Manifestants tués en Guinée: le parquet défend les forces de sécurité

293
Trois jeunes gens ont été assassinés lors de la dernières manifestation de l’opposition, mercredi dernier, ce qui a provoqué un déferlement d’une foule de mères de familles jusque dans les bureaux du médiateur de la République, Mohamed Saïd Fofana. Jeudi 15 mars, au cours d’un point de presse, le parquet de Conakry a essayé de défendre les forces de l’ordre en accusant des manifestants armés dont un a été mis aux arrêts en février 2018.

Si les forces de l’ordre sont pointées du doigt dans ces assassinats, un porte-parole du parquet de Conakry affirme qu’un suspect a été mis aux arrêts et qu’il pourrait être utile pour la connaître la vérité. « Il a été présenté au juge d’instruction en charge de la procédure qui l’a régulièrement placé sous mandat de dépôt le 2 mars 2018 », a dit Sidy Souleymane Ndiaye. « Il ressort des renseignements reçus que Boubacar Diallo, dit « Grenade », a reconnu qu’au cours des manifestations certains individus ont disposé de projectiles et des armes à feu comme les PMAK qui ont été utilisées contre la foule faisant des victimes, aussi bien parmi les manifestants que dans les rangs des forces de l’ordre. »

Le chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo trouve que cet argument est « bizarre » puisque pour lui les assassinats sont carrément ciblés. « C’est facile de dire « les manifestants sont armés ». Ce qu’on note, c’est que tous ceux qui ont été assassinés sont issus des rangs des partis d’opposition. On a jamais enregistré heureusement la mort d’un membre du RPG (Rassemblement du peuple de Guinée, au pouvoir) lors de ces manifestations, c’est toujours les mêmes, les militants de l’opposition. »

« Alors, on a tendance parfois à dire qu’ils sont armés. Mais pourquoi ils ne tueraient pas un policier, un gendarme avec une arme à feu. Parce que le dernier gendarme qui est mort est mort à la suite d’une pierre reçue sur sa tête et non d’une arme à feu, c’est établi », argumente encore Cellou Dalein Diallo.

En attendant, ce sont 93 jeunes Guinéens qui ont perdu la vie dans des manifestations politiques depuis avril 2011.

rfi

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here