Pourquoi Donald Trump a changé de ton devant le Congrès

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D’ordinaire très dur avec l’opposition, Donald Trump a défendu « l’unité » du pays lors de son discours sur l’état de l’Union mardi. Une manière d’appeler les démocrates à des efforts.

Après un an de mandat marqué par les divisions et une avalanche de polémiques et de scandales, Donald Trump en appelle à « l’unité ». A l’occasion de son premier discours sur l’état de l’Union, le président américain a dressé un bilan élogieux de ses débuts au pouvoir, adoptant un ton plutôt conciliant sur plusieurs sujets. « Ce soir, je veux vous parler (…) du type de pays que nous allons devenir. Nous tous, ensemble, comme une seule équipe, un seul peuple et une seule famille américaine », a-t-il déclaré, appelant républicains et démocrates à « mettre de côté leurs différences à la recherche d’un terrain d’entente ». Un changement de ton radical – en comparaison de ses tweets notamment – qui dénote une stratégie nouvelle de la part du président américain.

Mettre sous pression les démocrates

C’est un euphémisme de dire que Donald Trump n’a guère apprécié le premier shutdown de son mandat, le 20 janvier dernier, alors qu’il fêtait son premier anniversaire au pouvoir. Depuis dix jours, il rejette toute la faute sur les démocrates en utilisant notamment le hashtag #DemocratShutdown sur Twitter. Une façon de tenter d’inverser la tendance. Selon plusieurs sondages, les Américains jugent en effet le président principal responsable des blocages actuels au Congrès.

Donald Trump a dû batailler pendant 11 mois pour faire passer sa première grande loi : une réforme fiscale promise durant sa campagne. A moins d’un an des élections de mi-mandat, le président américain doit consolider son bilan sous peine de perdre sa majorité au Congrès en novembre prochain. D’où ce changement brutal de ton et cet appel à l’unité en guise de défi aux démocrates alors que tous les Américains avaient les yeux rivés sur leur téléviseur, mardi soir.

Obtenir de nouveaux succès législatifs

Donald Trump a besoin de soutien pour mettre en place sa politique, notamment migratoire. L’administration Trump a évoqué une voie d’accès à la citoyenneté pour 1,8 million de sans-papiers si ses adversaires acceptent de débloquer 25 milliards de dollars pour la plus emblématique de ses promesses de campagne : la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique. Ce n’est donc pas un hasard si c’est Stephen Miller, le conseiller du président américain pour l’immigration, qui a été chargé d’écrire ce premier discours sur l’état de l’Union.

« Ce soir, je tends la main aux élus des deux partis, démocrates comme républicains, pour protéger nos citoyens, quelles que soient leurs origines, leur couleur de peau ou leur religion », a déclaré le milliardaire mardi soir. Preuve des divisions qui marquent le Congrès, la moitié de l’hémicycle se levait régulièrement comme un seul homme durant le discours, tandis que l’autre restait uniformément assise.

Le président américain a également évoqué une autre réforme promise pour 2018 concernant les infrastructures. « Nous allons construire de nouvelles routes étincelantes, des ponts, des autoroutes, des voies ferrées et des voies navigables à travers le pays », a promis Donald Trump. Il a demandé au Congrès d’appuyer un plan d’investissement « d’au moins 1.500 milliards de dollars » pour développer ces réseaux vieillissants.

Un changement de ton durable?

Comme à Davos, Donald Trump a adopté un ton plus policé et pragmatique qu’à l’accoutumée. Une stratégie qui peut lui permettre de se recentrer politiquement et de s’éviter ainsi des divisions au sein de son propre camp, comme ce fut le cas l’année passée. Lors d’un déjeuner avec des journalistes avant son discours de mardi, le président américain avait aussi insisté sur sa volonté d’unir le pays. « Je considérerais comme une grande réussite si nous pouvions unir notre pays, si je pouvais unir le pays. Ce n’est pas une chose facile à faire parce que les points de vue sont si divergents », avait-il déclaré, selon le site américain Axios.

Reste maintenant à savoir combien de temps Donald Trump peut tenir cette ligne. A ceux qui prédisent un tournant ou un nouveau chapitre de la présidence Trump, nombre d’observateurs rappellent que si, il y a un an, son premier discours devant le Congrès avait été salué pour sa tonalité « présidentielle », la rupture avait été éphémère. Quelques jours plus tard, le milliardaire accusait dans une salve de tweets – sans la moindre preuve à l’appui – son prédécesseur Barack Obama de l’avoir placé sur écoutes.

A Davos, la semaine dernière, son discours très cadré avait été suivi d’une salve polémique contre les médias.

In Le jdd

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