Alpha Condé à ses ministres : « Gouverner autrement, c’est l’impopularité »

0
135

Depuis quelques jours, les langues se délient à propos de l’éventualité d’une augmentation du prix du carburant à la pompe. Si le gouvernement, à travers notamment le ministre des Hydrocarbures, commence à évoquer le sujet en public, il faut rappeler que c’est le président Alpha Condé qui avait laissé s’échapper la triste nouvelle dans son discours au cours du dernier séminaire gouvernemental.

Comme s’il voulait préparer son gouvernement à défendre cette augmentation en perspective, Alpha Condé n’a pas manqué, à cette même occasion, d’exhorter ses ministres au courage pour oser « affronter le peuple » en disant la vérité notamment sur les difficultés économiques.

«Beaucoup d’entre vous n’ont pas le courage de dire la vérité à la population…Ils n’ont pas le courage de leur dire que la situation ne permet pas. Gouverner autrement, c’est accepter l’impopularité, c’est accepter d’affronter le peuple et lui dire la vérité», a déclaré Alpha Condé.

Plus loin, le président fait une petite annonce qui va se propager dans la cité, à la vitesse de la lumière. «J’ai dit la dernière fois, que nous allons connaitre des difficultés. Il y a une situation internationale. Aujourd’hui le pétrole est à 13 mille francs au Sénégal, 14 mille en Côte d’ivoire. J’étais dans l’option d’augmenter mais j’ai dit, il doit y avoir le mois de carême, attendons le mois de carême», dit-il devant ses ministres dont le chef du gouvernement.

En appelant son gouvernement au courage, Alpha Condé se montre lui-même prêt à prendre n’importe quelle décision, même impopulaire, s’il est convaincu que celle-ci est la bonne pour le pays. «Moi je n’ai pas peur de prendre les décisions les plus impopulaires, les reformes les plus impopulaires parce que c’est ce qui changera la Guinée. Je n’ai pas peur des lobbies…le destin d’un homme dépend de Dieu», explique-t-il.

A noter qu’à la suite de cette annonce, le Premier ministre a publiquement dit que les mois à venir « seront durs». Son ministre des Hydrocarbure aussi, dans une sortie médiatique, a confirmé la forte probabilité d’une hausse, si en tout cas le prix du baril à l’international ne baisse pas avant la fin du mois de Ramadan.

Au niveau de la société civile et de l’opposition, l’annonce a suscité des dénonciations. Le FNDC (Front national pour la défense de la constitution), dans une déclaration rendue publique lundi, a annoncé la reprise de ses manifestations avec une coordinations sans partis politiques. Cette organisation compte inclure dans sa lutte les questions sociales notamment l’éventualité de l’augmentation du prix du carburant et le déguerpissement impopulaire en cours des occupants des emprises de la voie publique.

Source: guinee114.com