Africapitales 2026 : Conakry s’impose sur la scène culturelle internationale comme Capitale invitée d’honneur

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 C’est une consécration aussi symbolique que stratégique. Pour sa 5ᵉ édition, le festival Africapitales a choisi Conakry comme Capitale invitée d’honneur, offrant à la Guinée une tribune internationale de premier plan pour exhiber la richesse et la modernité de sa création artistique. Une reconnaissance qui ne doit rien au hasard, mais tout à une politique culturelle volontariste portée au plus haut niveau de l’État.

Derrière cette distinction se dessine une stratégie clairement assumée : faire de la culture un instrument de puissance douce au service du rayonnement international de la Guinée. Sous la conduite du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, dont la tutelle est assurée par Moussa Moïse Sylla, Conakry n’est plus seulement une capitale administrative elle ambitionne de devenir une métropole culturelle africaine à part entière.

Cette diplomatie culturelle s’inscrit pleinement dans la vision Simandou 2040, le projet de société du président Mamadi Doumbouya, qui place le développement humain et le rayonnement identitaire de la Guinée au cœur de ses priorités nationales.

Pendant dix jours intenses, Africapitales a offert à la jeune création guinéenne une vitrine exceptionnelle. Musique, théâtre, mode, cinéma, littérature : les disciplines se sont succédé sur scène avec une énergie communicative, portées par une nouvelle génération d’artistes guinéens déterminés à conquérir les publics du continent et au-delà. Queen Rima, Niariu, Hakim Bah, Petit Tonton, Bappa Oumar, Barbi Black, Aboubacar Savané et Souleymane Tata Diallo ont chacun incarné, à leur manière, la diversité et la profondeur d’un écosystème créatif en pleine effervescence. Leurs prestations ont suscité l’enthousiasme des festivaliers et confirmé que la scène artistique guinéenne regorge de talents prêts à franchir les frontières.

Derrière la réussite de cette participation guinéenne se trouve un appareil institutionnel rodé. La Direction Générale des Industries Culturelles et Créatives (DGICC) a piloté avec méthode une programmation ambitieuse, pensée non seulement pour divertir, mais surtout pour construire des carrières durables sur la scène internationale. « On ouvre des scènes aux artistes, on construit leur carrière internationale », résume Bilia Bah, dont le pragmatisme illustre une vision qui va bien au-delà du simple événementiel.

Le ministre Moussa Moïse Sylla, pour sa part, a campé la philosophie qui anime cette dynamique en quelques mots restés dans les mémoires : « La Guinée crée, innove, stimule et rayonne. » Une formule lapidaire qui dit l’essentiel d’un pays qui a décidé de reprendre sa place dans le concert culturel mondial.

L’aventure Africapitales ne s’arrête pas là. Un retour du festival à Conakry est d’ores et déjà programmé pour septembre 2026, une perspective qui confirme que cette collaboration entre la Guinée et la plateforme Africapitales s’inscrit dans la durée. Loin d’être un feu de paille, la présence guinéenne à cette 5ᵉ édition marque un tournant : celui d’un pays qui a compris que la culture est aussi une économie, une influence et une identité projetée vers le monde. Conakry a pris date. L’Afrique a pris note.

La rédaction