PEUPLE DE GUINÉE: Victime et artisan de sa souffrance cyclique ( Tribune)

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Dieu ne viendra pas nous sauver. Le peuple de Guinée a été doté par le Tout Puissant d’un nombre d’éléments incroyables pour son développement. De la fertilité de ses terres à la diversité de sa culture en passant par son climat exceptionnel.

Tout y est, tout y passe.  Mais rien ne marche. Pourquoi?

Le peuple est victime et bourreau à la fois, deux positions symétriques aux travers desquelles il a appris à vivre en parfaite harmonie, dans une insouciance totale qui frise parfois le ridicule. On ne peut pas demander une chose et son contraire, tout comme l’on ne peut être à la fois, à la porte et à la fenêtre.

Le développement est un ensemble de procédures fonctionnelles et de règles transversales à suivre et à respecter scrupuleusement en tout temps et en tous lieux, et ce, sans exception la moindre, même en temps de vache maigre.

Le peuple se trahit, je ne parlerai des politiques dans ce post, qui à  mon avis représentent  une petite portion de la vie générale de la nation et qui se retrouvent  souvent  en tête de peloton, mais l’essentiel reste et demeure le PEUPLE.

Le peuple fait et défait ses dirigeants, d’ailleurs, jamais un responsable politique ne s’est conduit au delà de la vision globale de ses adeptes donc point d’étonnement.

Ceci dit, ce qui nous arrive aujourd’hui,  a ses racines dans notre passé.

Nous sommes comptables de ses agissements abjectes, ses considérations régionalistes et ethniques dont les seuls avantages sont la désolation et la stagnation dans tous les domaines de la vie.

Pourquoi lorsqu’il s’agit de prendre des mesures pour nous redresser, nous nous cabrons et évitons de prendre la route de l’avenir?

Est-ce que l’amorce du développement est devenue une denrée que le guinéen ne peut plus s’offrir?

Il vous suffit de faire un zoom sur les potentialités économiques de la Guinée par rapport à son niveau de développement à travers les villes pour vous rendre à l’évidence que les filles et fils de ce pays s’amusent et font tout pour maintenir ce pays dans la précarité par ricochet  le sous développement. Une triste et amère réalité !

Les institutions publiques y compris le gouvernement sont aujourd’hui des mouroirs de l’économie nationale et des stations de pompage de toutes  sortes de biens individuels obtenus sur le dos épuisé du peuple.

Chacun vient pour se servir avec la bénédiction de sa famille ou de sa communauté en chantant le même refrain.

Les politiques de tous bords nous miroitent les mêmes rhétoriques en attendant de trouver un point de chute ou que le pays leur soit servi sur un plateau d’or  afin de sucer à leur tour et le cycle continu son vicieux tour sans arrêt.

Ne nous voilons pas la face, ce pays ne peut pas bouger dans ces conditions, soyons sérieux avec nous mêmes. Chacun de nous connait, les maux qui minent  notre  société  mais chacun pour une raison ou pour une autre ferme les yeux en attendant d’être rassasié.

Dieu ne viendra pas nous sauver.

A qui la faute?

 Par Aboubacar Camara, Directeur Général du Groupe Gangan