Accueil SOCIÉTÉ Abdoulaye Sankara Abou Maco : Enfin… le sommeil où la vie après la...
Abdoulaye Sankara Abou Maco, décédé le mercredi 18 mars, rejoint sa dernière demeure ce dimanche 22 mars 2026.
J’ai voulu attendre la cérémonie de ce JOUR D’ADIEU en hommage à ta mémoire pour vérifier que mon plus proche collaborateur de la corporation, l’homme quî a adopté la Guinée a effectivement tiré sa révérence. MERCI mon compagnon de 30 ans, pas de soucis, le deuil commence, la vie continue pour Tâta et les enfants
De retour d’une mission de couverture médiatique à Kankan, l’envoyé spécial débarque au siège de l’Indépendant avec un jeune dont le physique éprouvé qui contraste le souriant visage donne l’impression d’être libéré d’un fardeau.
Introduit par le correspondant régional de la RTG dans la capitale de la Haute Guinée, feu Sarbou Keita, en marge d’un atelier sur les projets du PNUD tenu en juin 1996 à Kankan, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire du Jeudi, feu Aboubacar Condé reçoit et écoute Abdoulaye Sankara raconter les causes de sa cavale, les détails de sa longue marche de Ouagadougou où il était pourchassé ( lire l’hommage rendu par Aboubacar Sakho) à Kankan à la recherche de la protection et, pourquoi pas, la nouvelle vie sinon la résurrection qu’il espérait retrouver en Guinée.
Fin psychologue, le récit de l »infortuné et la séance de questions-réponses, permettent facilement à notre rédacteur en chef de détecter derrière le mendiant de la liberté un brillant esprit.
Altruiste, Aboubacar Condé s’était voué à la cause des personnes nécessiteuses, et a donné à de nombreux jeunes la possibilité de se faire valoir à travers les colonnes de l’Indépendant.
C’est donc naturellement qu’il adopte Abdoulaye Sankara. Si le fondateur du Groupe de presse n’oppose aucune objection à cette proposition, Aboubacar Sylla ne viole pas cependant ses règles et principes exigeant que tout nouveau venu fasse d’abord ses preuves dans « l’Indépendant Plus » en dépit de l’estime et de la confiance qu’il porte au vigoureux dévouement de l’infatigable rédacteur en chef Aboubacar Condé.
Les 2 premières parutions de ce bi-mensuel, dirigé par le duo de Chefs Ousmane Tity Faye -Sosse Soussou et où il fait la connaissance des rédacteurs comme Mohame Lamine Soumah MLS, Ibrahima Keïta, Mohamed Sankhon ou Youssou Sylla, Arthur Ezechiel, suffisent à la nouvelle signature de prouver que des années lumières séparent le Professeur émérite de Français, diplômé de l’École Supérieure de Journalisme de Lille ( ESJ-LILLE) qu’il est de l’obscur »stagiaire » testé.
Rapidement, comme Biram Sacko, Tibou Kamara, Mamadou Dian Pountchoun Diallo, Abdoulaye Top Sylla, Jean Baptiste Kourouma, Aladji Cellou Camara, Daouda Tamsir Niane, Saliou Samb, Aliou Barry, Jean Raymond Souma, Abdoulaye Sankara devient une marquante personnalité du Groupe.
La torture morale d’un si jeune garçon contraint à l’isolement de l’exil par le régime Burkinabè de Blaise Compaoré et la qualité rédactionnelle de ses touts premiers articles sont les solides soubassements d’une relation d’ordre professionnel et familial sinon tutélaire. En effet, contrairement à mes proches Tibou Kamara, Mamadou Dian Pountchoun Diallo, Aladji Cellou Camara, Abdoulaye Sankara est un « orphelin » qui a besoin de tuteurs à défaut de parents.
Ainsi, à la précieuse protection d’Aboubacar Condé, j’ajoute ma disponibilité afin de faciliter l’intégration socioprofessionnelle Guinéenne de l’évadé de la MACO en l’amenant dans tous les milieux qui comptent à l’époque. À Dixinn Bora où il est familier avec tout le monde, il est chez lui.
En un temps relativement court, il se fait aussi un carnet d’adresses riche et varié grâce à son intelligence permettant au journaliste de librement exercer sur un vaste champ politique, économique et social sans être parrainé.
Chez les politiques (Elhadj Boubacar Biro Diallo, Jean Marie Doré, Aboubacar Somparé, Bah Mamadou, Pr Alfa Sow, Siradiou Diallo, Alpha Condé, Mansour Kaba, Mamadi Diawara, Bah Oury, Sékou Koureissy Condé ) mais aussi des leaders de la société civile et hauts cadres de l’administration (Sidya Touré, Ibrahima Kassory Fofana, Cellou Dalein Diallo, Ousmane Kaba, Zainoul Abidine Sanoussy, Moussa Solano, François Lonseny Fall, Almamy Fodé Sylla, Chérif Bah, Almamy Diaby, Facinet Fofana, Kiridi Bangoura, Youssouf Sylla, Ahmed Tidiane Souaré, Boubacar Sow Sow, Sidy Mouctar Dicko, Antonio Souaré, Mamadi Mara, Sékou Traoré, Houssein Touré, Lonseny Nabe, Alpha Mohamed Kallo, Sekou Conde Ping-pong, feuTidiane Diallo etc.). Ensemble, nous avons couvert et interviewé plusieurs personnalités parmi ces noms et tant d’autres non cités à Conakry ou à l’intérieur du pays.
Nous avions la même conception du journalisme, celle portée par les valeurs de la défense des libertés, la promotion de la démocratie et la lutte contre les malversations financières. Sur ces 2 fronts, sa plume a été implacable, sans complaisance ni concession durant les 30 ans de sa vie en Guinée. Même éloignés, nous sommes restés connectés par rapport à l’actualité et notamment sur ces 2 thèmes.
De nombreux scandales financiers qui caractérisent l’administration sont ainsi révélés au niveau des ministères, de l’ANAIM, FRIGUIA et d’autres ont suivi sous les différents régimes.
Non sans ennuis et tentative d’intimidation de lobbies véreux et corrompus.
Convoqué par le commissaire Thermite Mara pour l’interroger sur le sens d’un article dénonçant la corruption, Abdoulaye Sankara ne tremble point. À la question du commissaire » chez nous où puisque vous n’êtes pas Guinéen ? », Abdoulaye Sankara oppose une réponse panafricaniste, « la lutte contre la corruption n’a pas de frontières, la sous-région ouest africaine est un et même pays »
Pour Abdoulaye Sankara, il n’était pas question de fuir les maux à gauche et les accepter à droite.
À partir de là, il épouse à mon égard, une posture de respect, de fidélité et d’attachement que seule la mort vient de rompre. 30 ans durant depuis nos premiers contacts, Abdoulaye Sankara a toujours été de mon côté quelque soit la nature de l’épreuve. Sa solidarité a toujours été active à chaque qu’un journaliste a été inquiété comme il vient de le prouver, quelques heures seulement avant son définitif voyage, de façon testamentaire, en faveur de notre frère Marouane Camara porté disparu depuis plus d’un an :
« En ce mois de Ramadan qui arrive à son terme dans deux ou trois jours, puisse Dieu veiller sur Habib Marouane Camara, disparu depuis plus d’un an, et le ramener sain et sauf auprès des siens.
Son absence est une blessure silencieuse, une attente qui épuise les cœurs et suspend le temps pour sa famille. Si jeune encore, avec tant de vie devant lui… qu’il retrouve bientôt la chaleur des siens, et que l’espoir, malgré tout, ne s’éteigne jamais.
Union de prières ». Quelle grandeur d’âme !
Espérons que les ministres Mourana Soumah et Moussa Moïse Sylla, qui ont également tenu à te rendre hommage, transmettront cette ultime doléance au gouvernement.
Quand, en 1997, je décide de quitter l’Indépendant pour le Nouvel Horizon à lancer avec l’entrepreneur Abdoulaye Chéri Camara, Thiernodjo Diallo Bebel et lui me suivent sans poser de questions, malgré la considération que l’un et l’autre avaient pour Aboubacar Condé, principal tuteur de Maco envers lequel, Abdoulaye Sankara est resté admirablement reconnaissant jusqu’au dernier souffle du rédacteur en chef de l’Indépendant en 2001.
Quand » la tempête à l’horizon « , en référence au titre d’un article que nous avons vu dans un journal à l’époque, sépare les partenaires de ce Journal en décembre 1998, Abdoulaye Sankara et Thiernodjo Diallo Bebel font bloc derrière moi.
Les 3, nous ne nous posons pas non plus de questions, quand l’inspecteur général des finances, Mamadi Mara propose d’assurer la communication de son entreprise de Tontine « Primo Express » à travers le quotidien « Primo Infos » où Abdoulaye Sankara croise, en début 1999, son destin sentimental, une très jeune opératrice de saisie déjà mûre et avisée, Diomantenin Traoré Tâta et commence à construire, avec la future Mme Sankara, sa responsabilité familiale aujourd’hui fructueuse de 3 enfants : Fanta, Aminata et Cheick Ahmed Canal Sankara.
C’est de là également que nous lançons, en mars 1999, « La Nouvelle Tribune » avec les judicieux conseils de notre frère Gaoussou Diaby
Quand cet hebdomadaire a su se faire respecter les mardis sur le marché de la lecture grâce notamment à » son exigence professionnelle, son énorme capacité de travail, son esprit d’équipe » pour citer Tibou Kamara, Abdoulaye Thiernodjo Diallo Bebel et Thiernodjo Diallo Bebel décident d’épauler Aboubacar Condé dans la relance du Journal « Le Soleil » non sans avoir contribué au perfectionnement professionnel de jeunes rédacteurs : Tanou Diallo, Sacko Mamadou , Abdoulaye Youlake Camara, Sekou Amadou Cissoko, Naby Moussa Camara Kibiri Fenèfama Kalé, feu Marco Ibrahima Sory Bah, Fodiste Camara Fodé Mamoudou Camara etc.
Après le décès de l’ami commun, Aboubacar Condé, Abdoulaye Sankara rejoint Le Diplomate de Sanou Kerfalla Cisse Malick où il découvre de nouveaux jeunes professionnels Ibrahima Sory Traoré, Amadou Makissa Diallo, Talibé Barry, feu Mohamed Sékou Condé MASECO, marque une pause à L’observateur de Tibou Kamara avant de relancer « La Vérité », le journal de tous les combats jusqu’au Bureau de Presse de la Présidence de la République où tu es nommé adjoint au directeur Moussa Cisse après l’élection du Président Alpha Condé en 2011. Durant ces 11 ans du Professeur Alpha Condé, que n’as-tu pas fait pour que j’occupe un poste ?
Merci de cette marque d’attention qui a toujours caractérisé nos relations.
Après, le 05 septembre 2021 avec le renversement du Président Alpha Condé et l’avènement du Colonel Mamadi Doumbouya, les réseaux sociaux deviennent le créneau de communication privilégié, et c’est là que le monde découvre l’homme de Culture et apprécie patriote promouvant inlassablement la bonne gouvernance avec ses articles parfois préventifs à l’intention de certains ministres.
De tous ces Titres au Bureau de Presse de la Présidence de la République et les réseaux sociaux dernièrement, Abdoulaye Sankara Abou Maco a forcé le respect et l’admiration comme l’attestent ces nombreux hommages des figures politiques et médiatiques Guinéennes : Aboubacar Kagbê Touré, Moussa Cisse, Elhadj Fode Oussou Fofana, Khalil Djafounouka Kaba, Aliou Barry, Chef Souleymane Diallo (Lynx-Lance), Jean Baptiste Williams Fodeba Keira Isto, Mamadou Dian Diallo, Alpha Kabinet Doumbouya, Abdoulaye Top Sylla, Ibrahima Sory Diallo Dbeck Aboubacar Sakho, Mamadou Bobo Diallo, Mme Kaba Mafering Camara, Mme Adèle Camara, Tanou Diallo, Nva Ben Daouda Toure, Naman Camara, Joseph Pierre Tardieu, Fode Tass Tabouna Sylla, Donkass Traoré, Cheick Traore , Ibrahima Sory Traoré, Mognouma Lamine Cisse, Mory Fofana Monique Briggs Curtis, Abdouhamane Bah Doura Marlboro, Ibrahima Blasco Barry, Kaba Condé, Mamadou Savané, Sambegou Diallo, Sékouba Savané, Ibrahima Diallo, Hassan Kaba, Mamady Wasco, Thierno Saïdou Diakite Tino, Sanassa Diane et son époux Paul Cedy Alpha Abdoulaye Diallo, Charlotte Daffe, Coumbassa Habibatou etc
Mon cher Maco !
La mort était un des thèmes favoris évoqués dans tes posts.
Le 06 mars 2026, en plein mois Saint, le Croyant que t’es invoquait NOTRE CRÉATEUR :
» Si tant est qu’il faille mourir, souhaitons-le alors de manière discrète, sans souffrances, ni douleurs. »
Tes vœux ont été exaucés tels que formulés. « Partisan de la Paix », le 17 mars, tu as tranquillement rendu l’âme sans souffrir ni faire souffrir qui que ce soit. Ce jour, les efforts de Canal n’ont pas suffit là où sa sœur Aminata a eu la baraka, le 04 mars 2026.
À vrai dire, tu as trompé tout le monde. Comme Aliou Barry et moi-même quand ta bonne mine et tes propos rassurants tenus le vendredi 13 mars à la clinique Fellay de Lambanyi nous ont fait croire que le danger était désormais loin derrière après l’alerte qui a secoué tous tes proches.
Tu as donc choisis ce dimanche 22 mars 2026 pour enfin observer le repos tant conseillé à l’insomniaque que t’as toujours été, nous dire ADIEU
Grand amoureux de la littérature, mais aussi de la vie, je sais mon cher Maco, comme disait le Président François Mitterrand « ce n’est pas mourir qui fait peur, mais de ne plus vivre »
Tes proches aussi sont conscients, pour reprendre Jean d’Ormesson, sur le fait qu’il « y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants ».
Donc, pas de peur pour la suite.
Poses le stylo, reposes tes doigts, ne torture plus tes méninges, fermes les yeux et non un œil, dors enfin, profondément et éternellement. Profites enfin de ce sommeil que tu as, 30 ans durant, esquivé, dors profondément et éternellement.
Avec tes œuvres instructives, tu ne mourra point, la vie continue avec ton épouse, Mme Sankara Diomantenin Tâta Traoré, symbole de la fidélité et de la bravoure, tes enfants Fanta, Aminata et Cheick Ahmed Canal Sankara. Et nous serons toujours là IN SHAA ALLAH.
Personnellement, je tiens à te dire MERCI et t’assurer d’être présent pour éviter le vide que tu crains pour ta Famille. Respecter ton on ultime souhait : LA VIE APRÈS LA MORT.
Dans les Pensées et Prières de « l’Imam », pour te citer, tu seras toujours vivant. même si, curieusement, je n’ai pu trouver aucune de nos nombreuses images de ces 30 ans de fraternité comme si la mort les a emportées. Tu vivras, cher regretté Abdoulaye Sankara
VEUILLE ALLAH, NOTRE CRÉATEUR, t’accepter dans son éternel Paradis. Amen
Abdoulaye Condé, journaliste