Guinée-Bissau : les législatives, un nouveau départ après la crise au sommet de l’Etat

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La campagne électorale s’est achevée ce vendredi 8 mars. Ce dimanche 10 mars, plus de 700 000 électeurs bissau-guinéens sont attendus aux urnes pour choisir les 102 députés de l’Assemblée nationale populaire. Le pays espère mettre un terme à la crise politique au sommet de l’Etat né en 2015 entre le président José Mario Vaz et le PAIGC (parti majoritaire), en conflit sur la désignation du Premier ministre.

Premier enjeu de ce scrutin, dégager une majorité pour un parti ou coalition de partis parmi la vingtaine qui a sillonné le pays pendant les trois semaines de campagne. Ce dimanche 10 mars, plus de 760 000 électeurs sont attendus aux urnes pour désigner les 102 députés de l’Assemblée nationale populaire de Guinée-Bissau. Un scrutin plurinominal à un tour qui ouvre la voie à une clarification de la carte de l’hémicycle.

Sans majorité, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) avec ses 42 députés, le Madem-G15 formé par 15 frondeurs du PAIGC et le Parti du renouveau social (PRS, 41 députés) devront mesurer leur poids sur l’échiquier politique pour tenter de rafler la majorité face à une vingtaine d’autres micro-partis.

L’enjeu principal pour le parti arrivé en tête est de choisir le Premier ministre dans le régime parlementaire du pays ouest-africain. Cette désignation devrait permettre de mettre un terme à trois ans d’une crise institutionnelle marquée par des nominations et révocations des chefs de gouvernement. Le point d’orgue de cette crise se situe en 2015, lorsque le président José Mario Vaz a limogé son Premier ministre Domingos Simoes Pereira, alors chef du PAIGC.

Législatives pour un nouveau Premier ministre et la levée des sanctions

Les dissensions entre les deux hommes ont conduit à une succession de limogeage de ses successeurs sous la pression du parti qui domine l’échiquier politique depuis l’indépendance en 1975 de cette ex-colonie portugaise. Une médiation de la Cédéao sous l’égide d’Alpha Condé avait finalement permis la nomination Aristides Gomes comme Premier ministre avec pour mission de conduire le pays vers les législatives.

Depuis, de dilatoire en dilatoire, le pays a repoussé plusieurs fois la date de  ce scrutin pourtant crucial pour l’avenir du pays, avant d’être fixée par décret à la date du 10 mars 2019. L’enrôlement des électeurs pour assainir le fichier électoral, principale pomme de discorde, s’est finalement achevé après plusieurs prolongations dans un processus très suivi par la Cédéao et la communauté internationale.

Dans ces élections se joue aussi une autre bataille pour l’avenir économique. Au Conseil de sécurité de l’ONU, on fait déjà savoir que les sanctions internationales prises à l’encontre de la Guinée Bissau depuis le coup d’Etat de 2012 pourraient être levées si le processus électoral respecte les règles internationales en matière d’élections. Pour l’heure, des partis politiques ont déjà fait savoir qu’ils contesteraient les résultats s’ils sont entachés de fraudes

afrique.latribune

 

 

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