Juger Alpha Condé serait une manière pour Doumbouya de se faire hara-kiri ?

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Après trois mois de séjour aux Emirats arabes Unis où il s’était rendu pour des soins médicaux, l’ex-président guinéen, Alpha Condé, est de retour au bercail. En toute discrétion, il est arrivé, le 8 avril dernier, à Conakry où il a aussitôt rejoint le domicile de son épouse.

A ce qu’on dit, le retour de l’ancien président a fait l’objet de nombreuses tractations entre Conakry et Abou Dhabi d’autant que le natif de Kankan ne souhaitait plus revenir en Guinée. Conscient de ce qui l’attend dans son pays, il voulait profiter de son séjour médical pour couler une retraite paisible aux Emirats Arabes Unis, loin des tumultes que font  monter les mouvements de défense des droits humains en Guinée.

Heureusement ou malheureusement, c’est selon, ses hôtes émiratis, redoutant un incident diplomatique, lui ont notifié en début du mois courant, la fin de son séjour médical. Pour bien des observateurs, la récente sortie d’Alpha Condé dans un audio où il s’autorisait des commentaires sur la situation sociopolitique en Guinée, qui a fuité sur les réseaux sociaux, y est pour quelque chose.

Car, pour les autorités émiraties, l’ex-président est sorti de son devoir de réserve, violant ainsi l’une des dispositions qui l’obligeait à arrêter toute forme d’engagement politique dans son pays. Cela dit, maintenant qu’il est de retour en Guinée après la santé retrouvée, Alpha Condé sera-t-il jugé pour les crimes commis pendant qu’il était aux affaires ? Telle est la question que bien des observateurs se posent, pour l’instant sans réponse.

Car, voilà un homme qui, hier tout puissant, n’hésitait pas à ordonner que l’on tire sur ses compatriotes dont certains avaient l’âge de ses petits- fils, et qui se retrouve aujourd’hui groggy de ses propres turpitudes.

 

 Juger Alpha Condé serait une manière pour Doumbouya de se faire hara-kiri

 

 En tout cas, il faut souhaiter que justice soit rendue à tous ces Guinéens et Guinéennes injustement envoyés ad patres surtout au cours des violentes manifestations contre le troisième mandat d’Alpha Condé. On sait déjà qu’une enquête judiciaire a été ouverte depuis janvier dernier sur ce sujet. Mais ira-t-elle jusqu’au bout, c’est-à-dire à un procès suivi de la condamnation de l’ex-dictateur ? On peut en douter.

Car, cela pourrait éclabousser les autorités de la transition, surtout quand on sait que le président Mamadi Doumbouya était le bras armé du défunt régime dans la répression contre les opposants au mandat querellé. Juger donc Alpha Condé serait une manière pour Doumbouya de se faire hara-kiri.

Et ce risque, on peut être sûr que Doumbouya ne le prendra pas. Par contre, comme on l’a vu sous d’autres transitions en Afrique, les autorités de Conakry vont  travailler à détruire méthodiquement l’ex-parti au pouvoir pour l’empêcher de revenir aux affaires.

La couleur a été déjà annoncée puisque le président du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), Ibrahima Kassory Fofana et d’autres anciens caciques, croupissent déjà en prison depuis près d’une semaine. Ils sont poursuivis pour des faits présumés d’enrichissement illicite et de détournements de deniers publics.

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