AUJOURD’HUI, le 25 Août 1958: la visite de Charles de Gaulle à Conakry

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Le 25 août 1958 a marqué l’arrivée du général Charles de Gaulle, Chef du Conseil du gouvernement français, à Conakry, dans le cadre de sa tournée africaine, pour la campagne en faveur du « Oui » à la Communauté franco-africaine.

Cette tournée a débuté le 20 août 1958 à Brazzaville au Congo et s’est poursuivie à Fort-Lamy (N’Djamena) au Tchad, à Tananarive (Antananarivo) au Madagascar, … à Abidjan en Côte d’Ivoire, à Conakry en Guinée, le 25 août, à Dakar au Sénégal, le 26 août, et enfin le 29 août 1958, à Alger en Algérie. Par cette campagne, le général Charles de Gaulle « espère convaincre l’ensemble de ses interlocuteurs de voter « oui » et se déclare d’ailleurs persuadé de leur réponse positive, même dans le discours qu’il prononce à Conakry. » (André Lewin, Ahmed Sékou Touré, Tome 2, 2009, p. 96)

  1. Les motivations de la tournée africaine du président du Conseil du gouvernement de la République française en août 1958

Même durement éprouvée par la Première Guerre mondiale, l’Europe domine le monde. Avec la Deuxième Guerre mondiale, c’est l’ordre international fondé sur la suprématie de l’Europe qui s’écroule. Les Européens en sortent complètement anéantis sur les plans militaire, économique et moral.

Les motivations de la tournée africaine de Charles de Gaulle tiennent à deux fils :

1– Ramener l’élite africaine dans le camp

du « Oui » à la Communauté franco-africaine ;

2– Rattraper le retard pris par la France sur les États-Unis et le Royaume-Uni dans le débat colonial.

Les motivations du 25 août sont surtout celles du 28 septembre. Le 25 août est une conséquence du 28 septembre bien qu’il lui soit antérieur. En effet, la tournée du mois d’août permet au général Charles de Gaulle de faire passer le « Oui » dans toutes les colonies françaises d’Afrique brisant ainsi son isolement dans le débat colonial.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des mouvements indépendantistes se multiplient dans les colonies d’Afrique. Le gouvernement français choisit de les réprimer durement, comme à Sétif en Algérie (1945) ou à Madagascar (1949). La situation est particulièrement délicate en Afrique du Nord. Si le Maroc et la Tunisie obtiennent leur indépendance sans trop de violences (1956 et 1957), l’Algérie ne se libère qu’après une longue et meurtrière guerre de décolonisation (1954-1962).

La création du parti panafricain, le Rassemblement démocratique africain (R.D.A.), révèle la volonté unanime des élites des colonies françaises d’Afrique équatoriale et occidentale de mener les colonies à l’indépendance sans conditions.

Le retard de la France dans le débat colonial se mesure par le fait que déjà en 1941, en pleine guerre, le premier ministre britannique, Winston Churchill, et le président américain, Franklin Delano Roosevelt, promulguent la Charte de l’Atlantique, par laquelle ils promettent à tous les peuples coloniaux, essentiellement ceux des colonies britanniques et françaises d’Afrique noire, le droit de choisir leur forme de gouvernement, une fois gagnée la guerre contre les puissances de l’Axe.

Pour ne pas être en retrait par rapport aux promesses anglo-saxonnes, il est indispensable pour la France de se montrer elle aussi attentive aux aspirations des populations africaines. La part prise par les Africains dans les combats, entre autres durant la campagne d’Italie, le justifie amplement. A leur égard, la France a contracté « une dette de sang ».

Ainsi est tenue la Conférence de Brazzaville, du 30 janvier au 8 février 1944 : « Pour conduire par la route des temps nouveaux 60 millions d’hommes qui se trouvent associés à 40 millions de [Français]… Pourquoi ? En premier lieu parce que c’est la France. … Ensuite parce que c’est dans les terres d’Outre-mer et dans leur fidélité qu’elle a trouvé son recours et sa base de départ pour sa libération ».

Pourtant, il ne faut jamais l’oublier, la France ne voulait pas et n’a jamais voulu l’indépendance de ses colonies africaines. C’est bien le lieu d’enseigner les détracteurs du « Non » légendaire de la Guinée.

En effet, à la Conférence de Brazzaville, Charles de Gaulle voulait bien sûr : « Conduire les 60 millions d’associés par la route des temps nouveaux », mais avec une restriction importante : « Les fins de l’œuvre de civilisation accomplie par la France dans les colonies, dit-il, écartent toute idée d’autonomie, toute idée d’évolution hors du bloc français de l’Empire ; la constitution éventuelle -même lointaine- de self gouvernements dans les colonies est à écarter ».

C’est donc dans sa campagne pour le « Oui » en faveur de la Communauté franco-africaine, c’est-à-dire en faveur de la soumission, que le président du Conseil du gouvernement français, le général

Charles de Gaulle, a séjourné à Conakry, les 25 et 26 août 1958, à la tête d’une importante délégation gouvernementale de la République française.

Il faut que les complices de la France coloniale s’en convainquent que si la Guinée n’avait pas osé, si elle n’avait pas donné l’exemple, l’Afrique serait encore dans le carcan. Et comme les êtres humains sont des êtres libres et indépendants, et qu’ils inventent eux-mêmes leurs critères moraux, la seule chose qu’on puisse leur demander est d’être loyaux envers leurs propres critères et valeurs. Le courage et la détermination des populations de la Guinée française ont été le stimulant pour les autres populations africaines à réclamer leur indépendance sans conditions. Ainsi la Guinée se positionne comme la locomotive, le promoteur, des indépendances des colonies occidentales en Afrique.

  1. Les significations de la date du 25 août 1958

Le 25 août 1958 revêt une triple signification pour la Guinée et pour l’Afrique :

a– C’est d’abord la date du refus. Selon le dictionnaire, refuser c’est ne pas accepter ce qui est proposé, présenté. Logiquement donc, le 25 août 1958 marque le refus par la Guinée de la Communauté franco-africaine, de la Constitution de la Vème République française. Un exemple qui honore le continent africain. On ne dira jamais plus que les Africains, dans l’ensemble, étaient tous des moutons de Panurge.

b– Ensuite, cette date marque le début de la lutte de libération de la Guinée. À partir de ce moment, la colonie est en guerre avec sa métropole ; une guerre qui ne dure tout juste que trente-cinq (35) jours, du 25 août au 28 septembre 1958.

c– Enfin, le 25 août 1958 montre bien qu’une allocution peut avoir la puissance de frappe d’une armée aussi puissante soit-elle. En effet, la partition la plus importante de la lutte de libération de la Guinée s’est jouée précisément pendant l’allocution de Sékou Touré, Secrétaire général du Parti démocratique de Guinée (PDG) et Vice-président du Conseil du gouvernement de la Guinée française, ce jour-là.

 La lutte de libération de la Guinée française

Il y a bien eu lutte de libération en Guinée dans la mesure où le colonialisme français n’a pas croisé les bras après la déclaration d’intention des dirigeants guinéens, le 25 août 1958. Pour preuve, le 25 septembre 1958, bien avant le rejet de la Communauté franco-africaine par la

par la Guinée, le 28 septembre 1958, le Haut-Commissaire de France en Afrique occidentale française (1958-1959), Pierre Messmer, décidait : « … Sous prétexte d’assurer la sécurité des Français le jour du référendum, j’envoie à Conakry … à bord d’un navire de la marine nationale une compagnie de parachutistes dans laquelle un solide commando a l’ordre écrit et signé de ma main de se faire remettre les milliards [de francs] et de les transporter aussitôt à bord du navire qui les ramènera à Dakar… ».

Pour feu Jean-Marie Doré, ancien Président du parti politique « l’Union pour le progrès de la Guinée » (U.P.G.) : « … La Guinée ayant osé défier le général Charles de Gaulle, ayant osé défier la France, il fallait mettre à genou le peuple de Guinée, faire échouer l’action de Sékou Touré… ».

Enfin, pour Aimé Césaire : « … Il faut se garder de la mystique de la violence. Il n’y a pas dans l’héroïsme une vertu telle qu’elle seule puisse fonder la cité. On aura pris l’effet pour la cause. Et si la guerre, comme rien d’autre, cimente l’indépendance, ce n’est pas par la vertu du sang répandu mais par la vertu de la mobilisation qui a rendu un peuple capable de répandre son sang. Or, si la guerre n’a pas eu lieu, c’est que la mobilisation du peuple de Guinée par Sékou Touré l’a rendue inutile. »

La tournée africaine du général Charles de Gaulle en août 1958 s’inscrit dans le cadre de la campagne en faveur du

Oui » à la Communauté franco-africaine, à la Constitution de la Vème République française. Politiquement, la tournée relève du référendum du 28 septembre qui permet à la France de rattraper son retard dans la décolonisation, un retard vivement souhaité et entretenu par elle.

  1. Les principaux acteurs de l’évènement historique du 25 août 1958

Palais de l’Assemblée territoriale de la Guinée française, le 25 août 1958, de gauche à droite : Sékou Touré lisant son allocution, Charles de Gaulle et Saïfoulaye Diallo.

Le 25 août 1958 a planté le jalon de l’engagement de la Guinée française à voter « Non » au référendum gaulliste du 28 septembre 1958. Les principaux acteurs de cette partition de la lutte des dirigeants et des populations pour l’indépendance ont été : 1– La population massée dans et autour du Palais de l’Assemblée territoriale de Boulbinet ; 2– Saïfoulaye Diallo, Président de l’Assemblée territoriale de la Guinée française ; 3– Sékou Touré, Vice-président du Conseil du gouvernement territorial de la Guinée française et Secrétaire général du Parti démocratique de Guinée (P.D.G.) ; 4– Charles de Gaulle, Président du Conseil du gouvernement de la République française.

Les populations de Conakry, massées tout au long des 15 km de la route du Niger (Aérodrome de Conakry-Place Monument aux Morts) empruntée par le général, ont réservé un accueil mémorable à la délégation du gouvernement français. Mais c’est surtout le Palais de l’Assemblée territoriale qui a marqué d’un emprunt particulier la date glorieuse du 25 août 1958. Ce qui s’y est passé mérite mieux d’être analysé que raconté.

Dans sa tournée africaine, le général de Gaulle a réussi à faire basculer dans le camp du ‘’Oui’’ la totalité des dirigeants des colonies visitées. En Guinée française, il en espérait autant. C’était sous-estimer la détermination des dirigeants guinéens à œuvrer pour le « Non » et méconnaître la mobilisation des populations guinéennes derrière leurs dirigeants.

Dans le Palais de l’Assemblée territoriale, Saïfoulaye Diallo annonce la couleur de ce qui allait être l’os dans la gorge du général de Gaulle jusqu’à sa mort en 1970, en ces termes : « … Vous avez devant vous des patriotes résolus à travailler pour le bien-être matériel et moral de leur patrie africaine… Loin d’être un élément de discorde, nos patriotismes respectifs constituent, plutôt, le sûr garant d’attachement durable, le facteur encourageant d’une alliance sincère et réelle, le motif rassurant d’une association libre et fraternelle à bases égalitaires… ».

Au premier coup d’œil, rien d’anormal dans cette partie de l’allocution. Pourtant, la première phrase ne mentionne pas la Guinée française, mais plutôt la patrie africaine. La dernière phrase donne bien à réfléchir même si elle ne parle pas d’indépendance. Dans la conception africaine, égalité est synonyme de liberté, d’indépendance vis-à-vis de l’autre : « …le motif rassurant d’une association libre et fraternelle à bases égalitaires… ».

Et vint l’allocution de Sékou Touré qui a vraiment fait mal au général Charles de Gaulle. Trois éléments de l’allocution et le ton emprunté par Sékou Touré ont fait comprendre au général que la Guinée est une colonie à part qui sait ce qu’elle veut et n’est pas du tout disposée à le ménager.

Premier élément : À la proposition de Charles de Gaulle : « Les territoires d’Afrique auront la pleine et entière liberté de leurs instituions et de leurs gouvernements à l’intérieur d’eux-mêmes… », Sékou Touré répond : « Nous avons quant à nous, un premier et indispensable besoin, celui de notre dignité. Or, il n’y a pas de dignité sans liberté, car tout assujettissement, toute contrainte imposée et subie dégrade celui sur qui elle pèse, lui retire une part de sa qualité d’Homme et en fait arbitrairement un être inférieur… ».

Deuxième élément : À l’autre proposition du général : « … Ils [les Territoires africains] mettront en commun, dans un domaine qui appartiendra à tous, la défense, la politique économique, des matières premières, … »,

Sékou Touré rétorque sans ambages : « Nous ne renonçons pas et ne renoncerons jamais à notre droit légitime et naturel à l’indépendance car, à l’échelon franco-africain, nous entendons exercer souverainement ce droit… ».

Troisième élément : Pour terminer de mettre le général hors de lui-même, Sékou Touré proclame : « … Nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage. Ce qui est vrai pour l’Homme l’est autant pour les sociétés et les peuples… ». Comme pour dire que la Guinée est prête à tout pour tourner la page sombre de son histoire même si pour cela il faut boire le calice jusqu’à la lie.

Enfin, la fermeté de ton de Sékou Touré et le choix péremptoire du « Non », annoncé avant la lettre surprennent et irritent le général de Gaulle. Il ne pouvait s’imaginer qu’il existe, dans une colonie française, un homme suffisamment audacieux, voire prétentieux, pour s’adresser à lui sur ce ton et en ces termes.

  1. La gifle de Sékou Touré à Charles de Gaulle

L’allocution de Sékou Touré est la réponse au discours de Charles de Gaulle prononcé en septembre 1958, à l’occasion de l’anniversaire de la République française.

Pendant l’allocution de Sékou Touré, le premier des acteurs de l’évènement, la population massée dans et autour du Palais, a pleinement joué son rôle. Les conséquences sur le président du Conseil du gouvernement français étaient clairement visibles : « … Nous avons vu en direct le général blessé, chancelant littéralement … Curieusement, plus que le texte même de Sékou, c’est l’atmosphère qui régnait dans cette salle qui créa le drame. Jamais je n’avais connu pareil déchaînement lorsque le chef de la Guinée déclara « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage… ». Je voyais le général profondément atteint pour la première fois en public… Comme nous, le général s’était senti humilié. Mais pour lui, bien sûr, c’était la France qui avait été humiliée par ce jeune leader. Il fallait lui en faire payer cher le prix. » (Jean MAURIAC, journaliste, attaché à l’Élysée, membre de la délégation française)

Enfin, ce que le général Charles de Gaulle répondra à l’allocution de Sékou Touré dira long sur la nature des rapports futurs

entre la République de Guinée et la République française. Il a, tout au long de son discours, menacé et mis en garde les dirigeants et les militants guinéens en ignorant royalement ses hôtes. « …Cette Communauté, la France la propose ; personne n’est tenu d’y adhérer. On a parlé d’indépendance, je dis ici, plus haut encore qu’ailleurs, que l’indépendance est à la disposition de la Guinée. Elle peut la prendre, elle peut la prendre le 28 septembre 1958 en disant « Non » à la proposition qui lui est faite et dans ce cas je garantis que la Métropole n’y fera pas obstacle. Elle en tirera, bien sûr, des conséquences…La France, un pays qui répond volontiers à l’amitié et aux sentiments et qui répond, dans un sens opposé, à la malveillance qui pourrait lui être opposée… ».

Que dire de l’allocution de Sékou Touré ?

Nous donnons la priorité à André Lewin, diplomate chevronné, artisan de la réconciliation guinéo-française et auteur de plusieurs livres sur Sékou Touré : « Si on en lit le texte à tête reposée, sans passion, avec le recul du temps, ce discours n’a rien qui puisse choquer ou surprendre. Mais, dans l’atmosphère du moment, l’appel à la reconnaissance de la dignité du peuple africain, le rappel du concours des soldats africains « à la cause de la liberté des peuples et de la dignité humaine » en Europe, le procès de la colonisation, l’exigence du droit à l’indépendance et à l’égalité juridique et du « droit au divorce sans lequel le mariage franco-africain pourra être considéré dans le temps comme une construction arbitraire imposée aux générations montantes », peuvent être interprétés comme autant de provocations ». (André Lewin, Ahmed Sékou TOURÉ, Tome 2, 2009, p. 96)

 Félix Houphouët-Boigny, ancien président de la République de Côte d’Ivoire, le pire détracteur de l’indépendance guinéenne, approuve et fait sien l’esprit de l’allocution du 25 août 1958 de Sékou Touré, trente-un ans après : « Comme un lointain écho à cette formule qu’il désapprouvait alors [Nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage], Félix Houphouët-Boigny dira en 1989 au cours d’une émission de télévision ‘’Espace francophone’’ de Dominique Jamet : « Il n’est personne, même si l’esclavage est doré, qui ne veuille sortir de l’esclavage ». (André Lewin, Ahmed Sékou TOURÉ, Tome 2, 2009, p. 96)

Qu’a pensé Sékou Touré lui-même de son allocution ?

« Le général avait été impressionné en tant qu’homme par l’accueil enthousiaste du peuple de Conakry (à l’Assemblée territoriale), il n’était pas nerveux, mais quand j’ai pris la parole, j’ai tout de suite senti un changement intervenir dans son visage. Je ne pense pas que le choix de l’indépendance ait choqué le général de Gaulle, mais la forme, l’expression qui 

étaient les miennes, ont dû provoquer un choc en lui. » (André Lewin, Ahmed Sékou TOURÉ, Tome 2, 2009, p. 95)

Enfin, les responsables du Parti démocratique de Guinée (P.D.G.), au cours d’une réunion à l’Assemblée territoriale, le 26 août 1958, ont voté une motion pour dire que Sékou Touré et Saïfoulaye Diallo ont exprimé les sentiments de la population et qu’eux responsables du parti : « … approuvent sans réserve le fond, la forme et les termes des interventions faites le 25 août 1958 en présence du général de Gaulle au nom du Bureau Politique du PDG-RDA par le président de l’Assemblée territoriale et le président du Conseil de gouvernement de la Guinée. »

Le « Non » que le président du Conseil du gouvernement français, lui-même, a proposé à la Guinée sera considéré par la suite comme une malveillance qui mettait la Guinée sous les projecteurs de l’actualité nationale et internationale. Comme proposé par le président du Conseil du gouvernement de la République française, le général Charles de Gaulle, la Guinée répondra effectivement « Non » le 28 septembre 1958 pour devenir immédiatement indépendante.

Que le travail, la justice et la solidarité soient la sève nourricière de l’État de Guinée !

 Me Alpha Oumar SY SAVANÉ

Géographe internationaliste