AUJOURD’HUI, 12 Avril 2000: l’opposant Alpha Condé à la barre pour atteinte à la sécurité de l’Etat

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Il y’à juste  22 ans jour pour jour depuis que l’opposant Alpha Condé a été devant la justice pour atteinte à la sécurité intérieur de l’État. Alpha condé a été arrêté en decembre 1998 à Piné, en Guinée Forestière après avoir participé aux élections présidentielles dont les resultats n’étaient pas du tout connu. 22 ans après, les guineens sont toujours terririsés par les conséquences de la gouvernance de ce même Alpha Condé qui a plongé le pays dans une transition. Retour sur l’affaire Alpha Condé qui en voulait à son pays, à l’époque opposant.

La justice suit lentement son cours en Guinée. Alpha Condé avait été arrêté au lendemain de l’élection présidentielle de décembre 1998, à laquelle il était candidat, avant même que les résultats du scrutin ne soient proclamés.

Et c’est seulement mercredi 12 avril qu’il doit comparaître devant la Cour de sûreté de l’Etat.

Au cours de ces seize mois de détention, l’opposant guinéen a plusieurs fois cru que son procès allait s’ouvrir. Ainsi, à la veille de la visite du président français, Jacques Chirac, à Conakry en juillet 1999, le ministre guinéen de la sécurité avait indiqué que le procès d’Alpha Condé était fixé au 7 septembre.

Le chef de l’Etat français, qui s’était ému du sort de l’opposant, avait eu la désagréable surprise d’entendre le président guinéen dire, lors d’une conférence de presse à Conakry, qu’il n’avait pas de leçon à recevoir de la France.

« Ce n’est pas en Guinée seulement qu’on met en prison, avait déclaré Lansana Conté. Tous les jours, vous êtes en train de mettre en examen, en France, tout le monde. Tel ministre, tel député est mis en examen… »

Et comme pour montrer que la Guinée entendait gérer à sa guise « l’affaire Alpha Condé », le procès ne s’ouvrit pas en septembre, ni fin octobre, comme cela avait ensuite été indiqué.

« Le cas d’Alpha Condé relève d’une présomption de culpabilité », affirmait  Me Christian Sow, l’un de ses avocats guinéens.

« On l’a d’abord arrêté et ensuite on a cherché des chefs d’accusation », explique-t-il. De fait, le président du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) qui avait été arrêté dans un village proche de la frontière avec la Côte d’Ivoire, a d’abord été accusé de « tentative de franchissement illégal de la frontière », laquelle était fermée le temps de l’élection présidentielle, ainsi que de « violences et voies de fait envers des agents de la force publique » et de « transfert frauduleux de devises étrangères » dont il aurait été porteur au moment de son arrestation.

Mais beaucoup plus grave, Alpha Condé a ensuite été inculpé d’ « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, emploi illégal de la force armée et complicité ».

DNT