LE SPORT, CE PUISSANT NARCOTIQUE DE LA SCLÉROSE DE L’ESPRIT CRITIQUE SÉVIT DE CONAKRY À KINSHASA

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Il est de notoriété publique que dans l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), la Vodka était la denrée commerciale la plus abordable, facilement accessible, et à la portée de toutes les bourses.

Malgré ses ravages sur la santé et l’espérance de vie des populations, cet alcool se révélera un puissant allié du régime communiste soviétique. En plus de créer une dangereuse dépendance alcoolique, la Vodka avait le mérite d’écourter la vie des soviétiques, tout en les éloignant de la critique de l’action gouvernementale et du fait même, des goulags sibériens.

En Afrique, le football semble avoir épousé les vertus machiavéliques de la Vodka soviétique. En effet, sur le continent africain, ce sport que d’aucuns qualifient de religion des temps modernes justifie de nos jours toutes formes d’aberrations, d’excès et de décisions déraisonnables qu’on croirait issues d’esprits prélogiques.

TRENTE MILLES EUROS PAR MOIS POUR DIDIER

Nous avons appris des médias, qu’après sa débâcle à la Coupe d’Afrique des nations, Égypte 2019, la république de Guinée, a congédié son entraîneur, Paul Put, un immigrant belge et s’est offert du même coup, un nouvel entraîneur, tout aussi immigrant. Didier Six, d’origine française, aura pour modeste mission de qualifier le Syli national de Guinée à la prochaine coupe d’Afrique des nations et à la prochaine coupe du monde, Qatar 2022.

La modestie des ambitions des dirigeants sportifs du pays est à la hauteur des résultats catastrophiques que traîne l’équipe guinéenne. L’instance sportive guinéenne aux courtes vues, cultiverait à notre avis la culture de la médiocrité, tant par ses choix d’entraîneurs que par les ambitions qu’elle nourrit pour le pays et qu’elle assigne aux médiocres généreusement rémunérés qu’elle met sous contrat.

S’il est devenu coutume sur le continent de verser un minimum de 30 000 euros par mois à des entraîneurs immigrants originaires d‘Europe, nous requérons qu’il soit tout aussi coutume d’exiger des candidats : la formation, l’expérience et la compétence requises pour mériter une telle cagnotte. Le nouvel entraîneur du Syli national de Guinée a-t-il le profil de l’emploi pour mériter un salaire que même les hauts cadres de l’État guinéen ne peuvent rêver?

DIDIER SIX OU LA FOUTAISE MAFIEUSE DE TROP!

Qu’on souhaite remporter à la fois la coupe d’Afrique des nations et la Coupe du monde, et qu’à cet effet, on engage Didier Deschamps, José Mourinho, Zinedine Zidane, ou qui j’ai-je encore, et qu’on lui verse un mirobolant traitement mensuel de 30 000 euros, nous pourrons trouver sous certaines réserves la transaction défendable, en raison de la compétence et du palmarès de l’individu.

Lorsqu’on engage des immigrants venus d’Europe, sur la simple base de leur origine ethnique et/ou continentale et leur carrière de footballeurs, en parfaite discrimination de leur expérience au titre d’entraîneur de clubs de renoms, pour prendre en charge une équipe nationale, nous estimons qu’il y’a une imperfection pouvant nuire aux intérêts du pays et de ceux de ses supportes.

Le cas Six est symptomatique d’une dérive et d’une déficience qui prend sa source dans nos complexes d’infériorités. D’après le géant de la recherche internet Google, le nouvel entraîneur du Syli national de Guinée a été le coach de AJ Audun-le-Tiche en 2004.

Il s’agissait d’un club du championnat français de football de National 3. Par la suite, plus rien, jusqu’à ce qu’il soit bombardé sélectionneur d’une équipe nationale africaine, précisément au Togo en 2011. Cette fulgurent ascension peine à se justifier, car avant Audun-le-Tiche, la seule autre expérience d’entraîneur de M. Six a été une autre équipe de national : FCSK 06 (CFA) en 1997-1998. Après le Togo, il y aura Madagascar en 2015, où il occupera les mêmes fonctions.

À l’instar de l’inculte et inexpérimenté caporal putschiste, devenu général le soir du succès de son intrusion abrupte sur la scène politique de son pays, Didier Six dégage l’impression fâcheuse d’être sur un piédestal en Afrique. Mais ici, M. Six n’a pas la légitimité du putschiste africain. Car si le soldat usurpateur est citoyen du pays dont il s’empare de la présidence avec pour seules et uniques compétences, sa témérité et la loyauté de ses frères d’armes, Didier Six n’a ni la compétence, ni la légitimité, ni le privilège et les droits rattachés à la nationalité, pour se retrouver à tête d’une sélection nationale africaine.

À partir de 2015, c’est à nouveau la galère jusqu’à ce que de nouveaux nigauds à la tête d’une fédération de football, en l’occurrence ceux de Guinée décident de parier sur cette loterie dont Didier Six est le seul lauréat du gros lot. Notre inquiétude nous commande d’exiger des répondes de la part des autorités sportives guinéennes et par extension africaines. Comment arrive-t-on à nommer un entraîneur étranger à la tête d’une équipe nationale africaine, alors que le pays de l’heureux élu ne peut faire confiance à celui-ci ne serait-ce que pour diriger une équipe de deuxième division?

Nous plaidons que si M. Six désire rester à la tête de l’équipe nationale guinéenne, il lui serait honorifique de consentir à la réduction d’un salaire onéreux, bien au-dessus de ses compétences alléguées et avérées. Loin de féliciter Didier Six pour sa nomination, nous lui souhaitons tout de même succès dans ses nouvelles fonctions.

SCANDALE À LA

À suite de son limogeage, après la CAN 2019, Paul Put, l’immigrant belge qui dirigeait la sélection nationale guinéenne sera accusé par quelques membres de la fédération guinéenne de football, de racket sur ses joueurs. Le belge avait été engagé pour 18 mois avec un salaire mensuel de 30 000 euros. Paul Put sera reconnu coupable par la commission d’éthique de la Féguifoot des allégations de racket pesant sur lui et condamné à 100 000 euros, le tout, assortie d’une interdiction d’exercer à vie dans le football guinéen.

De son côté, l’immigrant belge qui s’est retrouvé dans des conditions du moins obscures à la tête de la sélection guinéenne accusera à son tour de corruption, (en représailles), une des figures importantes du football guinéen. M. Put affirme avoir versé pendant seize mois, 10 % de son salaire à Amadou Diaby, vice-président de la fédération guinéenne de football.

Cet obscur personnage de moindre importance du football belge avait déjà été radié à vie en 2005 du football de son pays, par l’instance compétente pour son rôle avéré dans une histoire de truquage de matchs, alors qu’il était entraîneur du K Lierse SK.

S’ils avaient fait preuve d’attention et de diligence raisonnable, ces faits, de notoriété publique ne pouvaient échapper aux autorités du football guinéen en 2018, lorsqu’ils mettaient sous contrat le fraudeur belge.

Auraient-ils été complaisants à l’égard du belge dans l’espoir de partager sa bourse? M. Put était-il à la hauteur des modestes attentes de son employeur guinéen?

Présentait-il le meilleur profil par rapport aux candidats locaux? Est-ce par complexe d’infériorité et de la supériorité supposé de l’européen que la Guinée embauche un étranger, radié à vie dans son propre pays, et n’ayant jamais entraîné une équipe d’une véritable envergure internationale avec des résultats probants? Une enquête indépendante devrait instruire toutes ces légitimes préoccupations.

QUI POUR FAIRE PRESSIONS?

Comment une société extrêmement sensible à la corruption, enclin aux manifestations de rue pour dénoncer des décisions politiques électorales, enclin aussi à des manifestations de rues pour des questions salariales, des questions liées à la cherté de la vie, une société plongée dans l’obscurité électrique, facilement secouée par Ebola, dont les femmes meurent encore en couche, comment une telle peut-elle tolérer qu’un aventurer, souvent sans réel compétence, soit payé à 30 000 par mois, pour s’occuper de football?

C’est à ce niveau que l’intrigue footballistique prend toute son ampleur. Nous pensons qu’en versant 30 000 euros par mois aux médecins, aux chercheurs, aux enseignants et autres professionnels de la santé et de l’éducation guinéenne, le pays n’aurait pas besoin de l’aide extérieure pour soigner les maladies tropicales qui déciment ses populations. La Guinée serait à mesure de trouver le remède à Ebola, au VIH-SIDA. Ses élèves et étudiants seraient plus sensibles aux enjeux socio-économiques comme celui-ci.
Nous sommes profondément choqués par le scandale Paul Put.

Nous le sommes davantage par rapport au laxisme qui entoure les écarts de conduites des professionnels et élus qui dilapident les fonds publics, pendant que la majorité de la population vit dans l’indigence.
Nous pensons qu’il est indécent de verser autant d’argent à un entraîneur, fut-il étranger ou pas.

Nous pensons que la Guinée doit s’affranchir de ces idées reçues à l’effet desquelles, un entraîneur d’une équipe nationale de football doit être payé au prix d’or pour enregistrer des victoires. L’histoire du football guinéenne est en elle-même un cinglant démenti à ces sottises des temps modernes.

Le Syli national et le Hafia football Club sont rentrés dans l’histoire du football africain avec des entraîneurs locaux. La seule et unique force de ces équipes résidait dans l’abnégation et le patriotisme qui animaient joueurs et cadres dirigeants de l’époque de leurs grandes épopées continentales.

Les peuples africains seraient-ils collectivement atteint d’aveuglement volontaire ou de cécité intellectuelle, ou à l’instar de la Vodka soviétique, seraient-ils tous enivrés par ce puissant narcotique qu’est le football au point d’accepter l’inacceptable et de ne point questionner l’impardonnable?

Nous suggérons une requalification du crime de haute trahison et d’atteinte à la sécurité nationale, à la sureté de l’État pour y inclure la corruption et le fait de verser des sommes colossales à des aventuriers qui n’ont que faire de la performance des équipes qu’ils ont mandat de faire gagner.

Nous suggérons qu’une personne désireuse d’entrainer une équine nationale guinéenne, doit sans renoncer à sa nationalité, acquérir la nationalité guinéenne et être soumises à la rigueur de la législation pénale du pays en cas de sa violation. Nous voyons un lien direct entre cet argent injecté dans un football moribonds et l’incapacité du pays faire face aux épidémies qui l’acculent.

Faut-il s’attendre à des manifestations de rue, à l’image des manifestations des partis politiques, des syndicats et de la société dénonçant ces déplorables œuvres de mentalités qu’on qualifierait de prélogiques.

En parlant de manifestations, constatons que cette nouvelle marque de commerce des sociétés tourmentées d’Afrique n’en vaudrait la peine que lorsqu’il est question de vociférer sur des supposés tripatouillages électoraux.

Une société véritablement éveillée s’indignerait de découvrir que ses autorités de l’administration sportive accordent des contrats de travail gracieusement rémunérés à des immigrants européens qui n’ont pas fait la preuve de leur compétence sur le curriculum vitae ni même sur le terrain; d’autant plus que, les pays des individus concernés ne leur confieront la direction de leurs propres équipes nationales.

Devons-nous aller à Harvard pour réaliser que les mêmes causes entrainent les mêmes effets? Ce que Didier Six n’a pas réussi à réaliser au Togo et à l’île Maurice,  il ne le réalisera pas plus en Guinée.

Même si M. Six, arrivait par miracle à atteindre ses objectifs, le principe demeure : on ne confie pas à prix d’or la direction d’une équipe nationale à quelqu’un qui n’en a pas la compétence requise. Cette bévue est une grave atteinte aux efforts des entraîneurs locaux qui se font ainsi voler leur emploi, leur carrière et leur gagne riz dans des conditions nébuleuses inexpliquées et inexplicables, des conditions disons-nous incompréhensibles et indéfendables.

UNE FUNÈBRE SOLIDARITÉ

Le Canada, ce richissime pays, membre du G7, a vu un de ses État, la province du Nouveau-Brunswick renoncer à l’organisation des jeux de la francophonie pour des raisons de trésorerie et surtout de coûts jugés trop élevés.

Le nouveau gouvernement conservateur de la seule province officiellement bilingue du Canada, refuse d’injecter l’argent de ses contribuables dans la promotion de la langue française. Il faut indiquer que ce nouveau premier ministre unilingue anglais ne vit pas que des histoires d’amour avec la langue française, langue de 32, 4 % de ses concitoyens.

Le premier ministre Blaine Higgs déclare en conférence de presse :
« Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, nous avons été informés que les coûts de ces jeux étaient sept fois plus élevés que prévu au départ. Nous avons donc pris la décision de nous retirer des jeux de la francophonie internationale 2021 en raison de l’augmentation des coûts ».

Les adversaires du premier ministre néo-brunswickois laissent entendre que l’annulation des jeux était programmée par un gouvernement minoritaire qui gouverne avec l’appui d’un parti hostile au bilinguisme.
Ebola poursuit sa répression meurtrière république démocratique du Congo, (RDC).

Au soir du 05 septembre 2019, l’épidémie avait fait 2050 morts depuis sa déclaration le 1er août 2018. La situation est particulièrement inquiétante, car les 52 dernières victimes de cette agressive épidémies des pauvres, ont été assassinées en huit jours.

Nous employons intentionnellement le mot assassinat pour marquer notre profonde inquiétude par rapport aux choix politiques des autorités congolaises.

Pendant que Ebola fait de la RDC son terrain de jeu, et que le géant au pied d’argile, est présentement aux prises avec une interminable guerre de prédation économique de la part des puissances du moment, guerre de prédation intensifiée depuis 1997, au sujet de laquelle on avance le chiffre effarant de 4 millions de Congolais tués; pendant que des ponts routiers névralgiques de l’économie congolaises s’écroulent faute de moyens; pendant qu’en août 2019, MSF annonce que la rougeole a fait plus de morts en sept mois au Congo qu’Ebola, et que là aussi, les femmes meurent en couche et qu’on allègue que les soldats des multiples et interminables missions des Nations unies abuseraient sexuellement des populations et économiquement du pays; pendant qu’une province du riche Canada renonce par dépit ou mépris, l’insolvable Congo s’est porté candidat pour l’organisation des jeux de la francophonie de 2021, à suite de l’abandon du Nouveau-Brunswick.

L’élément vital de la décision du Nouveau-Brunswick et qui doit interpeler la conscience des dirigeants francophones et francophiles d’Afrique est que des anglosaxons de cette province canadienne, anglophones à 64 %, originaires d’Europe, décident que cela constituait une contrainte excessive pour leur économie que d’injecter des millions de dollars dans la promotion de la langue et la culture de leurs cousins francophones.

À noter que cet État n’est pas aux prises avec des épidémies endémiques dévastatrices comme Ebola ou la rougeole comme c’est le cas en république démocratique Congo.

La province canadienne ne fait pas face à des problèmes de développement ni à une guerre civile, encore moins à la présence prédatrice de toutes sortes d’envahisseurs déguisés en soldats de la paix à travers des ONG.

Enfin, le Canada est une hyper puissance économique, membre du G7, un richissime pays, qui revendique dans sa constitution son bilinguisme, et qui dispose de moyens colossaux pour organiser les jeux destinés à promouvoir une de ses deux langues officielles. Nous estimons que face au refus du Nouveau-Brunswick, cet immense pays aurait pu trouver dans la fédération, une province, un territoire intéressé à organiser les jeux.

Les mots nous manquent pour d’écrire l’état d’esprit des autorités congolaises, contre qui est pointé la responsabilité de tous les maux qui accablent leurs concitoyens, pour justifier cette abominable décision.

Nous estimons qu’il est du devoir des francophones du monde de renoncer à faire du Congo, ce paillasson imbibé du sang de tant de victimes de maladies que la solidarité francophone pourrait absorber avec générosité.

Nous pensons que la meilleure façon de célébrer la langue française, la survie et le rayonnement de la culture française en Afrique et dans le monde n’est pas d’aller pavoiser et applaudir en république démocratique du Congo des athlètes sur des terrains aménagés qui côtoient des millions de cadavres enterrés, cette meilleure façon disons-nous est d’encourager le gouvernement congolais à injecter les fonds destinés à l’organisation de ces jeux dans la recherche de remèdes aux maladies qui exterminent des millions de francophones.

La solidarité francophone doit se manifester dans le financement des efforts de recherche médicale sur le terrain et non une enveloppe destinée à organiser des jeux pendants que des francophones de la mauvaise couleur meurent en l’absence cette solidarité au nom de laquelle la langue est célébrée.

La RDC est une pièce maitresse de la survie du français dans le monde.
Nous estimons qu’il est indécent de se porter au secours d’une langue en parfaite santé, alors que ses utilisateurs trépassent de maladies que l’intelligence de la communauté francophone est en parfaite capacité d’absorber.
La présente analyse ne saurait être interprétée comme étant un réquisitoire anti-immigrants et anti-demandeurs emplois en Afrique.

Elle doit être perçue comme un plaidoyer sollicitant un minimum de rigueur dans l’attribution de postes à des immigrants européens qualifiés.

Il s’agit également d’un plaidoyer pour un minimum de clairvoyance de part des pays en difficulté dont les populations meurent de moult épidémies et qui choisissent d’accueillir des jeux dont le financement affecte l’économie nationale et les finances dudit pays.

Cette mentalité d’infériorité des plus déshonorantes attribuable à des personnes dont le jugement serait altéré par des substances hallucinogènes n’est pas digne du continent.

Par Goïkoya Kolié, Juriste et collaborateur

 

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