12 Avril 2000: début du procès de l’opposant Alpha Condé à Conakry

0
472

12 Avril 2000, 13 Avril 2021, il y’a juste 21 ans s’ouvrait à Conakry le procès de l’opposant Alpha Condé à Conakry. Alpha Condé avait été arrêté au lendemain de l’élection présidentielle de décembre 1998, à laquelle il était candidat, avant même que les résultats du scrutin ne soient proclamés. Et c’est seulement mercredi 12 avril que son procès s’ouvrait à la Cour de sûreté de l’Etat.

Au cours de ces seize mois de détention, l’opposant guinéen avait plusieurs fois cru que son procès allait s’ouvrir.

Ainsi, à la veille de la visite du président français, Jacques Chirac, à Conakry en juillet 1999, le ministre guinéen de la sécurité avait indiqué que le procès d’Alpha Condé était fixé au 7 septembre.

Le chef de l’Etat français, qui s’était ému du sort de l’opposant, avait eu la désagréable surprise d’entendre le président guinéen dire, lors d’une conférence de presse à Conakry, qu’il n’avait pas de leçon à recevoir de la France.

« Ce n’est pas en Guinée seulement qu’on met en prison, avait déclaré Lansana Conté. Tous les jours, vous êtes en train de mettre en examen, en France, tout le monde. Tel ministre, tel député est mis en examen… »

Et comme pour montrer que la Guinée entendait gérer à sa guise « l’affaire Alpha Condé », le procès ne s’ouvrit pas en septembre, ni fin octobre, comme cela avait ensuite été indiqué. « Le cas d’Alpha Condé relève d’une présomption de culpabilité », affirme Me Christian Sow, l’un de ses avocats guinéens.

« On l’a d’abord arrêté et ensuite on a cherché des chefs d’accusation », explique-t-il. De fait, le président du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) qui avait été arrêté dans un village proche de la frontière avec la Côte d’Ivoire, a d’abord été accusé de « tentative de franchissement illégal de la frontière », laquelle était fermée le temps de l’élection présidentielle, ainsi que de « violences et voies de fait envers des agents de la force publique » et de « transfert frauduleux de devises étrangères » dont il aurait été porteur au moment de son arrestation.

Mais beaucoup plus grave, Alpha Condé a ensuite été inculpé d’ « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, emploi illégal de la force armée et complicité ».

Le verdict du 12 Septembre 2000

L’opposant guinéen Alpha Condé a été condamné lundi à cinq ans de réclusion criminelle par la cour de sûreté de l’Etat à Conakry, qui le jugeait depuis le 12 avril pour atteinte à l’autorité de l’Etat.

Le jugement a été rendu après trois heures et demie de délibéré, alors qu’un important dispositif de sécurité avait été déployé autour du tribunal à Conakry.

Alpha Condé, 60 ans à l’époque et  président du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), avait été arrêté au lendemain d’une élection présidentielle à laquelle il avait été candidat face au président Lansana Conté. Interpellé près de la frontière ivoirienne, il était accusé par le gouvernement d’avoir eu l’intention de quitter le pays, afin de préparer depuis l’extérieur une déstabilisation du régime par les armes, puisqu’il avait perdu l’élection.

Ce procès très sensible de cinq mois, plusieurs fois suspendu et qualifié de “parodie de justice” par les amis de l’opposant, s’est achevé alors que les régions frontalières du Liberia et de la Sierra Leone sont visées depuis le 1er septembre, selon Conakry, par des “incursions” armées meurtrières venant des pays voisins.

Avec Le Monde