Le mal qui ronge la communauté guinéenne d’Égypte

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Le phénomène de surfacturation des billets d’avion et d’exploitation des Guinéens par des Guinéens et des étrangers continue de la plus belle façon son envol au sein de la communauté guinéenne d’Égypte.

Des jeunes filles et garçons n’arrêtent de débarquer en Égypte dans la quête d’une meilleure vie . Sauf que la plupart d’entre eux sont victimes de leurs proches ou tout simplement des réseaux de trafiquants bien organisés .

Une bande d’escrocs professionnels en la matière prenant sa source en Égypte et qui a ses bases arrières plantées au Sénégal, en serra lionne, en Guinée ( berceau du fléau) et au Liberia etc. Cette bande opère en toute impunité au grand dam des autorités de ces pays.
En général, Les personnes qu’ils recrutent ne reçoivent aucune bonne information en ce qui concerne les réalités d’Égypte avant de monter dans le vol .

D’ailleurs, ce sont des jeunes fouettés par la galère et la misère jusqu’àux moelles épinières ou des jeunes sous curatelle qui sont recherchés par les recruteurs pour ce voyage. Aujourd’hui , près de la moitié des problèmes de la communauté guinéenne se trouvent dans ce fléau.

Plus grave, ceux qui les envoient sont dans l’incapacité de leur trouver un titre de séjour pour la sécurité au pays d’accueil. D’autres Guinéens sont mêmes vendus pour ne plus retourner en Guinée (trafic humain). L’on se demande comment est-ce que le Guinéen d’Égypte en est-il arrivé là ?

Ces jeunes sont recherchés et enroulés par des trafiquants ou des passeurs professionnels avec le slogan (on vous aide) , ils leur miroitent une vie paradisiaque. Un travail dans des conditions les meilleures avec un salaire décent dans le ménage ou dans les centres d’appels . Ce sont des jeunes diplômés sans emploi en majorité et qui ont du mal à joindre les deux bouts qui quittent ces pays dans l’espoir de venir vivre une vie à l’européenne.
Arrivée en Égypte, les personnes chargées de recevoir les victimes à l’aéroport commencent par le retrait des passeports pour avoir la main mise sur ces jeunes .

Une fois les avoir casernés dans des appartements au Caire. Pour ceux qui n’avaient pas signé un contrat depuis leurs pays de départ ceux-ci sont automatiquement soumis à un contrat de travail allant de 9 à 12 mois, selon l’humeur du guillotineur (son tuteur en Égypte) .
Il est important de rappeler qu’au Caire, le travail de ménage est payé entre 3500 LE à 4000 LE si la personne est francophone , et dans les 5000LE si elle se débrouille en anglais . Dans les centres d’appels, le salaire moyen est estimé à 9000 LE. Toute fois, le nombre des personnes soumises au contrat ne peut dépasser 1% dans les centres d’appels .

De toute cette situation, le pire est que la plupart des personnes enroulées pour venir travailler en Égypte payent un montant qui varie entre 500$ à 600$ depuis leur pays d’embarquement, et à ce montant s’ajoute le contrat qu’elles sont soumises une fois au Caire. Ainsi, la personne peut se retrouver à rembourser prêt de 50000LE avant de recouvrir sa liberté. C’est-à-dire 2500 à 3000$ par personne. Et ça aussi, si le tuteur est quelqu’un qui est caressé par la miséricorde de Allah.

N’est- il pas normal de se demander à quand pourraient-elles rembourser cette somme ? C’est pourquoi beaucoup de cas de décès et de maladies graves sont enregistrés ce dernier temps au sein de la communauté guinéenne d’Égypte, car beaucoup d’entre eux sont sous contrat et sont dans l’incapacité de se faire soigner en cas de maladie grave . Puisqu’ils sont accablés par le poids de la dette. Certains mêmes frôlent la folie tellement que le travail qu’ils font est pénible et inhumain.

Cependant, il n’y a pas de visa entre l’Égypte et un détenteur de passeport guinéen et la majorité de ces personnes débarquent avec en main, un passeport guinéen. D’autant plus que, le billet d’avion de ces pays vers l’Égypte ne pourrait excéder 14000LE. D’où une exploitation pire et dure des ces jeunes aveuglés par la misère et prêts à sauter au bord du premier vol qui les ôteront de cette galère, mais finalement viendront se retrouver dans incapacité de payer ce montant colossal.

Ces jeunes pouvaient éviter de se faire manipulation en faisant une simple recherche sur net pour savoir tout sur l’Égypte avant de s’engager dans un voyage quasi-regrettable.

Une structure dénommée Conseil des Guinéens d’Égypte à peine installée en a fait son cheval de bataille pour freiner le fléau. Elle s’est dotée d’une circulaire qui est entrée en vigueur le 01 septembre 2018 , interdisant de confisquer le passeport d’un Guinéen , mais aussi de faire venir un Guinéen en Égypte en surfacturant son billet ou l’envoyer dans le but de le faire travailler en le suçant comme une sangsue.

Selon les indiscrétions, le phénomène ne cessent de se frayer du chemin pour exister à tous les coups.Un observateur bien averti peut se demander à quand les autorités en la matière pourront y mettre fin ?

Abdallah Sow depuis Égypte Caire
Étudiants et premier secrétaire à la communication du conseil des Guinéens d’Égypte..

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