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Xénophobie en Afrique du Sud : Salif Keïta annule ses concerts et dénonce « la haine »

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Le monstre sacré de la musique malienne hausse le ton. Salif Keïta a annoncé l’annulation de ses concerts prévus en Afrique du Sud, en réaction aux violences xénophobes qui frappent ce pays.

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, l’artiste de 76 ans explique : « Je ne peux pas ignorer les rapports sur les violences xénophobes contre nos frères et sœurs africains. » Il ajoute que la situation le contraint à prendre une décision douloureuse : « J’annule mes spectacles commerciaux prévus en Afrique du Sud. »

Le chanteur, surnommé le « Cheval blanc » en raison de son albinisme, confie avoir « le cœur si lourd » en prenant cette décision. Il précise toutefois qu’elle ne signifie pas un rejet des Sud-Africains, un pays qui, selon lui, « m’a toujours accueilli comme un frère, pas seulement un artiste ». Il affirme vouloir fermer « la porte sur la haine, pas sur les gens ».

Dans son message, l’artiste malien explique : « Quand je vois des migrants attaqués, je ne vois pas de politique. Je vois des gens à la recherche d’emploi, de sécurité et de dignité. » Il ajoute que cette réalité « ne correspond pas à l’Afrique du Sud que je connais  l’Afrique du Sud qui a tenu le coup avec Mali, et l’Afrique du Sud que Nelson Mandela a construite ».

La sortie de Salif Keïta intervient alors que la tension xénophobe ne faiblit pas en Afrique du Sud. Première puissance économique du continent, le pays reste une terre d’accueil prisée par de nombreux travailleurs africains, réguliers ou non. Mais le chômage, qui dépasse les 30 %, alimente régulièrement des mouvements de colère, parfois violents, contre les populations migrantes.

Conséquence directe de cette crise : plus de 160 000 personnes ont quitté le territoire sud-africain depuis fin mai, selon un décompte établi à partir des données de rapatriement fournies par plusieurs gouvernements africains, dont environ 1 500 Nigérians.

Salif Keïta n’est pas la seule voix du continent à réagir de cette manière. Fin juillet, la chanteuse sud-africaine Tyla avait elle-même retiré une date nigériane de sa tournée, sur fond de crispations diplomatiques entre Abuja et Pretoria liées à ces mêmes violences.

Oumou Bailo Diallo 

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