Révélation : un projet de violence qui cible les femmes peules en Guinée (Thierno Mamadou Tanou Diallo, journaliste, consultant médias )

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Comme tuer leurs enfants ne semble pas trop toucher la communauté peule, on cible spécialement les femmes cette fois-ci. Un programme conçu et mis en exécution par un groupe de criminels organisés au sommet de l’Etat. En effet, ce n’est pas un hasard si entre le 7 et le 9 novembre 2018, beaucoup de femmes peules ont été violentées à domicile par des éléments de la police et de la gendarmerie du régime RPG d’Alpha Condé, au même moment et à des endroits différents.

Les policiers et gendarmes sont entrés dans les maisons, cassant des portes et renversant des marmites avant de violenter les femmes et les petits enfants, détruire tout dans la maison. Dans beaucoup d’endroits, ils déshabillent les femmes, les frappent, tirent leurs seins et brisent les bras de celles qui se débattent en opposant de la résistance. Dans certains cas, ils coupent le nez et les doigts de leurs suppliciées.

Des horreurs qui rappellent les agissements des rebelles en Sierra Léone entre 1991 et 2002. Des faits qui renforcent les rumeurs selon lesquelles, les hommes cagoulés de la force dite spéciale d’Alpha Condé n’appartenant à aucun corps de l’armée guinéenne et qui n’est pas dans les prévisions budgétaires seraient majoritairement des mercenaires étrangers au service du parti au pouvoir.

Le régime tribal fasciste d’Alpha Condé n’en est pas à sa première ni deuxième fois dans ses expéditions punitives contre les Peuls qu’ils veulent faire fuir la capitale Conakry. Les mêmes scénarios ont été vécus en 2012 et 2013, puis en 2014 et 2015.

Réaction de Lansana Kouyaté, le leader du PEDN, le 29 mai 2013 depuis la France :

« C’est une milice étrangère qui ne parle ni français ni quelconque dialecte de notre pays qu’Alpha Condé a fait venir pour procéder à des exactions et à des viols dans les familles …
Cette milice rentre dans les familles, massacre les citoyens et viole les femmes devant leurs maris et leurs enfants. Cette milice renverse les marmites et détruit tout sur son passage dans les familles. Ce sont les peuhls qui sont la cible de cette milice étrangère. Plus de 90% de ces victimes d’exactions et de viols sont des peulhs alors qu’ils ne sont pas les seuls à manifester »

La communauté peule venait de compter 54 morts, plus de 600 blessés (bilan donné le samedi 01 juin 2013 par des médecins soignants) et plus de 1 500 arrestations qui sont drainés devant des tribunaux tribaux qui prononcent systématiquement des condamnations discriminantes en violation flagrante des textes juridiques guinéens.

Le vendredi 13 septembre 2013, des intellectuels guinéens de la diaspora ont publié une ALERTE sur un projet de génocide du régime d’Alpha Condé contre les Peuls.

Le Samedi 8 février 2014 à Paris, Lansana Kouyaté, leader du parti PEDN, est encore monté au créneau pour dénoncer les crimes à caractère ethnique et l’impunité qui sévit en Guinée :

« Lors de nos marches, plus de 60 jeunes ont perdu la vie. Où en sommes-nous avec la justice ? Moi qui vous parle, ma voiture a été brûlée devant tout le monde (…) Nous étions dans une voiture qui a été sous les feux de balles réelles. (… ) Plainte a été déposée, où en sommes nous ?… l’ethnie est devenue un instrument. Ils sont en train d’institutionnaliser l’ethnie ou, d’une autre façon, d’ethniciser les institutions. »

Depuis la semaine passée, nous vivons les mêmes choses qu’en 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017 : maisons et boutiques dévastées, nourritures renversées, frigots vidés, argent et objets de valeur volés, femmes et enfants violentés à sang.

on apprend que quand les milices du pouvoir entrent dans les maisons, ce ne sont pas, comme d’habitude, les jeunes garçons qu’ils cherchent, mais les mamans (les femmes) qui seront soumises après aux traitements dégradants devant leurs maris et enfants. Preuve que la mission punitive concernait particulièrement les femmes après qu’on ait visé les jeunes les jours précédents.

Alpha Condé et ses complices ont ainsi réussi leurs tests. On ne risque rien en tuant des Peuls en Guinée comme des canards sauvages.

D’après nos informations, le réseau qui est au service d’Alpha Condé dans sa croisade anti-peule comprend, entre autre, le Ministre de la défense le Dr. Mohamed Diané, le député Amadou Damaro Camara, le chef de police Ansoumane Bafoé Camara qui serait le neveu de Damaro, le Ministre Kiridi Bangoura, le vice-gouverneur de la banque centrale, Baidy Aribot, Malick Sankhon, Ibrahima Keira et l’ancienne Ministre du régime de Conté, Saran Daraba.

Après avoir promis aux Guinéens un gouvernement responsable de solution à la grave crise politico-économique à laquelle le peuple était déjà confronté depuis 2017, Alpha Condé n’a pas trouvé mieux que de nous recycler le menteur et faux Docteur, l’arrogant et plus grand voleur officiellement reconnu de la République, Ibrahima Kassory Fofana, avec la promotion de Premier ministre et chef de gouvernement.

Ce dernier, médiocre et fanfaron qu’il est, vint radicaliser la crise avec ses solutions dignes des anciennes dictatures communistes : il interdit les marches de l’opposition en violation manifeste de l’article 7 de la Constitution et déclare aux enseignants qu’ils n’auront rien ni en 2018 ni en 2019 en gelant les salaires des grévistes, alors que, sur instruction du Président, le gouvernement précédent leur avait promis une suite favorable à leurs revendications après les examens scolaires et les élections communales.

La voix qu’il a choisie impose donc à Kasory Fofana, de rejoindre le club des extrémistes ethno-fascistes du régime qui prônent la force pour imposer « l’autorité de l’Etat ».

Ce réseau aurait-il un agenda caché ? En effet, Saran Daraba est une extrémiste adepte de l’idéologie angbansannée qui incite à tout faire pour que leur clan garde le pouvoir. Tant Amadou Damaro Camara que Baidy Aribot sont des spécialistes de complot d’Etat pour une récupération du pouvoir.

Malick Sankhon est un chef de milice armée entretenue par Alpha Condé pour jouer au futur Momo Joe. Monsieur Sankhon est aussi connu pour sa spécialité d’être avec un Président et travailler contre lui à l’ombre, tel qu’il l’a fait à Lansana Conté.

Ces personnes font partie des vrais profiteurs du régime actuel. Alpha Condé arrivant à la fin de son second et dernier mandat possible, il n’est pas exclu que ce groupe soit tenté de créer les conditions d’un putsch pour récupérer le pouvoir pour « une transition » durable. Alpha Condé serait donc présenté comme le responsable du génocide qui exposerait le pays à la guerre civile et qu’ils auraient besoin du temps pour réconcilier les Guinéens.

Rappel : dans un article du site africaguinee.com du 18 mai 2017, on pouvait lire les propos suivants d’Amadou Damaro Camara à propos de sa candidature pour la présidentielle de 2020:

« J’ai l’ambition de diriger le RPG, j’ai l’ambition de diriger la Guinée, j’ai même l’ambition de diriger l’Afrique au-delà de la Guinée. »

Dans son interview du 25 mars 2018 avec africaguinee.com, il déclare :

« Il y a au moins une dizaine de têtes qui vont être élues, je vous le promets. J’ai dit nous allons élire quelqu’un en 2020. On va remplacer Alpha Condé en 2020 au sein du RPG ».

Avec le temps, les ambitions du président mal élu Alpha Condé, de se maintenir au pouvoir après 2020 deviennent de plus en plus claires, notamment avec le putsch de la Cour Constitutionnelle et autres manœuvres de corruption en cours dans ce sens.

Ce qui fait obstacle aux ambitions du réseau ethno-fasciste qui croyait le temps venu pour eux de recupérer le pouvoir par la voix « constitutionnelle ». Ainsi, ces violences ciblées en cours pourraient tant être une ordonnance d’Alpha Condé pour neutraliser ceux que l’opposition pourrait mobiliser contre son projet de troisième mandat, qu’un programme du réseau criminel en cours d’exécution pour la récupération du pouvoir dont la fin approche.

Toutefois, vu l’absence de justice et la persistance des violences ciblées contre la communauté peule depuis les crimes contre l’humanité du 28 septembre 2009 restés impunis, de plus en plus de Peuls font désormais ouvertement valoir leur droit à l’autodéfense en Guinée si cette situation continue.

Si Alpha Condé cherchait à créer du chaos en Guinée pour empêcher toute tenue d’élection dans un avenir proche, il l’a bien réussi grâce à l’irresponsabilité de l’élite guinéenne et la lâcheté de la communauté internationale et sa CPI.

Et s’il a pensé que cela lui permettrait de rester durablement au pouvoir au-delà de son second et dernier mandat, comme son ami Gbagbo avait manoeuvré en Côte d’Ivoire, alors il s’est trompé, car la majorité des Guinéens ne l’accepterait pas.

Ces crimes qui se perpétuent sur les Peuls de Guinée au vu et au su de la communauté internationale sont des crimes contre l’humanité. Ils sont massifs, prémédités et orientés contre une communauté : les Peuls. C’est manifestement un acte de génocide. Toute femme et tout homme qui est patriote ou responsable prendrait maintenant ses distances d’Alpha Condé et de ses réseaux criminels en Guinée. Tous ceux qui, encore et malgré tout, choisissent de rester avec Alpha Condé, le font par intérêt personnel et se rendent coupables de complicité dans le génocide en cours en Guinée. C’est pourquoi nous félicitons Gassama Diaby  pour son geste courageux, patriotique et responsable de démission du gouvernement génocidaire de Kassory Fofana et d’Alpha Condé. Nous attendons le même geste de la part des Hadja Mama Kanny Diallo, Sidya Touré et toute autre personnalité respectable qui sert de décor au régime fasciste du RPG-arc-ciel.

Il y a des Guinéennes et Guinéens de toutes les régions et de tous les niveaux qui montent au créneau pour mettre en garde ou dénoncer ce qui se passe actuellement et le chaos vers lequel Alpha Condé et ses complices sont entrain de mener la Guinée. Malheureusement, la communauté internationale vient toujours pour constater des faits et non pour empêcher des crimes prémédités et préparés pendant de longues années, souvent avec ses soutiens aux régimes despotiques.

Nous Guinéens devons prendre conscience de cette réalité pour nous unir et dire « Ça suffit ! » à Alpha Condé et sa bande de tueurs en Guinée, si nous voulons éviter à notre pays, ce qui est arrivé à beaucoup de nos voisins.

 

Par  Thierno Mamadou Tanou Diallo, journaliste, consultant médias