Devoir de mémoire: Guerre secrète contre la Guinée ( Par Roger Faligot)

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Pendant quinze ans, de 1958 à 1973, les services spéciaux français ont mené une guerre subversive pour renverser le dirigeant de la Guinée, Sékou Touré, et ramener ce pays dans le giron de l’ancienne « métropole ».

C’est à la fin août 1958 que de Gaulle, alors président du Conseil, réalise sa fameuse tournée pour proposer sa « politique d’association » aux colonies africaines dans le cadre de la Communauté française. Ses conseillers ont suggéré qu’il se rende d’abord à Conakry, la capitale de la Guinée, où l’accueil risque d’être plus crispé qu’à Dakar.

Pourtant, la biographie de Sékou Touré n’en fait pas un révolutionnaire à tous crins. Il a en effet suivi un cursus politique très classique.

En octobre 1946, il a participé au congrès de Bamako, où s’est créé le Rassemblement démocratique africain (RDA), réunissant des partis politiques de huit colonies françaises d’Afrique subsaharienne. L’année suivante, une section locale, le Parti démocratique de Guinée (PDG), a vu le jour, dont Sékou Touré devient le secrétaire général en 1952. Quatre ans plus tard, le voici simultanément député à l’Assemblée nationale française et maire de Conakry.

Enfin, en 1957, celui que l’on surnomme affectueusement « Sily » (l’« Éléphant ») est membre du Conseil de l’Afrique occidentale française à Dakar et vice-président du conseil de gouvernement. Il est bien décidé à accueillir le général d’égal à égal.
Pour éviter tout quiproquo à l’annonce de la visite de l’homme du 18 Juin, Sékou Touré a remis son discours à Jacques Foccart quelques jours plus tôt…