La réduction des mariages d’enfants pourrait générer d’importantes ressources en Guinée (Banque mondiale)

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La réduction des mariages d’enfants, outre le manque à gagner sur les revenus potentiels de ces jeunes filles, pourrait générer près de 1,5 milliard de dollars par an au Mali et 1,7 milliard de dollars au Niger d’ici 2030, notamment grâce à la baisse des taux de fécondité et de croissance démographique, a déclaré lundi Soukeyna Kane, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, le Niger, le Tchad et la Guinée.

“Les inégalités d’instruction entre les filles et les garçons et les problèmes de santé associés à la pratique du mariage précoce constituent un obstacle majeur au développement du capital humain”, a ajouté Mme Kane à l’occasion de la publication du rapport sur les perspectives économiques des quatre pays précités.

selon le rapport, au Niger, plus de trois filles sur quatre sont mariées avant d’atteindre leurs 18 ans. Au Tchad, la proportion est de plus des deux tiers. Au Mali et en Guinée, elle est de plus de la moitié. Or, ces pays affichent également les taux d’achèvement d’études secondaires parmi les plus faibles au monde pour les filles, avec seulement une fille sur dix qui achève ses études secondaires, alors qu’ils ont réalisé des progrès importants au primaire avec une augmentation du taux d’achèvement de 22,4%.

Le rapport note que même si d’autres facteurs, tels que le coût de la scolarité ou l’éloignement géographique des écoles, peuvent expliquer ce phénomène, les normes sociales sur le rôle des filles et le mariage précoce sont une cause importante.

Lorsqu’une adolescente doit quitter les bancs de l’école pour se marier, son faible niveau d’instruction aura des conséquences importantes tout au long de sa vie, notamment sur ses revenus et sur l’instruction de ses enfants. Elle court également des risques accrus pour sa santé et celle de ses enfants du fait des conséquences de grossesses précoces et répétées, indique le rapport.

En Guinée, au Mali et au Niger, les enfants nés de mères âgées de moins de 18 ans risquent davantage de mourir avant l’âge de cinq ans et de souffrir d’un retard de croissance, relève le rapport.

Selon l’étude, l’adolescence est donc une période cruciale au cours de laquelle ces quatre pays doivent mettre en place des politiques publiques complémentaires pour que les filles restent à l’école.

Banque mondiale