ÉLECTIONS ET REFORMES DES INSTITUTIONS DÉMOCRATIQUES (Par Goïkoya Kolié, Juriste)

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La DÉMOCRATIE en Guinée et en Afrique, depuis la conférence de la Baule, qui a vu nombre de pays, si non, la majorité des pays africains embrasser le multipartisme, de gré et/ou de force est aujourd’hui boiteuse, au bord de la gangrène et de l’amputation.

L’imposition d’une conduite à suivre, bienveillamment dictée par de présupposées amis du continent noir, à travers des programmes qui refusent de dévoiler leurs véritables natures, pilotés par FMI, BM, l’UE, les ÉU peut amicalement essuyer, à l’heure du bilan notre anathème. Un quart de siècle plus tard, il est rationnellement adéquat, indiqué, urgent et vital d’interroger la DÉMOCRATIE, son apport, ses lègues à nos sociétés, ses déficiences, ses insuffisances, etc… you name it.

Les partisans de la DÉMOCRATIE  affirment avec raison, son mérite de réduire les putschs militaires au profit de la  transmission pacifique de pouvoir, suite à une élection présidentielle. J’aimerais apporter mon bulletin à cette institution appelée  alternance, qui consiste à renouveler nos dirigeants politiques à  travers des ÉLECTIONS LIBRES ET TRANSPARENTES, dont nous avons les moyens financiers et qui n’épuise pas nos finances, notre économie et notre capital humain.

Did i really say elections? Ai-je vraiment dit ÉLECTIONS?

L’imposition d’élections à toutes les étapes du processus démocratique constitue le nouveau goulot d’étranglement de cette nouvelle supercherie. À ce propos, je suis de ceux qui postulent que la DÉMOCRATIE dans sa FORME ACTUELLE est une gigantesque arme de destruction  massive de nos économies et nos populations. Elle constitue une nouvelle forme d’aliénation mentale de nos populations. Une nouvelle forme de surendettement des futures générations d’Africains.

Soumettre que la DÉMOCRATIE dans sa forme actuelle est une efficace arme de destruction  massive revient à affirmer, que de 1992 à 2018, et probablement même au delà, aussi longtemps que durera la naïveté collective africaine, le langage qui encourage et impose la démocratie est une reformulation du mépris qui accompagnait  l’esclavage et la colonisation. Il faut absolument regarder en arrière pour pouvoir avancer. Les lecteurs qui conduisent un véhicule seront de cet avis.

Pour le bref rappel de l’histoire sur l’esclavage, il est à propos de signaler que, 38 ans avant le premier voyage de Colombe en Amérique, le pape Nicolas V décrète en 1454 une Bulle de l’Église Catholique, dans laquelle il autorise et bénit l’esclavage des NOIRS d’Afrique. Sous prétexte de lutter contre le PAGANISME et L’INFIDÉLITÉ de nos ancêtres, le chef suprême de l’Église Catholique, le représentant de dieu sur terre, concédait aux rois d’Europe, la faculté pleine et entière d’attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et soumettre les Africaine, leurs royaumes, domaines, propriétés, meubles et immeubles, tous les biens à eux détenus et possédés, et réduire leurs personnes en servitudes perpétuelle. Les chrétiens de l’époque accepteront  l’ignominie, la barbarie, la monstruosité, la déshumanisation de l’homme et la femme noir en raison du mobile avancé, c’est-à-dire la chosification des païens et des infidèles que nous étions prétendument.

 Du 15 novembre 1884 au 26 février 1885, l’Europe se réunit en conférence à Berlin, pour décider du partage de l’Afrique et surtout éviter de faire du continent noir, un nouveau terrain de leurs guerres fratricides latentes. Le génie européen vole au secours de son sombre et maléfique dessein. Il explique à l’Europe la nécessité et le devoir de la race supérieure européenne d’organiser des missions d’évangélisation et de civilisation. L’Europe chrétienne ne pouvait s’opposer à de telles formules de  philanthropies. À cette époque déjà, Jules Ferry soulignait le côté humanitaire et civilisateur de l’action des races supérieures d’Europe sur les races inférieures que nous étions.

Ce rappel historique est impératif, primordial à la compréhension du sujet qui nous occupe. La DÉMOCRATIE est présentée comme un parapet au pouvoir absolu, les abus de pouvoir, les violations des droits de l’homme et toutes les inepties qui justifient l’intervention des charlatans qui pensent panser les problèmes du continent noir.

La DÉMOCRATIE dans sa forme actuelle est donc une suite logique de la Bulle papale de 1454. Elle est aussi une suite logique de l’esprit de la conférence de Berlin, du rêve de Jules Ferry, de Joseph Arthur de Gobineau et des ignares de leurs espèces.

 Accepter cette DÉMOCRATIE aux objectifs inavoués, c’est perpétué notre déchéance et notre dépendance à l’infini.

Accepter d’emprunter des millions de dollars sur une base régulière, c’est-à-dire tous les 5 ans, pour organiser des élections présidentielles, emprunter autant, si non plus, pour organiser des élections législatives, emprunter encore plus pour des élections communales et locales, c’est commettre de graves crimes contre l’humanité, contre l’avenir de l’Afrique et de sa jeunesse. C’est également agir de manière à démontrer que nous sommes effectivement des abrutis assujettis à de prétendus partenaires au développement, qui affirment dorénavant tout haut que nous sommes un continent de merde.

Il est indéfendable d’emprunter autant d’argent, tous les cinq ans pour des élections à un moment où, l’État est incapable de doter le pays d’infrastructures sanitaires adéquates. Il est injustifiable d’endetter les futures générations, pour organiser des élections que nous imposent la bien-pensante occidentale, qui par ailleurs, par philanthropie, générosité erronées financent ces élections à travers un système, c’est un euphémisme machiavélique d’endettement. Ce mafieux système fait de nos DÉMOCRATIE pour ne par dire DÉMON-CRATIE, un inépuisable fonds de commerce pour l’UE, les ÉU, le FMI, la BM dans une aliénation massive de nos mentalités et nos capacités de raisonnement.

Accepter en tant que gouvernement d’organiser par contrainte et coercition extérieure des élections  alors que l’État est incapable de verser un salaire décent à ses enseignants, c’est de prendre une part active consciemment ou inconsciemment, volontairement ou involontaire au maintient de l’Afrique dans la dépendance perpétuelle.

Accepter en tant que opposition, d’exiger du gouvernement, l’organisation des élections de toutes natures, au nom des droits démocratiques, sachant que le pays n’a pas les moyens de l’obligation exigée, c’est prendre sciemment part, de façon aberrante, péjorative et barbare à cette monstrueuse atteinte au devenir des futures générations.

La DÉMOCRATIE dans sa forme actuelle semble avoir pour véritable raison d’existence, l’endettement à outrance de nos pays. En 2016, Haïti a emprunté 55 millions de dollars pour élire son président. Les élections supervisées par des supposés experts internationaux ont été contestées par l’opposition, car le candidat du président sortant est arrivé en tête du premier tour.

Le scrutin a été annulé sans la tenue du deuxième tour. Le pays a de nouveau emprunté auprès de nos bienveillants préteurs, la somme équivalente pour organiser une autre élection présidentielle, sans la participation du président sortant. L’ironie qui coûte 110 millions de dollars à des millions d’haïtiens porte au pouvoir, dès le premier tour, le candidat du président sortant, à une majorité écrasante, dans une élection organisé par l’opposition haïtienne. Nous choisiront pudiquement de taire les nombre de vies fauchées dans cette aventure.

Le président de la transition M. Privert qui organise les élections, fait face à une nouvelle crise humanitaire/alimentaire qui frappe le pays, suite à l’ouragan Matthew, et estime que les dégâts dépassent le montant total du budget national. Nonobstant ce cri de cœur, l’argent est toujours disponible pour des élections et non pour des besoins humanitaires manifestement urgents.

 En 2017, le Kenya acquiert de la France, un matériel électoral électronique biométrique de reconnaissance des électeurs, au prix extravagant de 2. 6 milliard d’Euros afin d’élire son président. À ce vertigineux montant, le pays emprunte 499 millions de dollars pour une première élection annulée par la Cour Suprême du pays.

Le Kenya qui au cours de la même année a connu plusieurs mois de grève de ses médecins sur la question de l’augmentation salariale, Doit de nouveau trouver 100 millions de dollars supplémentaires pour organiser une deuxième élection présidentielle. Le matériel électoral français acquis à coût de milliards d’Euros se révélera désuet, obsolète et facile à frauder. À noter que chaque élection est endeuillée par des pertes de vies dans des contestations des résultats, dans des manifestations violentes de rues.

En RDC, des ponts névralgiques à l’économie du pays  s’écroulent, faute de financement. Le pays fait face à plusieurs rebellions, souvent organisées, entretenues et financées par ses supposés amis et partenaires au développement. La RDC est réduite à l’état végétatif de dépendance et de mendicité quasi-permanente.

La seule et unique véritable préoccupation des prétendus partenaires au développement reste l’organisation d’élections qu’ils sont prêts à financer ou plutôt, à avancer des prêts à forts taux. La commission chargée des élections avance des chiffres faramineux de plusieurs milliards de dollars que ses partenaires sont prêts à prêter et refusent de financer les véritables projets de développement.

Au regard de ces quelques lignes qui précèdent, il est bienséant d’affirmer que le brouhaha démocratique occidental imposé à l’Afrique semble présenter des déficits qui invitent à décréter sa faillite pour inventer un modèle africain, respectueux des valeurs, coutumes, cultures et traditions africaines.

Il est déplorable et fâcheux de constater que la DÉMOCRATIE dans sa forme actuelle, est pernicieusement conçue pour endetter l’Afrique et autres pays à qui elle est imposée. Elle fait massacrer leurs populations, maintient leurs économies dans le besoin permanent.

Cet exercice n’exclut pas des emprunts à d’autres sociétés, lorsque NÉCESSAIRE et surtout, lorsque cela sert nos INTÉRÊTS COMMUNS et non nos intérêts personnels et individuels. Les réformes de nos institutions démocratiques s’imposent, afin de nous affranchir de la main mise de bourreaux qui se présentent subtilement en amis.

La  pagaille démocratique actuelle, le désordre médiatique, l’écrasante influence de nos prétendus partenaires au développement, qui protègent par ailleurs uniquement leurs immenses intérêts économiques, et le libertinage hérité des excessifs et démesurés droits démocratiques, rendent toutes réformes majeures quasi-impossible. La dernière tentative malienne est l’illustration qui en fait foi.

La condition suggestive pour réaliser une RÉFORME ou des AMENDEMENTS CONSTITUTIONNELS SUBSTANTIELS transparents et consensuels, portant sur la limitation du nombre de mandats, la durée du mandat, la fréquence des élections, la limitation de certaines libertés démocratiques, est d’adjuger le processus à un président sortant, qui ne compte pas se présenter à sa propre succession. La condition pour une adhésion populaire consiste à solliciter le concours et la participation effective, à toutes les étapes, de toutes les sensibilités politiques, civiles et sociales du pays, à l’exclusion des ONG, de l’UE, l’ONU, les ÉU, du FMI, de la BM.

Je suis de ceux qui pensent qu’un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois est une aberration. Il est manifestement insuffisant pour réaliser de grands projets. Lee Kwan Yew est le modèle étranger dont l’exemple sera au service de nos intérêts. Nul besoin de signaler qu’en Allemagne, au Canada, au Japon, il n’y a pas de limitation de mandat au pouvoir du chef de l’exécutif. Il convient du même souffle, de noter que les élections ne sont pas truquées dans ces pays.

Je soumets, qu’il serait bénéfique pour nos pays, de revoir à la hausse, la durée du mandat de nos élus. Je soumets également, à titre de réforme, de supprimer la limite de mandat.

Je soumets, dans le même ordre d’idées, à titre de réforme phare, que seul le président de la république et les députés, c’est-à-dire les membres de l’assemblée nationale face l’objet d’élections, au cours d’un même unique scrutin. De préférence, en utilisant les célèbres et peu conteuses billes de Jammeh.

Tous autres cadres de l’État, susceptibles d’occuper un poste électif seront désignés au mérite, au gré de leurs compétences et expériences, par le président élu, durant la durée de son mandat, sur approbation majoritaire de l’assemblée nationale. Cela revient à dire, que nous n’emprunterons plus jamais, des millions de dollars pour élire des maires et des chefs de quartiers. Leurs postes seront dorénavant nominatifs et non électifs.

Je suggère l’augmentation de l’horaire de travail dans la nouvelle constitution. Ce qui passerait de 40 à 60 heures par semaines. La semaine de travail sera du lundi au samedi inclusivement.

Je suggère la suspension du droit de grève pour une période de 10 ans renouvelable.

Je suggère la suppression des manifestations de rues et propose de les autoriser au besoin, dans un stade qui sera choisi dans chaque ville à cet effet.

Je suggère la création d’un poste de vérificateur général de la république, nommé pour un mandat de 10 ans, avec toutes les garanties constitutionnelles d’indépendance, de neutralité et d’impartialité. Le vérificateur aura le pouvoir d’enquête et d’audits des activités du gouvernement y compris celles du président de la république, de tous les cadres de l’État et des dirigeants des entreprise d’État ainsi que des leaders de l’opposition qui bénéficient des subventions de l’État.

Le vérificateur rend compte à l’assemblée nation et ses enquêtes sont publiées au journal officiel de la république. Les activités du gouvernement, ses dépenses et sa gestion sont ainsi surveillées par les élus.

Je suggère que le chef de l’opposition et les leaders de tous partis tributaires d’une subvention gouvernementale  s’engagent à ne jamais appeler à des sanctions contre la Guinée.

Je suggère que les leaders de l’opposition ne maintiennent jamais un mot d’ordre de grève, lorsque celle-là est préalablement interdite par la législation en vigueur ou lorsqu’elle fait l’objet d’une interdiction par les autorités compétentes.

Je suggère l’interdiction totale et définitive des grèves et manifestations de rues des élèves et étudiants.

Je suggère au nom de la performance et de la compétitivité, l’augmentation du temps d’études  des élèves et étudiants, qui commenceraient les cours à 8 heures pour les cesser à 18 heures inclusivement, du lundi au samedi, en n’y prévoyant le temps des activités sportives et culturelles.

Ces mesures ont pour objectifs, de nous sortir des griffes humanitaires de nos prétendus partenaires et  bailleurs de fonds. Elles ont pour objectifs de nous affranchir du désordre démocratique occidental au profit de la discipline et l’ordre patriarcat africain.

Elles  ont pour objectifs de rapproprier la notion de la dure labeur, la fierté du mérite, l’amour de la patrie. Ces mesures  visent à épargner la vie de nos jeunes qui sont influençables, malléables et serviables à merci et qui vont au devant des balles des forces de l’ordre. Il est temps pour le Guinéen, de choisir entre la sécurité et la liberté.

Goïkoya Kolié

Juriste, collaborateur du site :

www. leverificateur.net

 

 

 

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