9 Février 1997- 9 Février 2021: il y’a 24 ans le célèbre écrivain guinéen William Sassine mourait

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Il y’a 24 ans jour pour jour depuis que le célèbre écrivain libano-guinéen, William Sassine, est décédé à Conakry à l’âge de 53 ans des suites d’une crise cardiaque.

Dramaturge, écrivain, romancier et journaliste, auteur de plusieurs ouvrages dont le dernier, «Le Zéhéros n’est pas n’importe qui» publié en 1996, Sassine était également chroniqueur de l’hebdomadaire satirique guinéen «Le Lynx» depuis sa création en février 1992.

Longtemps exilé en Côte d’Ivoire, en Sierra-Léone, au Gabon et en Mauritanie pendant les années 70, M. Sassine est rentré en Guinée en 1984 après la mort de l’ex-président le dictateur Sékou Touré.

Il est chevalier des arts et des lettres de la République française.

De père libanais et de mère guinéenne, il était marié à une Béninoise fonctionnaires au PNUD et père de quatre enfants.

Né en Guinée, fils d’un Libanais chrétien et d’une Africaine musulmane, longtemps professeur de mathématiques en exil, polémiste virulent dans la presse locale depuis son retour au pays natal, Williams Sassine est sans doute l’une des figures les plus originales des lettres africaines.

Il a publié (entre 1973 et 1985) quatre romans, dont Jacques Chevrier, professeur de littérature comparée à la Sorbonne, souligne à juste titre l’importance.

Le premier, Saint Monsieur Baly, raconte l’histoire d’un instituteur à la retraite, qui construit quasiment de ses mains « une école pour les pauvres ».

Le second, Le Jeune Homme de sable, narre celle du fils d’un notable révolté par les sinistres compromissions de son père. Les protagonistes du troisième, Wirriyamu, sont un écrivain tuberculeux et un albinos persécuté dans un village perdu d’une possession portugaise, dont la population sera massacrée par la soldatesque coloniale.

Quant au quatrième, Le zéhéros n’est pas n’importe qui, il retrace le destin extravagant d’un obscur bureaucrate que la mort soudaine de Sékou Touré propulse sur la scène politique.

En bref, ces personnages de Sassine sont des « marginaux ». Mais ils sont porteurs d’un message de révolte tragique ou ironique contre un monde où la cruauté côtoie le ridicule. L’œuvre de Williams Sassine, dit Jacques Chevrier, se présente ainsi comme le « récit du malheur des temps ». 

Don Mike Fofana