DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE DU GOUVERNEMENT : LE PREMIER MINISTRE JUSTIFIE L’AVENEMENT DU CNRD

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Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Dr Bernard Goumou a décliné  la Politique générale du Gouvernement, devant les Conseillers Nationaux de la Transition en présence  des différentes Institutions Républicaines , des membres du CNRD, des membres du Gouvernement ,  des missions   diplomatiques accréditées en Guinée, des partis politiques et organisations de la société civile.

Premier ministre devant les conseillers nationaux de la transitionpresident

Dans son discours d’ouverture des travaux, le Président du Conseil National de la Transition, a indiqué que la date du 14 Décembre 2022 ouvre une page décisive de l’histoire de l’application responsable et de la mise en œuvre éclairée de la Charte de la Transition. Il a rappelé qu’en répartissant les rôles et missions des organes de la transition, l’article 52, Prescrit au Premier ministre la charge d’élaborer et de soumettre au Président de la Transition ‘’ le plan d’action de la feuille de route du Gouvernement de transition ‘’. Et indique, d’autre part, en son article 57, que parmi les missions du Conseil National de la Transition figure celle ‘’de suivre la mise en œuvre de la feuille de route de la Transition ‘’.

« Si, de manière express, la Charte n’impose pas au Premier Ministre l’obligation de prononcer devant le CNT un discours politique, par lequel il expose les grandes orientations liées à la feuille de route du Gouvernement de transition, cependant, elle prévoit explicitement que le suivi de la mise en œuvre de cette feuille de route est une des missions fondamentales du CN T ». Conclut-il .

D’entrée de jeu, Dr Bernard Goumou a au nom des membres du Gouvernement et à son nom propre, réitéré toute sa profonde gratitude au Chef de l’Etat pour leur avoir donné l’opportunité de servir la Guinée sous son magistère en un moment particulier de son histoire. Ensuite, il a rappelé l’étendue de la mission ultime fixée par le Président de la transition et du CNRD qui est le rétablissement d’un régime respectueux de l’Etat de droit, doté d’institutions solides et stables.

Le Chef du gouvernement de la transition a également évoqué les insuffisances avant l’avènement du CNRD au pouvoir le 5 septembre 2021, qui est la conséquence de l’indifférence des tenants de l’autorité publique face aux besoins et aux souffrances du peuple guinéen qui a permis à tous les travers de la mal gouvernance « (…) Devant cette situation sans issue apparente, nos Forces de Défense et de Sécurité, elles, ne sont pas restées indifférentes. Le 05 septembre 2022 elles ont pris la responsabilité.

…Elles ont décidé de mettre en place une gouvernance vertueuse en vue de promouvoir un développement inclusif et durable ». Ensuite, il a fait une comparaison entre la gestion du gouvernement précédent et le sien avant de rappeler que l’atteinte des objectifs assignés au Gouvernement, exige de refonder l’Etat, de sauvegarder les valeurs républicaines, de réconcilier le peuple et de poser les bases d’un développement durable, au regard de l’extrême fragilité de l’Etat.

Sur le plan diplomatique, le Chef du Gouvernement a rappelé la position de la Guinée depuis le 05 septembre 2022.

« Dès le 05 septembre 2021, la position de notre pays a été réaffirmée, à savoir : le respect des Accords et Conventions internationaux auxquels la Guinée est partie Prenante, le développement des relations amicales, la participations de la Guinée dans les instances internationales (…) l’ouverture des frontières, en respect des accords de la CEDEAO et en raisons des complémentarités humaines et économiques ».

Dans la deuxième partie de son discours, le Chef du Gouvernement s’est penché sur les actions et acquis du gouvernement du CNRD après l’obtention d’un accord avec la CEDEAO dans un compromis dynamique sur la durée de 24 mois et de son chronogramme. Parmi ces acquis on peut citer entre autres :

  • L’appui international des Partenaires Techniques et Financiers au développement ;

Sur le plan institutionnel

  • La promulgation de la charte de la Transition ;
  • La mise en place de la CRIEF ;
  • L’organisation et le démarrage effectif du procès du 28 septembre après 13 ans ;
  • L’organisations des Assisses nationales ;
  • La mise en place du cadre de dialogue ;
  • Le démarrage du processus de recensement. etc.

Au niveau du cadre macro-économique, le Gouvernement a créé des mécanismes innovants pour accroitre la mobilisation des ressources et conduire une politique de gestion rigoureuse des finances publiques en vue de la consolidation des équilibres macroéconomiques . À ce niveau , plusieurs  actions ont été menées. Il s’agit notamment de :

La garantie de la rationalisation de la gestion des dépenses communes et la maitrise des exonérations ;

Le paiement significatif des arriérés intérieurs à plus de 2 420 milliards GNF en 2022 contre 1 282 milliards GNF en 2021 ; la réduction de l’endettement du trésor public auprès de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) qui passe de 2 000 Milliards GNF remboursés en septembre 2021 à une situation positive de plus de 500 milliards GNF ; La mobilisation de l’épargne intérieure par l’émission des premières Obligations du Trésor à hauteur de 731,5 milliards GNF, L’appréciation de près de 30% du Franc Guinéen par rapport aux devises étrangères (1USD = 8400 GNF, 1 EUR = 8650 GNF); L’opérationnalisation du fonds de développement agricole (FODA) avec l’allocation budgétaire de près de 185 milliards GNF;

La mise en place du Fonds de garantie aux entreprises avec une allocation budgétaire de 50 milliards GNF, l’opérationnalisation du Code des investissements, etc.

Quant aux Actions Sociales Emploi et Employabilité, le Gouvernement s’est attaché à la mise en œuvre d’action visant à renforcer la cohésion nationale, la justice sociale et l’employabilité en vue de résorber le chômage endémique des jeunes.

Après le diagnostic des actions et acquis par axe dans les deux premières parties de la déclaration de Politique générale, le Chef du Gouvernement a présenté dans la dernière partie, les perspectives et défis qui définissent l’action publique sur les trois (3) prochaines années 2023 – 2025. Pour ce faire, le Gouvernement a doté le pays d’un cadre de référence guidant toutes les actions pour le développement socio-économique de la Nation appelé (PRI) Programme de Référencement Intérimaire qui consiste à :

  • Décliner de manière opérationnelle, la feuille de route du Gouvernement en actions cohérentes dans les différents secteurs ;
  • Disposer d’un référentiel unique pour l’allocation des ressources budgétaires ;
  • Doter le Gouvernement, d’un support de dialogue avec les partenaires ;
  • Définir un cadre de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre des actions découlant de la feuille de route.

Il a également indiqué que les choix stratégiques du PRI sont sous-tendus par un état des lieux, basé sur les tendances démographiques, environnementales et macroéconomiques et se reposent également sur une analyse diagnostic centrée sur la fragilité multidimensionnelle de la Guinée, qui mettent en exergue les trois (3) défis (Institutionnels, Infrastructurels et Transformationnels).

De l’avis de  Dr Bernard Goumou, le PRI est matérialisé par un document structuré en deux grandes parties (les narratifs et les annexes). Puis, il a ajouté  que la première année de la mise en œuvre du PRI, le Gouvernement a inscrit dans le projet de Loi de Finances (PLF) les actions comme :

Apporter un soutien à l’activité et aux ménages à travers la mise en œuvre du Plan de Relance Economique ; L’amélioration de la qualité des dépenses qui se situeront à 360 050 milliards GNF en 2023 dont 15 285 milliards en dépense d’investissement, soit 44%.

Pour la mise en œuvre du chronogramme de la transition, 97 milliards seront affectés au recensement général de la population et 400 milliards à la préparation des élections, 130 milliards à l’assainissement et 1 200 milliards aux services déconcentrés.

Parlant du budget, le premier ministre a fait remarquer que  le déficit budgétaire s’établira autour de 4% du PIB pour les deux prochaines années ; l’amélioration des dépenses des secteurs de la Santé et l’Education devraient atteindre 13% et 14% ; le développement rural (agriculture, environnement, pêche et élevage) 10% en application des engagements de Maputo et de Malabo.

Dans les projections, les recettes sont estimées à 27 856 milliards GNF en 2023 et 31 099 milliards GNF 2024.

Pour finir, le Premier ministre, Chef du Gouvernement a assuré que les engagements du Président de la Transition, seront fidèlement mis en œuvre afin de mettre le Peuple et la Nation au cœur de la mission de l’Etat, renforcer leur résilience aux défis d’aujourd’hui et de demain . L’objectif est de garantir  le développement durable et inclusif du pays. C’est pourquoi, il a réitéré la disponibilité du Gouvernement à répondre aux préoccupations qui découleront de l’examen du CNT de ces instruments programatiques de la Transition que sont le PRI et la loi de finances initiales 2023.