France – Afrique : Emmanuel Macron et les Despotes africains

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« On ne satisfait les rêves que par le mensonge, la duperie. La politique ne réussit que par duplicité» (Ahmadou Kourouma)

Interpellé en février 2020 à Paris par un activiste africain sur la volonté pour les autorités françaises de garder la mainmise sur la conduite des affaires de la cité dans les ex-colonies, Emmanuel Macron a affirmé vouloir prendre ses distances d’avec des chefs d’Etat africains pas très fréquentables, figures notoires de la Françafrique qui ont divorcé avec les principes démocratiques dans leur pays. « Partout, je veux des dirigeants démocratiquement élus et là où les présidents ne sont pas démocratiquement élus, je travaillerai avec la société civile », a notamment déclaré Emmanuel Macron.

A la manière d’un Barack Obama qui préféra inviter pour des discussions ouvertes à Washington des jeunes leaders africains issus de la société civile et du secteur public lors du cinquantenaire des indépendances des pays africains, laissant au carreau des dictateurs impénitents devant l’Eternel.

Au moment où Nicolas Sarkozy invitait les chefs d’Etat des anciennes colonies africaines à la fête nationale du 14 Juillet pour commémorer avec eux le cinquantenaire des indépendances de leur pays, Barack Obama, lui, préféra convier les jeunes, l’avenir du continent, pour discuter avec eux des projets et des ambitions qu’ils nourrissent pour leur pays et l’Afrique dans son ensemble.

Emmanuel Macron entendait rompre avec les liens que l’Elysée noue avec des autocrates africains qui s’accrochent au pouvoir, d’années en décennies. Seulement voilà, comme on le dit souvent, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Le président français n’a pas tardé longtemps pour trahir sa bonne intention de voir les pays africains s’inscrire dans le concert des nations démocratiques.

On les a vus à l’oeuvre, Macron et son ministre des Affaires Jean-Yves Le Drian en Guinée et en Côte d’Ivoire prendre fait et cause pour les octogénaires dictateurs Alpha Condé et Alassane Ouattara qui ont perpétré des coups d’Etat constitutionnels pour se représenter pour un troisième mandat présidentiel. Les nombreuses victimes occassionnées en Guinée et en Côte d’Ivoire par les deux dirigeants à cause de leur boulimie du pouvoir n’ont guère ému Emmanuel Macron.

Début avril, le président français a dressé le tapis rouge à son homologue togolais considéré par certains comme le symbole de la nouvelle politique africaine de la France au Sahel. Dans le cadre de cette visite, pour éteindre la polémique sur l’affaire de la vraie fausse lettre de félicitation, Jean-Yves Le Drian a révélé que son patron avait chaudement félicité Faure Gnassingbé pour sa brillante victoire au scrutin présidentiel du 22 février 2020, élection pourtant qualifiée par certains acteurs politiques togolais de « la plus frauduleuse jamais organisée au Togo », avec « la falsification massive des procès-verbaux et des compilations fantaisistes de la CENI et de la Cour Constitutionnelle », des institutions inféodées au régime en place et spécialisées dans l’organisation des mascarades électorales.

Pour boucler la boucle, Emmanuel Macron ne s’est pas gêné d’avaliser le double coup d’Etat militaire et constitutionnel au Tchad, suite au décès brutal de son ami le maréchal Idriss Déby Itno. « Depuis la mort d’Idriss Déby, la France a apporté un double soutien à la junte dirigée par son fils, à la fois militaire et diplomatique. Le soutien militaire apporté par l’armée française à l’armée tchadienne pour faire face à la rébellion ne fait pas de doute (…) Emmanuel Macron a choisi d’adouber Mahamat Idriss Déby en se rendant en personne aux obsèques du défunt. Il s’est publiquement affiché aux côtés du fils en martelant que la France ne laisserait personne remettre en cause la stabilité et l’intégrité du Tchad», révélait Médiaprt.

Emmanuel Macron a démontré aux Africains qu’il est un homme de parole et homme d’Etat et qu’il tient toujours au respect de ses engagements. Ce qu’il a fait en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Togo, au Tchad…

netafrique