Accueil OPINION Guerre de prédateurs au Groenland : déconstruction des légitimités impériales et faillite...
L’Europe se présente comme le phare de la civilisation, le berceau des droits humains, la gardienne de la démocratie. Pourtant, ses frontières réelles s’étendent bien au-delà de son propre continent. Elles s’accrochent aux glaces de l’Arctique, aux forêts amazoniennes, aux lagons du Pacifique, aux rivages africains, aux atolls de l’océan Indien et s’étendent jusqu’aux terres gelées de l’Antarctique.
Cette dispersion n’a rien d’un accident géographique : elle est le produit d’une histoire de conquêtes bestiales, de domination coloniale, d’extermination de masse, de grand remplacement de populations, d’expropriation et d’appropriation illicites qui refusent obstinément de s’éteindre.
Dans les Amériques, le Danemark maintient sa mainmise sur le Groenland, immense territoire arctique situé à 3 500 kilomètres de Copenhague.
La France, elle, s’accroche à la Guyane, à la Guadeloupe, à la Martinique, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy et à SaintPierreetMiquelon, ce dernier posé à quelques encablures des côtes canadiennes. Le Royaume-Uni conserve les Bermudes, les Caïmans, les Falklands et d’autres îles éparpillées dans l’Atlantique.
Les Pays-Bas administrent Aruba, Curaçao, Sint Maarten et les Caraïbes néerlandaises. En Afrique, la France gouverne la Réunion, les îles Éparses, et Mayotte, l’Espagne possède les Canaries et des enclaves sur la côte marocaine, le Portugal garde Madère, et le Royaume-Uni règne encore sur Sainte-Hélène et ses voisines.
En Asie, Londres détient Diego Garcia et des zones souveraines à Chypre. En Océanie, la France contrôle la Kanaky ou (Nouvelle-Calédonie), la Polynésie et Wallis-et-Futuna, tandis que le Royaume-Uni conserve Pitcairn.
Même l’Antarctique porte encore les marques de prétentions européennes, gelées mais non reniées. Cette géographie éclatée n’est pas un simple héritage administratif : elle est la preuve vivante d’un empire d’extorsion coloniale qui ne veut pas mourir, d’une prédation qui se perpétue sous des formes modernisées, d’un pouvoir qui s’exerce à distance sur des peuples qui n’ont jamais choisi et qui ne désirent pas cette tutelle.
Le Groenland : laboratoire colonial et cicatrice arctique
L’histoire du Groenland est l’un des exemples les plus saisissants de la manière dont la colonisation européenne a remodelé des sociétés entières. L’intégration du territoire dans la sphère danoise, amorcée au début du XVIIIᵉ siècle, a profondément transformé la société inuit.
Dès 1721, les colons danois instaurent un système de contrôle administratif, économique et culturel qui restructure la vie quotidienne des Groenlandais. Le monopole commercial, la réglementation des déplacements, l’imposition d’un modèle scolaire danois et la marginalisation des savoirs locaux créent une dépendance structurelle qui perdure bien après la fin officielle du statut colonial en 1953.
Le changement de vocabulaire de « colonie » à « comté » ne modifie en rien les rapports de domination, de paternalisme et du mépris danois vis-à-vis de leurs prétendus sujets.
Dans les années 1950 et 1960, ces logiques se traduisent par des politiques d’assimilation d’une violence inouïe. Dans les années 1950, des enfants groenlandais sont arrachés à leurs familles pour être envoyés au Danemark, dans l’espoir de fabriquer une « élite modernisée ».
Coupés de leur langue, de leur culture et de leurs proches, ils subissent une acculturation forcée dont les séquelles psychologiques marqueront toute leur vie. Cet épisode, reconnu officiellement par des excuses en 2020, incarne l’ingénierie sociale coloniale dans ce qu’elle a de plus intrusif : remodeler l’humain pour le rendre conforme à un idéal étranger.
La décennie suivante voit l’émergence d’une politique encore plus vaste : la campagne de contraception forcée menée entre les années 1960 et 1970. Des milliers de femmes et de jeunes filles inuit parfois âgées de douze ou treize ans se voient poser un stérilet sans consentement éclairé, souvent sans même être informées.
Les services de santé danois justifient cette intrusion dans les corps par la volonté de réduire les « coûts sociaux » et de contrôler la natalité des inuit. Les témoignages évoquent la douleur, la perte de fertilité, l’humiliation et le sentiment d’avoir été violées dans leur intégrité la plus intime. Plus de 4 500 femmes seraient concernées.
En 2025, le Danemark présente des excuses, mais aucune excuse ne peut effacer la violence d’une politique qui a traité des corps autochtones comme des variables administratives.
Entre les années 1970 et 1990, les logiques coloniales persistent sous des formes plus diffuses mais tout aussi destructrices. Le développement économique est centralisé au profit du Danemark, les modèles imposés ignorent les réalités locales, des communautés sont déplacées vers des villes « modernisées », la langue inuit est dévalorisée dans les institutions.
Rien n’est formulé comme une politique de réduction à la dépendance, mais tout concourt à produire cet effet : affaiblir les structures sociales traditionnelles pour mieux maintenir la tutelle. À partir des années 1990, les premières dénonciations publiques émergent. Les archives s’ouvrent, les victimes parlent, les enquêtes se multiplient. Entre 2022 et 2025, plusieurs rapports confirment l’ampleur des stérilisations forcées et la profondeur des traumatismes.
Les excuses officielles marquent une étape, mais elles ne suffisent pas à réparer des siècles de racisme institutionnel, d’ingérence, de dépeuplement, souffrance et de dépossession.
La guerre des prédateurs : quand l’Arctique devient un butin
Le Groenland n’est pas seulement un territoire colonisé : il est devenu un champ de bataille entre prédateurs impériaux. Sous le vernis de la « sécurité arctique », les États-Unis convoitent l’île comme un porte-avions insubmersible, un coffre-fort minéral, un pivot stratégique. Le Danemark, conquérant colonial historique, tente de préserver son dernier joyau arctique.
L’Europe, inquiète, se solidarise pour défendre ses ultimes possessions. Dans ce contexte, le Sud global observe la situation avec une lucidité désabusée ; il est dépité, certes, mais nullement surpris, et surtout profondément amusé par cette guerre des prédateurs où les cousins américains et européens se déchirent pour le contrôle du Groenland.
Voir les puissances occidentales s’affronter entre elles entre l’expansionnisme américain et la souveraineté européenne est perçu par beaucoup comme un retour de bâton historique, une bisbille entre héritiers d’un même empire colonial.
Le retour au pouvoir de Donald Trump agit comme un séisme doctrinal. En affirmant que cinq siècles d’occupation danoise ne confèrent aucun droit réel sur le Groenland, il pulvérise les fondements du droit colonial européen.
Si l’antériorité historique ne vaut rien, alors les possessions françaises en Kanaky ou les enclaves britanniques perdent toute légitimité. Cette logique ouvre la porte à une reconfiguration brutale des souverainetés mondiales. Face à cette menace, l’Europe coloniale se crispe. Des manœuvres militaires conjointes sont organisées pour sanctuariser le Groenland.
Mais cette solidarité impériale apparaît au Sud global comme une querelle de copropriétaires sur un butin volé dans l’extrême violence et la cruauté d’une Europe qui devait se montrer féroce pour régner. Les nations non alignées, elles-mêmes victimes des exactions coloniales européennes refusent de s’émouvoir d’un conflit entre prédateurs congénitaux qui n’ont jamais respecté leur propre droit international. Le ressentiment ici n’est pas une simple réaction émotionnelle, mais le résultat d’une sédimentation historique profonde.
Si Donald Trump parvenait à imposer une mainmise coloniale sur le Groenland, cela briserait le dernier tabou de l’intangibilité des territoires occidentaux, ouvrant la voie à une redistribution mondiale de la puissance. Ce précédent signifierait qu’aucune enclave européenne n’est à l’abri des nouveaux empires.
Dans cette logique, la Chine pourrait non seulement parachever son unité avec Taïwan dont la souveraineté est d’ailleurs implicitement reconnue par la diplomatie internationale mais aussi entreprendre l’expulsion définitive des influences européennes en Asie, en Océanie et en Afrique. Ce serait la fin de l’exceptionnalisme occidental : les prédateurs d’hier deviendraient les proies d’un nouvel ordre multipolaire.
Ressources critiques : l’arme du Sud global
Le Groenland est devenu l’épicentre d’une guerre des ressources dont l’ampleur dépasse largement les frontières de l’Arctique.
Son sous-sol, encore partiellement cartographié, recèlerait des gisements d’uranium, de zinc, de plomb, de graphite, de rubis, de nickel, et surtout de terres rares néodyme, praséodyme, dysprosium indispensables aux turbines éoliennes, aux aimants permanents, aux véhicules électriques, aux missiles guidés, aux radars, à l’ensemble de l’architecture technologique occidentale.
Le projet de Kvanefjeld, devenu symbole de cette convoitise, n’est qu’une porte d’entrée vers un trésor minéral dont les puissances du Nord rêvent de s’emparer pour maintenir leur suprématie industrielle. Appelé Kuannersuit en groenlandais, ce géant gisement minier situé dans le sud de l’île formule un démenti des affirmations sécuritaires fallacieuses du président Trump.
Mais le Sud global, aguerri par des décennies de « nazisme économique » imposé par les institutions financières occidentales, voit dans cette crise une opportunité historique : retourner contre l’Occident les armes mêmes qu’il a utilisées pour dominer la planète. Les BRICS+, désormais colonne vertébrale d’un monde multipolaire, comprennent que la dépendance occidentale aux métaux critiques est une faille stratégique majeure.
En coordonnant leurs politiques minières, en harmonisant leurs prix, en créant des bourses de matières premières libérées du dollar et du système financier transatlantique, ils peuvent rendre l’exploitation arctique économiquement suicidaire pour Washington et Copenhague. Une volatilité orchestrée sur les marchés des terres rares, une tarification en monnaies alternatives, un contrôle concerté des exportations autant de leviers capables de neutraliser la puissance financière occidentale.
Et si les BRICS+ décident de refuser l’exportation de minerais bruts tant que les souverainetés autochtones sont bafouées, ils imposent un veto technologique inédit : sans néodyme, sans graphite, sans dysprosium, aucune transition énergétique occidentale n’est possible, aucune industrie militaire ne peut fonctionner, aucun empire ne peut se maintenir.
Le Groenland devient alors non plus un butin, mais un miroir : celui où l’Occident découvre que la prédation qu’il a imposée au monde pendant cinq, voir six siècles peut désormais se retourner contre lui.
L’héritage d’une épuration sociale et les crimes coloniaux contemporains
Il n’est pas exagéré d’insister sur la violence coloniale danoise, qui ne s’est pas limitée à l’occupation des terres : elle s’est insinuée dans les corps.
Le Groenland porte la cicatrice d’une politique d’amputation démographique. Entre 1966 et 1974, le taux de natalité s’effondre de 45,2% à 18,5%, conséquence directe de l’implantation forcée de milliers de stérilets. La moitié des femmes en âge de procréer est ciblée. Le peuple inuit est maintenu dans un état de minorité numérique, trop réduit pour constituer une force politique capable de renverser la tutelle. Cette stratégie démographique s’accompagne d’un sous-peuplement structurel : 56 699 habitants sur 2,16 millions de km².
Une densité artificiellement maintenue pour empêcher l’émergence d’une souveraineté pleine. Là où d’autres régions polaires ont vu leur population croître, le Groenland a été méthodiquement empêché de grandir.
Le Danemark n’est pas seul dans cette continuité coloniale.
Le Royaume-Uni maintient encore des territoires où les populations autochtones n’ont jamais été consultées : les Chagos, où les habitants ont été expulsés pour installer une base militaire ; les Falklands, où la souveraineté est imposée par la force ; Gibraltar, enclave stratégique maintenue contre la volonté régionale. L’Espagne conserve Ceuta, Melilla et les Canaries, vestiges d’un empire qui refuse de mourir.
Le Portugal maintient Madère et les Açores dans une relation asymétrique. Les Pays-Bas contrôlent Aruba, Curaçao, Bonaire, Saba, Sint-Eustatius et Sint-Maarten. La Belgique porte encore la marque indélébile du Congo, dont les cicatrices ne sont pas refermées. Et la France perpétue encore aujourd’hui des pratiques coloniales d’un autre âge.
En Kanaky, territoire que l’ONU classe toujours comme territoire non autonome, donc territoire occupé, les militants indépendantistes sont arrêtés, déportés, séquestrés. Christian Tein, figure du mouvement kanak, et plusieurs de ses compagnons ont été emprisonnés pour avoir réclamé le droit à l’indépendance.
Le paysage démographique actuel de la Kanaky est le produit d’une ingénierie coloniale délibérée. Par le passé, la population kanak a été réduite à moins de 20 % de son effectif total sous le poids d’une politique française de peuplement visant à noyer l’identité autochtone.
Le cantonnement, la spoliation foncière dès 1853, l’indigénat de 1887 et la politique Messmer de 1972 ne furent que les instruments de ce grand remplacement historique. À Mayotte, la France mène des opérations policières massives, expulse des familles entières des Comores dont Mayotte est partie intégrante, elle détruit des habitations, impose un état d’exception permanent.
L’OTAN : Un instrument de prédation au crible de la Géopolitique factuelle
L’intervention en Libye en 2011, menée sous l’égide de l’OTAN, a déstabilisé l’intégralité du Sahel, prouvant que la « sécurité » invoquée par le Nord est souvent synonyme de chaos pour le Sud. L’idée que Donald Trump puisse provoquer la dislocation de l’OTAN est perçue non comme une catastrophe, mais comme l’effondrement du dernier pilier militaire de l’ordre colonial occidental.
Loin de s’émouvoir pour la souveraineté d’une couronne européenne, les peuples d’Afrique et du Sud se sentent naturellement solidaires des Inuits, véritables gardiens de ces terres arctiques. Cette solidarité transcontinentale renforce l’idée que les peuples d’Europe devront tôt ou tard répondre de leurs actes.
L’asymétrie juridique est ici criante : alors que l’OTAN se mobilise pour le Groenland au nom du droit international, ses membres ont systématiquement ignoré les avis de la Cour Internationale de Justice, notamment l’avis consultatif de 2019 ordonnant au Royaume-Uni de restituer l’archipel des Chagos à Maurice. La France pour sa part ignore encore aujourd’hui une vingtaine de résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU concernant Mayotte.
Depuis 1975, l’ONU considère que la consultation pour l’indépendance de l’archipel des Comores aurait dû être globale et non île par île. De ce point de vue juridique international, Mayotte est considérée comme un territoire occupé. En février 1976, la France utilise son droit de veto au Conseil de sécurité pour bloquer une résolution qui demandait l’annulation du référendum à Mayotte.
Ce qui est d’ailleurs considéré par l’ONU comme une entrave au droit international. Ce deux poids, deux mesures achève de discréditer l’alliance aux yeux d’un monde qui ne croit plus aux leçons de morale venues de l’Atlantique Nord.
L’Éveil des consciences et la fin du silence : Un appel à l’humanité universelle
Peuples du Nord, peuples du Sud, peuples des îles, peuples des glaces, peuples des forêts et des lagons : le temps des empires est terminé. Le temps des excuses ne suffit plus. Le temps des réparations approche. Le temps de l’indépendance est venu. Il est crucial que les citoyens du Nord cessent d’être les complices involontaires des mensonges de leurs propres dirigeants.
Ces derniers prétendent intervenir au Sud pour assurer la sécurité de leurs nations ou pour secourir des populations prétendument « pauvres », alors qu’ils ne font que perpétuer un système de prédation qui appauvrit le Sud et aliène le Nord. Éduquer les peuples, c’est leur révéler que la liberté du Sud est le miroir de la vérité au Nord : nul ne peut être libre tant qu’il accepte, par ignorance ou par silence, que d’autres soient asservis en son nom.
Et lorsque les derniers drapeaux coloniaux tomberont, lorsque les peuples reprendront leurs terres, leurs langues, leurs corps, leurs enfants, leurs montagnes, leurs mers, leurs mémoires, alors seulement le monde pourra respirer. Cette libération n’est pas seulement territoriale, elle est un éveil collectif contre la falsification de l’histoire.
La fin du silence signifie que l’hypocrisie de ce mécanisme qui maintient la dépendance sous couvert de générosité est enfin mise à nu. Les peuples du Sud apprennent qu’ils ne sont pas « en retard », mais qu’ils ont été méthodiquement freinés ; les populations du Nord découvrent que la prospérité de leurs élites repose sur un système d’extorsion globale qui menace la survie même de la planète. Car un empire ne meurt jamais de lui-même ; il meurt lorsque l’illusion de sa nécessité s’effondre et lorsque ceux qu’il écrase se relèvent avec la certitude de leur bon droit.
Aujourd’hui, partout, du Groenland à la Kanaky, de Mayotte aux Caraïbes, du Sahel à l’Amazonie, les peuples se relèvent. La justice ne sera pas une concession de l’Occident, mais une victoire arrachée par la souveraineté retrouvée.
Épilogue : L’Heure du Grand Décentrement
Dès lors, que pèsent les jérémiades de l’Europe face aux ambitions carnassières de Donald Trump sur le Groenland ? Pour les héritiers des colonies, pour les survivants de la cruauté prédatrice et les victimes de l’indifférence systémique, ce spectacle n’est rien d’autre qu’une tragi-comédie de salon.
Le Sud global contemple, avec une amertume teintée d’ironie, cette querelle entre cousins impériaux. Il y voit l’arroseur arrosé : l’Europe, qui a passé des siècles à redessiner les cartes du monde à coups de sabre et de traités iniques, s’offusque aujourd’hui de voir sa propre grammaire coloniale retournée contre elle par l’oncle d’Amérique.
Comment accorder le moindre crédit aux cris d’orfraie de puissances qui se drapent dans le droit international tout en maintenant la Kanaky sous le joug d’un grand remplacement démographique orchestré ?
Comment s’émouvoir pour la souveraineté danoise sur l’Arctique quand la France séquestre des militants indépendantistes à des milliers de kilomètres de leurs foyers et que le Royaume-Uni ignore les sentences de la justice mondiale ?
Pour le reste de l’humanité, ce conflit n’est pas une crise de la légitimité, mais l’implosion d’une imposture. Si les prédateurs américains et européens s’écharpent jusqu’à l’épuisement, le Sud global n’y voit pas une tragédie, mais une opportunité historique : celle d’un affaiblissement mutuel des hégémonies qui permettrait enfin au monde de respirer.
La libération ne sera réelle que lorsque le Groenland sera purgé de toute influence tutélaire, qu’elle vienne de Copenhague ou de Washington. Elle ne sera totale que lorsque le dernier bastion colonial européen sera démantelé, de l’Océanie aux Caraïbes, et que les comptes seront enfin réglés. Car il ne suffit plus de demander pardon du bout des lèvres pour des siècles d’extorsion et de mutilation sociale.
L’heure exige des réparations sonnantes et trébuchantes, une restitution des terres spoliées et un retrait définitif des colons qui saturent encore les espaces vitaux des peuples autochtones. Le temps où l’Occident dictait la morale tout en pratiquant le pillage est révolu. Désormais, le silence des opprimés a fait place au tumulte d’un monde qui n’attend plus la permission des maîtres pour exister. La chute des drapeaux impériaux n’est pas un risque, c’est une nécessité pour le salut de l’espèce humaine.
Par Goïkoya Kolié, juriste, notre collaborateur depuis Canada