Coup d’Etat du CNDD: comment le général Konaté a évité à la Guinée un bain de sang

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Il y’a 9 ans piles, le Conseil National pour la Démocratie et le Développement prenait le pouvoir en République de Guinée. A sa tête: un certain capitaine Moussa Dadis Camara, alors, grand inconnu du grand public.
Le jeune officier s’ empare du pouvoir dans les heures qui ont suivi l’annonce officielle et tardive de la mort de l’ancien président, le général Lansana Conté, emporté, le 22 décembre 2008, par une longue maladie.
Retour en arrière
Le long règne du général Lansana commence son déclin vers la fin des années 2000. Entre 2006 et 2008, le régime moribond du vieux général est secoué par une série de mutineries sanglantes dirigées par le très controversé officier, Claude Pivi, alias Coplan.
Le régime est menacé en permanence. Le président Conté ne contrôle plus la situation. Il fait appel à son  » fils spirituel et adoptif », le colonel Sékouba Konaté, lequel était en mission de sécurisation de la zone sud, en l’occurrence Kissidougou, Guéckédou, Macenta, N’Zérékoré et les autres villes de la Guinée Forestière. Konaté rentre d’urgence à Conakry dans le but de  » neutraliser » Pivi et sa bande, rétablir la quiétude et la sécurité dans la cité et permettre au président Lansana Conté de reprendre la main.
Connaissant le colonel Sékouba Konaté, les  » mutins » ne se hasarderont jamais à jouer avec le feu en tenant tête au  » Tigre ». Ils rentrent dans le rang sans se faire prier. C’est le début de la fin pour Claude Pivi qui disparaîtra progressivement des écrans radar.
Intéressé par le pouvoir, le capitaine Dadis, populaire dans la troupe à cause de ses largesses, fait aussi profil bas et courtise le colonel Sékouba Konaté,tout-puissant homme fort de l’armée guinéenne, dans l’objectif d’avoir le soutien capital et décisif du redoutable, craint et influent  » Tigre », nom de guerre de l’ancien président de la transition.
Les deux hommes feront un  » deal » en présence, entre autres, de l’épouse du capitaine Dadis, futur successeur du général Lansana Conté, entre la vie et la mort.
A l’annonce de la disparition de ce dernier, le colonel Sékouba Konaté apporte son soutien, comme convenu, au capitaine Moussa Dadis Camara. Et le coup de force nocturne et périlleux tourne au succès pour le jeune et volcanique capitaine, natif de Koulé, à quelques encablures de N’ Zérékoré, et grand inconnu du public.
Pour la lecture de son discours matinal de prise de pouvoir, le capitaine Moussa Dadis supplie Konaté, pour une question de sécurité, de rester à ses côtés dans les locaux de la Radio Télévision Guinéenne, tombée dans les mains des  » putschistes » après une tentative de résistance vite contenue par les hommes de  » El Tigre , tous des frontaliers et plus opérationnels que jamais.
Bain de sang évité in extremis
Le succès éclair et  » surprise » du coup de force contre l’ordre constitutionnel monte dans la tête de certains soldats proches du jeune et imprévisible maître du pays. Les  » extrémistes » du camp de Dadis Camara sont tentés de régler, dans le sang, des comptes avec certains dignitaires déchus et terrés dans des quartiers populaires de Conakry. La terreur menace de s’abattre sur Conakry. Le sang, de couler à flot..
Mais, le numéro 3 du CNDD, le colonel Sékouba Konaté, s’oppose fermement au projet macabre et funeste de certains soldats proches du président Moussa Dadis Camara.
Devant ces derniers, le  » Tigre » tape du poing sur la table, déclare qu’il est hors de question d’exécuter les anciens poids lourds du régime de Conté. Grâce à la protection de Konaté, ils auront la vie sauve. N’eût été la vigilance, l’influence de celui qui deviendra plus-tard, par la force des choses, le président de la transition, le Coup de force du CNDD aurait été sanglant, meurtrier et cauchemardesque. On connait la suite….

Source:nouvelledeguinee.com, partenaire de leverificateur.net