22 mars 2020: double scrutin sanglant et contesté en Guinée

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Il y’a un an jour pour jour le pouvoir de Conakry, sept mois avant la fin du mandat du président Alpha Condé avait organisé un double scrutin: élections législatives et un projet de modification de la Construction pour permettre à l’opposant historique de faire un 3 ème mandat.

Ce jour, les Guinéens étaient appelés aux urnes. C’était dimanche 22 mars pour un référendum constitutionnel et des élections législatives. Dans certains quartiers de Conakry, des violences ont perturbé la tenue de ce double scrutin très contesté. Au moins neuf personnes sont mortes dans la capitale, selon l’opposition.

Bureaux de vote saccagés, bulletins brûlés, affrontements dans plusieurs quartiers acquis à l’opposition : sur les réseaux sociaux, de nombreuses images témoignent des violences qui ont perturbé dimanche la tenue du double scrutin à Conakry.

Ces élections avaient déjà été reportées à la dernière minute il y a trois semaines, dans un climat de vives tensions et après des mois de protestations.

Très contesté par la communauté internationale, le scrutin était également boycotté par l’opposition, qui accuse le président Alpha Condé de se frayer une voie vers un troisième mandat, en voulant faire adopter une nouvelle Constitution.

Ce dimanche, selon le Front national de défense de la Constitution (FNDC) qui a appelé au boycott, au moins onze personnes ont été tuées dans une “répression sanglante” dimanche 22 mars, “dont neuf à Conakry, une à Mamou et une à N’zérékoré”.

Les autorités comptabilisent quatre personnes décédées à Conakry dimanche, dont deux dans les violences et deux autres “par accident et par arrêt cardiaque”.

Selon RFI, le vote s’est en effet globalement bien passé à Kaloum, dans le centre-ville, à Dixinn et à Taouya. C’est en haute banlieue que de violents affrontements ont éclaté entre pro et anti-référendum. Des échanges de jets de pierre face à des tirs de gaz lacrymogènes ont été observés dans plusieurs quartiers et des bureaux de vote ont été saccagés.

En haute banlieue de Conakry, dans le quartier de Wanindara, épicentre de la contestation contre le référendum constitutionnel, des tensions avaient déjà été enregistrées la veille du scrutin.

Samedi 21 mars, le domicile privé du chef de quartier a notamment été incendié par des manifestants, ce dernier est soupçonné d’être de mèche avec les forces de l’ordre et d’être à l’origine de nombreuses arrestations d’opposants. Il avait également accusé les jeunes opposants d’être payés pour manifester.

Ibrahima Doumbouya