Général Konaté se souvient:  » quand Dadis avait voulu arrêter Kassory, c’est grâce à Henriette Conté qu’il l’a laissé »

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Elle a partagé la vie de son défunt et illustre mari tout au long du règne de ce dernier. Henriette Conté, ancienne première dame de la république de Guinée, a tiré sa révérence le 12 mai dernier.

La disparition de l’ex first Lady a suscité de nombreux commentaires sur son parcours. Henriette Conté fait l’unanimité sur de nombreux points: son amour pour la paix et la justiice, son humilité, sa gentillesse, sa bonté, sa générosité, sa largesse, excusez du peu.

Après Alpha Condé, Cellou Dalein, Lansana Kouyaté, Sidya Touré, des millions d’anonymes, c’est au tour de l’ancien président de la transition de compatir à la douleur liée à la mort de Henriette Conté.

Dans un bref entretien téléphonique avec votre journal en ligne, Nouvelledeguinee.com, le général Sékouba Konaté, qui profite du déconfinement en région parisienne, fait quelques révélations sur l’attachement à la paix, à la justice, à l’amour du prochain de la défunte.

 » D’abord, je rappelle ici que j’ai parlé récemment au téléphone avec elle. Du coup, je profite des colonnes de votre journal en ligne pour présenter mes condoléances les plus attristées au peuple de Guinée, à la famille éplorée, et surtout à son petit frère Raymond Bangoura.

Je prie Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très Miséricordieux d’accueillir maman Henriette Conté dans son Paradis Éternel. »

Poursuivant son hommage, l’ancien homme fort de Conakry, la voix posée, rappelle que la défunte était très proche de sa famille biologique.

«  Maman Henriette et son mari, feu général Conté venaient régulièrement chez nous à Kaloum. Je l’ai très bien connue. Ma maman était la confidente de l’ancienne première dame à qui elle se confiait sur sa vie de couple. Parfois, si couple est sous tension, c »était ma mère qui faisait de la médiation dans le but de calmer les esprits« , se souvient celui qui est considéré comme étant l’emblème de la démocratie guinéenne, le général Sékouba Konaté.

«  Ma mère, poursuit le général Konaté, était la marraine d’un groupe de femmes d’anciens dignitaires dont Henriette Conté. Elle était la confidente de toutes ces femmes. C’est elle qui réglait les problèmes de couple ».

Avare en paroles, le général Konaté révèle qu’elle avait des soucis après la mort de son mari. En clair, dame Henriette avait peur que les militaires du Conseil National de la Démocratie et du Développement ne perturbent les obsèques de feu général Lansana Conté, rappelé à Dieu le 22 décembre 2008 après 24 ans de règne sans partage.

 » Elle ( NDLR: Henriette ) m’a appelé.Elle m’a demandé si les militairers ne vont pas lancer une attaque contre le Stade du 28 Septembre où le corps de Conté devait être exposé avant son enterrement.  Elle avait peur. Je lui ai dit de ne pas avoir peur. Je l’ai rassurée d’avoir interdit à tout militaire de se rendre au Stade. Je lui ai promis qu’ils vont enterrer, dans la paix, la quiétude, la dignité, feu général Lansana Conté. Et, j’ai tenu parole » se remémore l’ancien président de la transition.

Et le général  » El Tigre » d’égrener quelques uns de ses souvenirs sur l’ex fiirst lady.

 » Quand le CNDD a pris définitivement le pouvoir, quelques officiers de l’ancien régime ont été jetés en prison. Ils étaient soupçonnés d’être liés aux traficants de drogue. Maman Henriette m’a appelé pour plaider leur cause.

Beaucoup d ‘entre eux étaient âgés et malades. J’ai ordonné leur libération  grâce à l’intervention de Maman Henriette Conté« .

Décidément, l’ancienne discrète et très appréciée première dame était infatigable lorsqu’il était question de voler au secours des gens, d’aider des personnes dans la détresse. Y compris d’anciens dignitaires rattrapés par leur passé.

 » C’est elle ( NDLR: Henriette ) qui est venue me voir pour me demander d’aider Kassory Fofana à pouvoir sortir du pays. Le capitaine Dadis voulait mettre aux arrêts ce dernier. A cause de maman Henriette, j’ai demandé à Dadis de laisser Kassory en paix. Ce dernier a ainsi pu quitter le pays dans la paix.

Dadis voulait à tout prix l’arrêter. Il y’a aussi le cas de Lounsény Nabé. Le CNDD avait mis ce dernier en prison. Il était poursuivi pour enrichissement illicite et détournement de fonds publics. Maman Henriette est venue me voir. J’ai fait libérer Lounsény Nabé.

Elle est également intervenue pour la libération de feu Ousmane Conté, fils de son mari, emprisonné, à l’époque, à cause de la drogue », conclut l’ancien président de la transition qui n’a pas manqué de prier, avec insistance, Dieu, le Tout-Puissant, d’avoir pitié de la défunte et de lui réserver une place de choix dans son Paradis Éternel.

1 COMMENTAIRE

  1. Décidément Sekouba Konaté dans cette interview parle comme s’il était le président qui donnait l’ordre au moment des faits en ignorant qu’il y avait un président de la république et lui ministre de la défense. Il faut faut rendre à César ce qui appartient à césar et à Dieu ce qui l’appartient. Je suis bien conscient que lui Sekouba Konaté a fait des efforts pour toutes les actions decrites mais le denier mot revenait au Président. C’est de l’orgueil démesuré au point doublier qu’il était un simple ministre qui ne pouvait pas libérer sans que le Président n’en soit informé ou ne dise mot.

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