Drame au Sénégal : Un ressortissant guinéen meurt en détention, sa famille dénonce un déchaînement de violence et de corruption

0
1

Le décès d’Oumar Ba, citoyen guinéen résidant au Sénégal, soulève une vague d’indignation. Entre violences physiques, extorsion de fonds et tentative d’abus sexuel, les témoignages de ses proches pointent du doigt les agissements brutaux de quatre gendarmes lors d’une interpellation nocturne aux conséquences tragiques.

La vie de la famille Ba a basculé un mardi soir, aux alentours de 23 heures. Selon le récit poignant de Kaousou Camara, oncle du défunt, et de son épouse Fanta Traoré, l’intervention a été d’une rare violence. Alerté par des bruits suspects, M. Camara découvre des gendarmes en train de passer son neveu à tabac au sein même de son domicile.

Sous couvert d’une « enquête », les agents auraient procédé à une fouille systématique des lieux. Le bilan matériel est lourd : une valise fracturée, six millions de francs CFA dérobés, six téléphones portables et les documents administratifs d’une moto neuve saisis.

« J’ai sorti mon téléphone pour filmer, mais un gendarme m’a frappé les mains en menaçant de me tuer si je continuais », confie Kaousou Camara. Durant cette perquisition musclée, l’épouse d’Oumar Ba et leur nourrisson n’auraient pas été épargnés par les bousculades et les coups.

Le témoignage de la veuve, Fanta Traoré, ajoute une dimension sordide à l’affaire. Alors que son mari était emmené au poste, un gendarme resté sur place aurait tenté d’abuser d’elle : « Il m’a dit que si j’acceptais de coucher avec lui, il ferait en sorte que l’argent volé soit restitué. J’ai refusé », déclare-t-elle, traumatisée.

S’ensuit un calvaire administratif et humain pour l’oncle du défunt. De mercredi à vendredi, M. Camara multiplie les visites au poste. À chaque fois, il affirme avoir entendu ou aperçu son neveu subir des sévices corporels dans sa cellule. Les autorités, quant à elles, maintiennent un silence de plomb, refusant toute médiation ou accès au détenu.

Transféré puis annoncé « malade » le jour d’une audience supposée, Oumar Ba décède finalement en détention. L’administration a alors tenté de justifier ce décès par des versions contradictoires : d’abord une arrestation dans une mine clandestine, puis une affaire de stupéfiants. Des thèses formellement rejetées par la famille, témoin oculaire de l’arrestation à domicile.

Face à ce qu’ils qualifient de « montage » et de crime de sang, les proches d’Oumar Ba ont officiellement saisi l’ambassade de Guinée au Sénégal. La famille réclame désormais toute la lumière sur les circonstances exactes de ce décès et l’identification des agents impliqués, afin que justice soit rendue pour celui qui a été arraché aux siens dans des conditions inhumaines.

La rédaction