de Londres.

Je soumets avec égard, que les Universités africaines forment des cadres supérieurs, trop souvent improductifs, inutiles et inutilisables dans un processus de développement accéléré d’un pays et de tout un continent. Les pays injectent d’importantes sommes dans la formation universitaire contre-productive.

C’est le cas par exemples des nombreux diplômés de nos facultés de lettres. D’éminentes personnalités sont formées dans nos universités afin d’aboutir à l’agrégation de lettres, de grammaire. Les investissements en capital humain dans le but d’obtenir des agrégations de lettres classiques ou modernes sont une double foutaise.

En premier lieu, la formation consacre des moyens colossaux, aux frais du contribuable africain pour apprendre à connaître la pensée des bourreaux de l’Afrique, comme Voltaire. En deuxième constatation, le contribuable africain finance un système éducatif qui ne fait aucune place à ses langues nationales, à ses cultures, ses valeurs, ses religions ancestrales etc.

Pour le cas spécifique de la Guinée, un leader politique, ancien candidat à la présidence du pays, s’est permis, en entrevue sur TV5, à l’image de ses maîtres, de qualifier les langues de son pays de dialectes. De tels leaders sont imposés à la tes des États africains, à travers une démocratie de pacotilles, pour servir les intérêts de leurs pourvoyeurs.

La question du statut constitutionnel des langues africaines doit être sereinement abordé et solutionner. Les Africains semblent être les seuls peuples sur terre à renier leurs langues au profit de celles de leurs bourreaux. Les passions se déchaînent sur ce sujet en Afrique.

En mettant de côté les échecs du passé, il reste incompréhensible, cette idée du rejet de tous débats sur un enjeu aussi épineux et combien vital pour l’estime de soi et l’estime que les Africain ont envers leur continent. Il n’en demeure pas moins, que l’automutilation, le complexe d’infériorité, le rejet du plurilinguisme trouve tous leur source dans ce rejet de nos propres langues.

L’éducation nation à ce sujet, se résume par l’obligation de sensibiliser les populations et les étudiants aux richesses que constituent la diversité culturelle, et la multitude de langues dans nos pays. Nous abordons le volet de la langue en détail dans la publication sur la pertinence de la francophonie.

Voir : La francophonie et l’Afrique; un lien viscéral?

Pour l’heure, nous saisissons l’opportunité de la présente plume pour jeter quelques crottes de nez à cette Afrique qui se renie et verse à l’excès dans auto flagellation. En 2018, partout dans le monde, les peuples se revendiquent et se protègent, autrement dit, les peuple du monde entier revendiquent leurs identités, leurs langues, leurs cultures, leurs valeurs et leurs religions. Ils exigent que leurs valeurs soient enseignées à leurs enfants par le système éducatif de leurs pays.

Le Québec au Canada, est un grand foyer du nationalisme positif. Un foyer de ce nationalisme contagieux qui fait unanimité sur le respect et la reconnaissance de sa spécificité. Au Québec, fédéralistes et indépendantistes s’entendent sur le fait français, vecteur de leur commune identité.

Les asiatiques réussissent à écrire dans leurs langues respectives, qui par ailleurs sont aussi compliquées que la plupart des langues Africaines. Les Africains, pour leur part, enseignent à leurs enfants de vivent dans l’éternelle rêverie de l’unicité à européenne. Pour eux, la notion de nation se limite à un peuple, sur un territoire défini et reconnu, avec une langue commune, telle que proclamé par la littérature coloniale qu’on leur a inculqué. Cette définition qui ne tient pas compte des énormes richesses africaines que sont ses diversités ethniques, rend difficile la maîtrise de la véritable mesure des nations africaines, qui elles sont aux antipodes de la crispation de cette circonscription descriptive.

Fort malheureusement, les africains rejettent leurs langues, leurs religions, leur histoire et dans une certaine mesure leurs cultures.

Sur le continent, l’idée d’une seule et unique langue est la requête non atteignable qui freine toutes velléités d’un enseignement des langues africaines dans les écoles. Les réalités géographiques propres à chaque État africain, recommandent de tenir compte, des richesses locales, notamment: la langue, pour bâtir un avenir pour les filles et fils du continent. Cela requiert un investissement substantiel dans le capital humain africain.

Ce capital réside dans le dynamisme d’une jeunesse qui a soif de connaissance et qu’il va falloir rapidement étancher, dans le but d’atteindre le minimum vital. Le nouveau président du Botswana Mokgweetsi Masisi de renchérir:

Les jeunes sont les leaders de demain. Investir en eux, c’est construire des ponts vers l’avenir.

Le succès de nos jeunes est la seule garantie de prospérité économique à long terme du Botswana.

La promotion d’un modèle éducatif, accordant la priorité à la formation technique et professionnelle n’est pas un aveu de rejet de la formation universitaire répondant aux besoins spécifiques de secteurs d’activités économiques du pays.

L’exploration, la prospection, l’exploitation, la transformation en produit fini des matières premières africaines sont des domaines qui requièrent de longues études universitaires ciblées et très pointues qui représentent à ce jour un défi que nos pays se doivent de remonter. L’absence de spécialistes dans ces secteurs vitaux entraîne d’énormes pertes économique, et un manque à gagner.

Au surplus, les partenaires étrangers qui ont développé une expertise dans les domaines qui nous occupent, bien que n’étant pas pays producteurs d’une ressource donnée, deviennent exportateur incontestés sur le marché mondial.

C’est le cas par exemple d’Areva qui fait des miracles avec l’uranium du Niger et enrichit son pays. C’est également le cas de Total et Elf qui sont devenus des géants pétroliers dans le monde grâce principalement au pétrole d’Afrique. C’est le cas de la Belgique qui transforme le cacao africain en chocolat. La Suisse fabrique des bijoux de luxe avec l’or et le diamant africain. C’est également le cas du Canada qui ajoute la bauxite guinéenne à sa production locale pour devenir un des principaux joueurs incontournables, dans le domaine de l’acier et de l’aluminium sur le marché mondial.

Les résultats auxquels aboutissent ces pays qui investissent dans le capital humain, doivent immanquablement inspirer l’Afrique. La méthode envisage à ce propos, n’est pas une nouvelle invention. Il est plutôt question d’innover une vieille recette qui a permis aux pays asiatiques d’afficher en peu de temps, l’insolent développement qu’ils connaissent aujourd’hui.

C’est à ce niveau que la Chine rentre à nouveau en scène. Il va falloir faire de la gourmandise chinoise, une opportunité de sortie de la dépendance économique que connaît l’Afrique depuis ses déclarations d’indépendance d’il y a plus d’un demi siècle.

Les pays africains ont toujours sollicité auprès de leurs partenaires européens et américains, un transfère de technologie en vain. Un nouvel ordre économique a été proclamé dans ce sens dans les années 60.

Les bonnes intentions sont restées lettres mortes. L’amer constat est à l’effet que, les partenaires traditionnels du continent n’ont jamais eu la volonté d’aider l’Afrique à se passer d’eux. Peut-on les en blâmer?

Les besoins criants de la jeunesse africaine de ce début de siècle, pourraient trouver leurs réponses et leurs solutions dans la convoitise et l’offensive chinoise. La Chine a choisie d’agir différemment dans son partenariat et son business avec les africains. La méthode chinoise défie toutes concurrences. Les attaques médiatiques de nos partenaires traditionnels n’y changeront rien.

Il incombe de ce fait au Africains, en plus des politiques actuelles de gagnants-gagnants avec la construction d’infrastructures, de voir à l’intégration dans les contrats d’exploitation de nos matières premières, le volet de la formation universitaire, dans les domaines de la  haute technologie, de la technologie de pointe, de la technologie médicale, de la recherche scientifique et ce, dans des universités bâties sur le continent ayant cette destination.

En deux décennies de coopération sans la moindre supercherie, les pays africains seraient en mesure de lancer et réaliser eux-mêmes, leurs propres projets de prospection, d’exploration, d’exploitation, de transformation sans recourir à qui que ce soit.

Au terme de la même projection de vingt ans, dans la voûte éducative de haut niveau, l’Afrique nourrirait la discrète ambition de ne plus attendre qu’un diagnostic médical d’une virulente épidémie comme Ebola soit conformé par l’institut Louis Pasteur de Paris.

L’Afrique nourrirait l’ambition de ne plus tendre la main à l’industrie pharmaceutique canadienne pour expérimenter un traitement contre les maladies qui ravagent sa population et freinent de leurs manières, le développement escompté.

L’Afrique nourrirait par le fait même, l’ambition de produire ce qu’elle consomme et non de continuellement importer les denrées de premières nécessités desquelles dépend sa propre survie.

Il ne faut pas attendre du partenariat mondial sur l’éducation qu’il accouche de solutions exogènes, en dehors des paradigmes locaux, loin des préoccupations africaines du moment, qui éloigneraient les pays du continent de leurs objectifs et besoins primaires et immédiats.

Une Afrique bien éduquée, est une Afrique qui construit des parapets contre l’immigration. Une Afrique éduquée met sa jeunesse à l’abri des camps  de concentrations que construit Netanyahu et son régime pour y interner de force les demandeurs d’asile Africains.

Le régime israélien agirait de la sorte afin de préserver la pureté raciale de son peuple. En tenant compte de l’expérience récente des juifs en Allemagne et en Europe, qui l’eut cru que l’état juif imposerait à des personnes fragiles, des conduites inhumaines similaires à ce que ses populations en vécues?

Une population africaine éduquée sera artisane tout simplement de son destin et de ses ambitions.

Rêvons d’une Afrique éduquée selon ses valeurs. D’une Afrique prospère, qui se démarque. D’une Afrique qui fait payer à l’Europe sa cruauté esclavagiste et coloniale à travers sa légendaire humanité et  hospitalité. Rêvons d’une Afrique qui fait les choses autrement.

D’une Afrique qui offre à ses bourreaux: toits, emplois, sécurité et sa contagieuse joie de vivre. Ces rêves sont possibles avec un meilleur système d’éducation et de formation. Let wake up and start acting Africa.

Par Goïkoya Kolié, Juriste

 

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