Guinée : l’activiste Jacob Biro Barry contraint à l’exil après des représailles du CNRD

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Jacob Biro Barry, jeune activiste guinéen engagé dans la défense de la démocratie et de l’ordre constitutionnel, a été contraint de fuir son pays à la suite de menaces et de violences imputées aux autorités militaires au pouvoir. Selon plusieurs sources concordantes, il se trouverait actuellement au Canada, où il a sollicité la protection des autorités.

Ancien soutien du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), dirigé par le général Mamady Doumbouya, Jacob Biro Barry faisait partie de ces jeunes militants qui avaient placé leur espoir dans les promesses de transition démocratique formulées après le coup d’État de septembre 2021.

Mais très vite, l’activiste prend ses distances avec le régime, qu’il accuse de trahir ses engagements, notamment en matière de calendrier électoral. Fidèle à ses principes, il entame alors une série d’actions de dénonciation pacifique contre ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire ».

Le 10 mai 2023, il participe à une marche organisée par le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), une plateforme citoyenne en opposition aux décisions du CNRD. C’est à l’issue de cette manifestation que Jacob Barry aurait été interpellé par des militaires, puis conduit dans une caserne où il aurait subi de sévères violences physiques, selon des sources proches du dossier.

Toujours d’après ces mêmes sources, il aurait pu s’échapper après deux jours de détention grâce à l’aide d’un officier de police, en échange d’une somme d’argent. Craignant pour sa vie, et face à l’intensification des enlèvements ciblés d’activistes, il prend la fuite et quitte discrètement le pays.

Cette affaire illustre un climat de plus en plus tendu en Guinée, où les voix critiques à l’égard du pouvoir sont systématiquement réduites au silence. Arrestations arbitraires, disparitions forcées, menaces contre la presse et les organisations de la société civile : les signaux d’alerte se multiplient.

Les organisations de défense des droits humains, nationales comme internationales, tirent régulièrement la sonnette d’alarme. La situation actuelle soulève de nombreuses inquiétudes quant au respect des libertés fondamentales, en particulier la liberté d’expression et de manifestation pacifique.

Jacob Biro Barry n’est pas un cas isolé. Mais son exil forcé pourrait bien incarner une nouvelle étape dans la crise politique que traverse la Guinée depuis l’arrivée au pouvoir du CNRD.

Ciré

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