Société : la mairie de Dixinn en « guerre » contre la drogue Kush

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La grande salle de conférence de la commune de Dixinn a servi de cadre ce mercredi matin à une rencontre qui a mobilisé les chefs de quartiers, les 22 imams des différents quartiers, le secrétariat de la ligue islamique communale , les officiers de la police et de la gendarmerie. Objectif: unir les différentes énergies pour déclencher une guerre âpre contre la drogue  » Kush » qui fait actuellement des ravages au sein de la couche juvénile.

C’est le maire Mamadou Samba Diallo qui a d’abord pris la parole pour s’adresser aux différents conseils de quartiers présents.

 » Désormais, tout chef de quartier qui ne fera pas la preuve de compétence ne sera pas maintenu. La politisation du conseil de quartier ne sera jamais pris en compte. Il faut maintenant un appel d’offre et c’est à travers cela que les projets seront sélectionnés pour être éligible,  » introduit le maire.

Pour revenir à l’ordre du jour, le maire a déploré la consommation de la drogue Kush dans les différents quartiers de sa juridiction sous la passivité des conseils de quartiers.

 » Quelqu’un a consommé récemment  la drogue puis il a perdu  conscience et s’est jeté à la mer. C’est avant hier que son corps a été retrouvé. Cette responsabilité est de tous. Les chefs de quartier doivent remonter les informations à la hiérarchie. Car ce sont les sierra léonais qui importent cette drogue chez nous, et ce sont ces mêmes sierra  léonais qui ravitaillent cette drogue à nos enfants. Ces ressortissants de la Sierra Léone sont logés dans nos quartiers et dans les différentes familles. Dénoncez-les!  Maintenant, quand on découvre dans un quartier où cette drogue est consommée sans la dénonciation du chef de quartier qui reste indifférent, il est demi de ses fonctions le même jour, » persiste le maire.

A son tour, prenant la parole, la Secrétaire Générale de la commune de Dixinn, Mme Kadiatou Diallo a appelé les responsables de familles ainsi que les conseils de quartiers à plus de vigilance et de responsabilité pour mieux éradiquer ce fléau.

 » Soyez vigilants dans les quartiers avec vos enfants. Veillez bien sur leur quotidien et leur comportement. Surtout quand vos enfants sont envahis par un groupe de jeunes, cherchez à savoir autour de quoi  ils forment ce groupe. Parce que tout commence là avec des mauvaises compagnies. Si vous constatez des comportements indélicats notamment la consommation de la drogue Kush, n’hésitez pas de remonter les informations pour les traquer. Cela vous aidera à faire éviter à vos enfants la folie ou la mort prématurée que nous enregistrons aujourd’hui contre notre gré dans certaines familles« , a-t-elle conseillé.

Par ailleurs, Mme Kadiatou Diallo n’a pas hésité de déplorer certains comportements contre les forces de sécurité qui traquent les consommateurs et complices de la circulation de cette drogue fatale.

 » Ce qui s’est passé l’autre fois est à déplorer. Les citoyens ont jeté des pierres sur les forces de sécurité qui sont partis les consommateurs de cette drogue, ce qui n’est pas du tout normal. La seule manière d’éradiquer ce phénomène est la bonne collaboration entre nous les citoyens et les forces de sécurité. Par conséquent nous devons nous unir pour les remonter les informations afin de lutter contre ce mal qui endeuille les familles. A cette allure, la compréhension et la collaboration de tous est nécessaire , »  dit-elle.

Quant au colonel Mamadi Sidibé, commissaire central de Dixinn,  » pour rendre cette lutte efficace et fructueuse, il faut une collaboration sincère entre les forces de sécurité et les citoyens à la base en remontant des informations, » indique-t-il.

 

 » Nous, nous sommes là pour vous sécuriser. Mais , la sécurité, c’est comme l’hôpital, c’est à vous de nous dire, ce qui vous fait mal et nous nous efforcerons à trouver le remède. N’hésitez pas de nous appeler pour nous indiquer où se déroulent ces sales besognes, nous allons les traquer sans vous dénoncer, nous sommes là pour vous. Collaborez avec nous car  s’opposer aux forces de sécurité c’est s’opposer à la paix sociale » a rassuré  l’officier supérieur de la police.

Minkael BARRY