Commune de Kassa : Abou Samanké fait le bilan de ses 100 jours  et dévoile d’autres innovations en cours  

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Installé depuis  le mardi, 06 juillet 2021, comme le président de la délégation spéciale de la mairie  de Kassa communément les ‘’ îles des Loos’’, devenue la 6ème commune de la ville de  Conakry, Abou Samanké , dans un entretien accordé à notre rédaction le week-end dernier , a dévoilé sans détour le bilan élogieux de ses 100 jours à la tête de la dite mairie. Au cours de cet entretien, notre interlocuteur a même laissé entendre qu’il a des projets d’innovations qui sont en cours  et  qu’ils contribueront de plus au développement socio-économique de ces magnifiques îles des Loos. 

 

Concernant le cas social, le président de la délégation spéciale de la mairie  de Kassa, Abou Samanké a indiqué à  ce propos ceci : «depuis notre prise de fonction le 06  juillet 2021 précisément à Kassa, avant cette période, vous avez dû  constater les remous  sociaux dans les ‘’Îles de Loos’’, provoqués par certains pervers et autres, se faisaient entendre à chaque moment. Mais, mon arrivée à la tête de cette commune, ma première des choses, c’était de réunir tous les fils et toutes les filles de la localité, afin de conjuguer le même verbe, parler le même langage. Dieu merci, avec la collaboration de mes conseillers, les sages et autres,  on a pu vaincre ce mal qui était la division  sociale semée par les opportunistes qui voulaient à tout prix s’approprier des îles ».

A-t-il ajouté : « par ailleurs, avec l’évolution du temps et l’éducation des uns et des autres, on est parvenu à un bon résultat. Forces est de  constater aussi la mobilisation des insulaires à l’interne comme à l’externe en Guinée comme ailleurs, ils se sont tous donnés la main et cela nous a même donné l’occasion de connaître  certains qui étaient même cachés à travers le monde ».

« Physiquement, au moment où notre équipe venait à la commande de cette commune qui était  une sous-préfecture depuis 2014 dont j’ai pris l’arène le 24 décembre 2020. Ensuite le 16 mars 2021 l’assemblée nationale avait voté une loi érigeant la sous-préfecture de Kassa en 6ème commune urbaine  de la ville de Conakry. Cette loi fut promulguée le 06 avril 2021 et le 24 juin 2021, mes conseillers et moi, avons été choisis et  ensuite, on a été    intronisé le 06 juillet 2021, au commande  de la mairie de ces îles de Loos », a-t-il expliqué.

Selon le chef de la délation de ladite commune : « au moment où nous avons pris les commandes de cette commune, le siège dont vous voyez, n’avait même pas de chaises. Quand on a convoqué une réunion, on était obligé d’aller en ville comme dans les cérémonies des tierces personnes pour louer des chaises et autres logistiques. Mais aujourd’hui  ça,  c’est une affaire antérieure parce que vous avez constaté les nouveaux équipements logistiques ».

Poursuivant,  Abou Samanké a également indiqué en termes : « Même au niveau de l’Agence de Financement des Communes de Conakry (AFICOM), la commune de Kassa n’était pas enregistrée mais on s’est battu pour être dans le lot de l’AFICOM malgré qu’on ait pris le train en marche. Les autorités d’alors,  nous ont reconnus. Du coup,  je remercie d’ailleurs le Ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) parce qu’aujourd’hui, la commune de Kasa fait partie du projet de l’AFICOM sans attendre l’année 2022 » .

Concernant sur le plan sportif, le maire de la commune de Kassa  a laissé entendre que « malheureusement qu’on n’a pas visité le centre Olympa. Avant, les parents d’élèves  avaient beaucoup de difficultés pour contrôler leurs enfants. Mais avec le directeur du centre Olympa, on a fait des réunions, des rencontres et Dieu merci, sur les îles vous trouvez des équipes féminines de football. Pendant ces vacances, il y a eu plusieurs compétitions féminines à travers les îles. Et le sport, l’éducation comme avant vont maintenant de pair. Si l’enfant n’est pas à l’école, il se retrouve au centre sportif donc ça déjà,  c’est une avancée ».

Réhabilitant la radio locale qui n’y émettait plus, notre répondant a souligné ceci : « avant notre arrivée, il pouvait faire une semaine sans que la radio n’émette parce qu’il n’y avait pas de groupe électrogène. Parce qu’il n’y a pas l’EDG ici mais je leur  ai doté d’un groupe électrogène tout neuf qui fait que cette radio locale émet ce qu’il fait aujourd’hui la joie des insulaires ».

Sur le plan éducatif, il a mentionné : « comme vous le savez, je suis très attaché à ce secteur-là parce que pour moi, c’est le seul moyen d’éradiquer  la pauvreté et la délinquance juvénile  et,  le développement passe impérativement par cette voie. En dépit de l’école que j’ai construite avec mes amis, les corses de la France,  aujourd’hui à l’heure où je  vous parle,   les ouvriers sont en train de faire  la fondation de la nouvelle école de Rogbane ».

Car, dit-il : « ceci dit que notre objectif est de doter ou d’améliorer physiquement chaque village d’une école. Nous avons aussi entamé la construction d’un centre informatique à travers le don d’une entreprise qui nous a dotés des ordinateurs et accessoires informatiques et mettre à notre disposition  un formateur, c’est une véritable avancée.

Avant de dire qu’à « cette ouverture des classes, on a fait une opération qui nous a permis de doter les écoles des Îles de Loos de fournitures scolaires. Au moment où je vous parle, on a même un stock considérable qui nous été offerts par le Système des Nations Unies lors de leur 76ème anniversaire de leur indépendance ».

Evoquant le cas sur le plan sanitaire, Abou Samanké a signalé en termes : «  on peut citer entre autres la dotation des centres de santé de médicaments parce qu’au moment où on venait les citoyens se plaignaient qu’ils étaient inaccessibles aux médicaments parce que c’était coûteux. Mais fort heureusement, avec la multiplication des réunions avec certains centres de santé des îles, on est parvenu à un résultat qui consiste à leur doter des produits de premières nécessités ».

«De nos jours, tous les centres de santé des autres îles viennent se ravitailler au niveau du centre de santé de Kassa qui est le centre régulateur des îles. D’ailleurs notre lutte, c’est de transformer ce centre de santé en Centre Médico Communal (CMC) », a souligné Abou Samnaké.

Poursuit-il : « aussi avec l’agence belge ENABEL, on a beaucoup avancé dans les projets de réhabilitation des différents centres de santé dans les îles parce que notre premier objectif est de redonner un visage propre aux différentes infrastructures sanitaires de Kassa (Fotoba, Rogbane, Tamara, Rome et Kassa) et la construction d’un centre de santé à Sorô qui va servir également Mangué. L’un des objectifs de cette équipe, c’est de rapprocher les services sociaux de base aux populations ».

Sur le plan environnemental, on a procédé au mois d’août  et septembre à une vaste campagne de reboisement dans toutes les îles malgré qu’on soit dans une végétation exceptionnelle mais on s’est dit que ça ne suffit pas avec la menace mondiale qu’on connaît aujourd’hui du changement climatique il faut qu’à même planter beaucoup d’arbres.

Equant le cas sur le plan sécuritaire, il a souligné aussi ceci : « avec l’AFICOM et le Ministère de l’Administration  du territoire et de la Décentralisation,  à travers la direction nationale de la garde communale, on a presque techniquement et théoriquement tout mis en œuvre pour le recrutement d’au moins 50 gardes communaux pour couvrir toutes les îles. En plus, nous avons la police nationale, la gendarmerie, et d’autres qui sécurisent les îles.

Au niveau du secteur de la pêche, « comme vous le savez, c’est notre activité principale, nous sommes en train de nous bousculer pour avoir des projets qui s’inscrivent dans le cadre de la création du port artisanal de pêche comme Boulbinet, Bonfi, et tant d’autres.  Parce qu’il  n’est pas normal que les autres bénéfices de ces infrastructures en laissent les insulaires alors que nous,  notre activité c’est la pêche. Par exemple, si vous avez besoin même d’un morceau de glace, il vous faut aller à Boulbinet ».

Sur le plan de  l’assainissement, il a signalé que « les débarcadères n’avaient  pas de latrines publiques  et cela n’est pas normal. Donc,  on a monté des projets par rapport à cet état de fait sans compter les journées d’assainissement qu’on a lancé et nous en  avons obtenu gain de cause ».

« D’ailleurs, c’est un processus que nous n’allons pas arrêter parce que, nous avons un objectif qui est celui d’épargner les îles de toutes les ordures. Pour ce, je tire chapeau aux femmes qui ont adhéré à  cet idéal parce que selon elles, quand on parle de propreté on parle des femmes. Dans chaque secteur, il y a des groupements de femmes qui balaient leurs secteurs, leurs villages et les points noirs sont recensés et connus »., a-t-il lancé

Sur le plan de la réalisations des projets en cours, notre interlocuteur nous apprend ceci : «  par rapport au montage des projets,  aux jours d’aujourd’hui, il n’y a pas de parc d’attraction pour les enfants mais, on a monté des projets par rapport à cela, c’est e, ce sens qu’on a identifié des espaces au sein des îles, à l’image  des parcs d’attractions comme le jardin du 02 octobre par exemple » .

Au niveau du marché, « on a un espace qui n’est pas encore exploité. On a monté pas mal de projets qui sont avec nous et les villages, les quartiers ou les secteurs sont identifiés. Quand vous prenez l’île de Fotoba, la maison des jeunes de Tamaran, en parlant de ces maisons des jeunes de nos jours, elles ne  sont pas conformes à celles où il y a des bibliothèques,  des salles d’informatique et ensuite des salles de spectacles  et tant d’autres. Donc, on a besoin de ceux-ci aux îles. Nous sommes en train de se battre », a-t-il dit.

Il a      aussi dit : «  c’est le lieu d’ailleurs  de lancer un appel à tous les ressortissants des îles  qui vivent à Conakry, en Afrique, en Europe ou en Amérique  de s’organiser pour faire face au développement des îles de la nouvelle commune » .

 

Dit-il : « mais, malgré tout,  on travaille et il y a des réalisations qui viennent de nous-mêmes. On se dit qu’il faut mettre le paquet parce que c’est chez nous. On a créé des commissions de travail tout récemment, il y a même eu des remaniements au niveau des chefs de secteurs et leurs adjoints en tous les cas toutes les équipes administratives dans les différents secteurs ont été remaniées et d’autres ont été reconduites parce que, si tu n’es pas animé de la volonté, tu n’es pas engagé et dynamique, on ne peut pas travailler ensemble parce que on veut un bon résultat ».

Concernant le côté du tourisme : « il y a lieu de dire que  nous avons convoqué les tenanciers des hôtels, des bars, motels et autres qui sont franchement prêts à nous accompagner.

Poursuivant, il a aussi  lancé un appel pressant à l’endroit des nouvelles autorités du pays (CNRD), disant ceci : « l’appel que j’ai a lancé à l’endroit des nouvelles autorités malgré qu’ils  sont des admirateurs des amis des îles, Aujourd’hui, ils sont aux affaires, c’est pour tout le pays. J’attirerais leur attention sur la situation géographique des îles de Loos. Par exemple, au niveau de l’électricité, il faudrait qu’il y ait un petit investissement pour doter ces îles de l’électricité de l’eau courante qui valent  mieux que mille projets d’ailleurs. Parce que Kassa constitue la vitrine de Conakry. Il n’est pas donné à n’importe quel pays d’avoir des îles dans sa capitale. Vous voyez à 10 à 20 minutes de la capitale, vous atterrissez sur un trésor et, si ce trésor est bien entretenu, bien développé, cela y va dans l’honneur et la fierté de tout le pays ».

C’est pourquoi, dit-il : «  j’ai demandé à mes collègues de ne pas se décourager et Dieu merci, la nouvelle autorité au niveau du gouvernorat de la ville de Conakry Mme la gouverneure M’ Mahawa Sylla qui tient à bras le corps le développement rapide des îles de Loos. Elle veut même que ses premières actions de développement commencent par les îles de Loos. Pour illustrer, elle vient d’avoir des poteaux solaires et dès qu’elle les a reçus, elle a directement pensé de les envoyer aux îles de Loos. Mais, j’avoue d’ici le début de l’année prochaine, les projets vont pleuvoir sur les îles de Loos et même les nouvelles autorités s’en sont conscientes ».

A noter que selon le chef de la délégation de la commune de Kassa : depuis l’installation à la tête de ladite mairie, ils n’ont bénéficié d’aucune  mesure d’accompagnement, ni budget de fonctionnement à plus forte raison d’investissement.  « Nous voulons que les nouvelles autorités du pays nous aident à avoir un budget de fonctionnement pour atteindre nos objectifs majeurs », a-t-il enfin plaidé.

Reportage réalisé par Léon KOLIE