Archives: Pivi et ses « bérêts rouges » sèment la terreur à Conakry (AFP)

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Guinea's military ruler Captain Moussa Dadis Camara aide Captain Jean-Claude Pivi known as Coplan attends on October 2, 2009 at the Martyrs Square of Conakry during ceremonies marking he 51st anniversary of independence days. Guinea's ruling junta appointed an independent commission on October 7, 2009 to investigate a crackdown on opposition protestors last month believed to have left more than 150 dead. United Nations officials and human rights groups say more than 150 people were killed on September 28 when Guinean troops opened fire on an unarmed crowd gathered in a stadium in the capital Conakry to protest against Camara's rule. AFP PHOTO / SEYLLOU

Les militaires guinéens « conduits par le capitaine Claude Pivi » ont de nouveau semé la terreur, lundi en banlieue de Conakry, où ils ont « fusillé un marabout » et arrêté plusieurs personnes, dont un imam âgé, ont affirmé de nombreux témoins à l’AFP sur place.

Dans le quartier populaire et frondeur de Cosa, les habitants ont raconté à des journalistes étrangers que les « bérets rouges » (garde présidentielle) étaient arrivés en trombe vers 14H00 (locales et GMT

 

« Un marabout a été fusillé« , a affirmé un chauffeur de 32 ans, sous couvert de l’anonymat. « Ils sont venus le trouver chez lui, dès qu’il les a vus, il a voulu fuir, ils l’ont pourchassé et ils ont tiré deux fois sur lui. Ils l’ont emmené dans leur véhicule, on ne sait même pas s’il est mort », a-t-il dit.

Selon des habitants, une rumeur disait que ce marabout était « un féticheur de Toumba » le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba – en fuite depuis qu’il a tiré, jeudi, sur le chef de la junte, Moussa Dadis Camara.

 

Un autre jeune homme, Amadou, 24 ans, a assuré que « l’imam de la grande mosquée de Cosa, El Hadj Djoubaïrou Bah, avait été arrêté« : « Ils l’ont pris ici, alors qu’il revenait de la mosquée, et ils l’ont emmené, lui et son frère, sans raison« .

« C’est l’imam du quartier, il est apolitique! Il n’a aucun lien avec Toumba« , a protesté un autre habitant, témoin de l’arrestation.

Un coiffeur de 24 ans a également été arrêté et les militaires ont bastonné des habitants, selon des témoins.

 

Selon Amadou, « les militaires étaient des bérets rouges. Claude Pivi lui-même était là et il criait +venez, venez, attaquez!+ », a-t-il ajouté.

Les violences, « c’était une façon de nous intimider. Ils viennent de nouveau nous chasser comme si nous étions des chiens », a protesté Amadou, plus de deux mois après le massacre d’opposants le 28 septembre à Conakry.

 

Peu avant 15H00, un témoin connu de l’AFP a assisté à l’arrivée en trombe de Claude Pivi et de ses hommes au camp militaire Alpha Yaya Diallo où siège la junte.

« Pivi vociférait. Les militaires amenaient au moins deux prisonniers: un jeune homme au teint clair, pieds nus, torse nu, et un vieil homme à la barbe blanche, vêtu d’une djellabah noire, d’un turban vert, avec un chapelet« , a-t-il relaté. Ces détenus correspondaient apparemment au signalement de l’imam et du jeune coiffeur arrêtés plus tôt à Cosa.

 

Connu pour sa brutalité, le capitaine Pivi, alias Coplan, est le ministre de la Sécurité présidentielle de la junte qui avait pris le pouvoir le 23 décembre 2008, au lendemain du décès du dictateur Lansana Conté (1984-2008)

 

Lemonde.fr

Publication: 8 Décembre 2009