Lois sur la parité, contre la Polygamie/Mise en place du comité de pilotage du COCAN 2025 : Vibrante réaction de la députée Dr Zalikatou Diallo

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Dr Zalikatou Diallo, députée de la mouvance à l’Assemblée nationale  et président du forum des femmes parlementaires de Guinée,  a accordé cette semaine une interview exclusive à notre rédaction. Dont au cours de cet entretien, notre interview  s’est amplement prononcée sur certains sujets brulants qui défraient la chronique dans la cité notamment, les nouvelles lois sur la parité ,  contre la Polygamie  et sur la mise en place  du comité de pilotage du COCAN 2025.    

 Leverificateur.net : Votre impression sur la nouvelle loi sur la parité  votée  le 02  mai dernier à l’Assemblée nationale ?

 

Dr Zalikatou Diallo : La loi sur  la parité  a été adoptée le 2 mai dernier à l’Assemblée nationale en unanimité.

Ceci est très important dans la mesure où ça va corriger une certaine disparité entre les hommes et les femmes  au niveau des instances politiques et des prises de décisions.

Et, nous avons lutté pendant plus de deux ans et demi  au niveau  du forum des femmes parlementaires de Guinée et nous avons réussi  à remporter une première bataille, c’est que la proposition de loi a été jugée recevable par le bureau de l’Assemblée nationale.

Par ailleurs, elle a suivi le circuit normal. Après plusieurs mois de discussion, enfin de compte, elle a été programmée, examinée et votée à l’Assemblée nationale.

C’est le lieu de remercier  tous les députés hommes  qui sont plus nombreux que nous, nous ont accompagnées parce que l’exposé des motifs était bien étoffé et  il était aussi clair  que tout le monde s’est rendu en évidence qu’il y avait vraiment, vraiment des disparités, de la discrimination au détriment des femmes malgré tout ce qu’elles apportent au niveau des politiques.

 Pouvez-vous nous  expliquer de façon explicite le contenu réel  de cette loi sur la parité ? 

 Dr Zalikatou Diallo : Cette loi a neuf articles.

Bon, le neuvième article contient des dispositions finales qui doivent être enregistrées après promulgation, publiées au journal officiel  comme loi  de l’Etat

Mais en fait, les articles 1er et 2 posent la règle  de la parité  et ceux 3, 4 et 5 montrent les champs d’application de la loi.

Concernant, les articles 6 et 7  donnent non seulement  les possibilités de recours en cas d’y recevabilité d’une liste qui ne respecterait pas cette disposition.

Et aussi, ces deux articles également, exhortent les partis politiques, leurs coalitions et les candidatures indépendantes à respecter la parité sur toutes leurs listes de candidature.

Donc, il y a un article qui est aussi important qui est celui du  4 qui a attrait à la fonction élective.

A ce niveau comme c’est  l’uninominal, nous avons exhorté toutes les institutions publiques totalement ou  partiellement  électives,  à prendre en compte la dimension genre, c’est-à-dire, tout ce qui est vulnérable et victime de discrimination notamment, les femmes, les jeunes et les handicaps,  au moment dans  l’élaboration des listes de candidatures.

Ou en tout cas  au moment des élections au niveau des fonctions électives. En plus, cette loi va permettre de corriger une disparité  qui a été mise en exergue lors du rapport  Béguine + 20 où la Guinée est parmi les quatre pays  non CDE où les disparités sont les plus grandes.

Ces pays  sont du sud du Sahara notamment, la Guinée, le Liberia, le Nigeria et la Centrafrique.

C’est pourquoi, le forum des femmes parlementaires a bénéficié d’un  projet  grâce à l’appui technique et financé du PNUD et ONU-Femme et un projet aussi financé par le gouvernement canadien qui nous ont permis  de faire le plaidoyer à travers tout le pays concernant  les femmes et aussi , à l’évocation de cette loi  sur  la parité  qui heureusement , a été votée  et  qui attend d’être promulguée par le président de la République .

Ceci étant cette loi va nous permettre de corriger  les disparités et de mettre en œuvre, c’est-à-dire, traduire dans la réalité les dispositions  des articles 1er , 2  et 8 de la constitution qui consacrent l’égalité en droit et en devoir de tous  les sexes  et l’égalité de chance .

Mais, cela n’est pas traduit dans la réalité parce qu’il manquait  une disposition  d’un critère normatif, cela veut dire pour qu’une loi soit applicable  qu’elle ait vraiment un effet escompté, il y a au moins cinq critères.

Cependant, le plus important pour nous ici,  c’est le critère normatif, c’est-à-dire on fixe les règles de la loi après on fixe les règles contre  tout contrevenant  et pour le non-respect des dispositions  de la loi.

Ce qui a manqué au niveau de la constitution et qui a manqué au niveau du code électoral qui a été révisé  au moment où le quota de  30% êta   it  en vigueur.

Aucun parti politique ne sentait dans l’obligation de respecter  donc, on pouvait dire 30%. Mais, on mettait les hommes en avant, 10 hommes, une femme, 15 hommes, une femme et ce sont ces femmes qui étaient mises en queue de liste. Et, on dit qu’on respecte le quota  de 30%.

Mais puisqu’un scrutin en général proportionnel, ce scrutin de liste  à la représentativité proportionnelle, donc ce mauvais alignement  ne donnait aucune chance à la femme d’être élue. C’est pourquoi, la représentativité des femmes  au niveau de l’Assemblée nationale, des conseils communaux est toujours faible.

Cette loi plait à Dieu, va corriger  cela parce que désormais, il faut respecter la parité  et il faut respecter le positionnement d’égalité des chances, c’est-à-dire, les listes zébrée notamment, un homme, une femme ou une femme, un homme.

Au nouveau de l’uninominal, là, il faut  reconnaitre, nous n’avons pas voulu trop pénaliser les partis politiques  parce que l’uninominal est une personne qui doit être élue. On n’exige pas que les partis présentent  50% de femmes candidates et 50% hommes candidats. Nous disons non !

Il faut donner la chance  aux partis politiques de présenter  les candidats  qu’ils estiment vraiment  qu’ils peuvent concourir  et les faire gagner les circonscriptions électorales.

Si c’est une dame qui répond aux critères, ils sont libres de choisir. Si c’est un homme également, mais qu’est-ce qu’on a pu obtenir de ce côté ?

C’est que la loi dit que puisque, il y a deux 2 qui sont élus, un titulaire et son suppléant, maintenant on a pu qu’à même dire que si le titulaire est un homme, la suppléante doit être une femme. Parce que, dès qu’il y a deux, la parité il faut que, homme et femme soient respectés.

Si c’est une femme qui est candidate titulaire, le suppléant doit être un homme, ainsi de suite.

Maintenant au niveau des fonctions électives aussi, dans les institutions publiques, partiellement ou totalement électives, il faut aussi prendre en compte la dimension genre, au tant que faire se peut (hommes, femmes, jeunes et handicapés).

 Certains chefs religieux s’opposent à cette loi contre la polygamie. Qu’en dites-vous ?

 Dr Zalikatou Diallo : On est en démocratie, chacun est libre de s’opposer ou d’accepter mais là, n’est pas la question, en tant que députés, nous sommes la représentation nationale, et le gouvernement a déposé le code civil, un code de 1635 articles, si j’ai bonne mémoire, et l’article 281 avait été effectivement voté par les députés hommes à l’Assemblée Nationale, le 29 décembre 2018 où ils avaient légalisé la polygamie.

Ça a été un amendement d’ailleurs parce que, le code qui nous a été envoyé le 12 avril 2016 à l’Assemblée nationale comportait justement des dispositions qui interdisaient la polygamie.

Ceci étant, au cours de l’examen en commission des lois, des dispositions ont été changées. Parce que, il y a eu beaucoup d’article qui ont été réécrits, il faut le reconnaitre mais l’article 281 a fait l’objet de changement.

Donc, ce que le gouvernement a déposé a été changé, ils ont introduits les options en légalisant la polygamie. Nous, les femmes parlementaires, nous nous sommes battus pour que cela ne soit pas retenu en vain au niveau de l’inter commission et de l’explication de vote.

Heureusement, au niveau de l’explication de vote, notre président du groupe parlementaire nous a libérés ce jour en disant que puisque les avis sont partagés, que chacun vote selon sa conscience.

Arrivés en plénière, nous n’avons pas voté le code, on s’est abstenu, les députés des libéraux démocrates se sont abstenus et nous les femmes parlementaires toutes obédiences politiques confondues.

Alors, étant en infériorité numérique qu’à même, le code a été voté par les députés hommes et le chef de l’Etat fort heureusement a refusé de le promulgué parce qu’il considérait comme nous autres d’ailleurs les femmes parlementaires que c’était un recul.

On a apprécié cela comme lecture à l’Assemblée nationale  et cette fois-ci c’était pour que le code soit adopté, il fallait les 2/3 des députés.

Donc le problème devenait beaucoup plus compliqué mais fort heureusement, la sensibilisation et le dialogue, on est tombé d’accord le fait de maintenir l’amendement qu’a apporté le gouvernement.

L’amendement était sur cet article 281 qui a remis comme principe la monogamie et la polygamie tombait dans les exceptions tout comme au niveau de l’article 282 où l’état de santé de la première épouse peut amener le mari  à être autorisé à se remarier.

Et des cas de forces majeures comme des pathologies irréversibles ainsi de suite.

Maintenant, le problème c’est que, tous les citoyens guinéens sont soumis au principe de la monogamie et lorsqu’il n’y a pas de déclarations après le mariage, automatiquement c’est la monogamie et de façon irrévocable.

On a donné une possibilité aussi qu’à même puisque il faut tenir compte de nos mœurs et   coutumes, les réalités sociétales.

C’est pourquoi, ils ont donné une possibilité et encore de choisir la monogamie ou d’opter pour la polygamie à une, deux, trois ou quatre femmes.

Mais avec l’accord de la future épouse qui est là, non seulement la présence physique, elle ne peut pas être prise au dépourvu, elle doit donner son accord. Et s’il n’y a pas accord, il n’y a pas de mariage. Donc c’est aussi clair que ça.

  Le comité de pilotage du COCAN 2025 a été mis en place. Ne pensez-vous pas que la Guinée ne tombera pas dans le même scénario de 2023 ?

 Dr Zalikatou Diallo : Pas du tout, cette fois-ci l’arrêté a été pris par le premier ministre qui a donné  la composition du comité de pilotage et la présidence a été confiée au ministre des sports.

Et pour qui connait Bantama c’est un ministre d’action aussitôt fait, on s’est réuni, on a élaboré une feuille de route, on est allé, on a visité les locaux du COCAN 2025 et le ministre a pris toutes les dispositions d’abord restaurer le siège parce qu’il a besoin vraiment de réflexions.

Dès que cela sera sur place, s’est terminé, le comité va commencer à travailler à plein temps.

Les études sont en cours, il n’y a aucun problème, nous pourrons organiser le COCAN 2025, la CAN 2025 parce que la volonté politique y est.

Nous pouvons compter sur les autorités et puis les membres du comité  de pilotage et aujourd’hui le nombre a été réduit à la hausse, on est une vingtaine à peu près impliquant les gouverneurs qui les présidents des comités locaux du COCAN où se trouvent les sites.

Ceci est très important pour les mois à venir, vous-même vous verrez que le comité de pilotage de la CAN 2025 va prendre son envoi.

Interview réalisée par Léon Kolié     

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