«J’ai hérité d’un pays sans argent», lance Georges Weah à Paris

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« J’ai hérité d’un pays sans argent », a lancé mardi le nouveau président libérien George Weah, en affichant lors d’une conférence sa volonté de rompre avec la corruption endémique dans son pays, au premier jour d’une visite officielle à Paris.

L’ancienne star du ballon rond, élu fin décembre à la présidence du Liberia et investi le 22 janvier, a réservé à la France son premier voyage hors du continent africain.

Il sera reçu mercredi à l’Elysée par le président Emmanuel Macron pour un déjeuner de travail, en présence de nombreuses personnalités du monde sportif, du vice-président de la Banque Mondiale pour l’Afrique, Makhtar Diop, et du directeur général de l’Agence française de développement, Rémy Rioux.

Tout comme la France, soucieuse de « s’ouvrir à l’Afrique anglophone » et qui a récemment ajouté le Liberia et la Gambie aux 17 pays prioritaires de son aide au développement, George Weah a souhaité « renforcer la relation bilatérale », lors d’une conférence-débat sur l’éducation au Conservatoire national des arts et métiers à Paris.

« Il n’y a pas beaucoup de compagnies françaises au Liberia… elles vont en Côte d’Ivoire, en Guinée, parce que ce sont des pays francophones, mais ce n’est pas parce que nous sommes anglophones qu’il ne faut pas venir parce qu’il y a beaucoup de choses à faire » au Liberia, a insisté – en français – l’ex-attaquant vedette du PSG et du Milan AC qui rencontrera mercredi matin le patronat français.

Le président libérien se trouve à la tête d’un pays en grande précarité financière – après deux guerres civiles (1989-2003) et une épidémie d’Ebola meurtrière (2013-2015) – et lourdement dépendant de l’aide internationale.

« J’ai hérité d’un pays qui n’a pas d’argent, plombé par les malversations politiques », a déploré George Weah, qui a mené campagne sur la lutte contre la corruption.

« Nous essayons de mettre en place des mesures pour nous assurer que les choses qui se sont produites autrefois ne se reproduisent pas », a-t-il ajouté, en soulignant avoir « réclamé un audit complet » des finances publiques.

Autre priorité du nouveau président, la jeunesse qui représente 60% des 4,7 millions de Libériens.

« L’éducation est cruciale. Nous devons nous assurer que les jeunes vont à l’école (…) encourager les enfants à ne plus traîner dans les rues », a dit cet autodidacte, élevé dans un bidonville de Monrovia.

« Je ferai tout mon possible pour soutenir le secteur de l’éducation », qui ne reçoit actuellement que « 2% de notre budget national », a-t-il insisté. La France devrait annoncer mercredi une aide bilatérale, notamment dans le secteur de l’éducation et de la formation.

Fondé il y a 170 ans par des esclaves affranchis, le Liberia « est le plus ancien pays africain, mais nous n’avons pas d’école d’ingénieurs. Nous n’avons même pas de laboratoire d’analyse capable de diagnostiquer un malade atteint par Ebola », a déploré George Weah.

« On n’a rien, il faut commencer à faire », a-t-il conclu.

Avec AFP

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