Accueil POLITIQUE Guinée : UFDG, RPG Arc-en-ciel, UFR… : quarante partis politiques frappés de...
Un séisme dans le paysage politique guinéen. Dans la nuit du vendredi 6 mars, les autorités ont officialisé la dissolution de quarante formations politiques, invoquant des « manquements à leurs obligations légales ».
L’annonce, diffusée tardivement sur la télévision publique via un arrêté du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), intervient à moins de trois mois des élections législatives et communales prévues le 24 mai prochain.
La mesure ne touche pas des structures marginales. Parmi les partis frappés d’interdiction figurent trois piliers historiques de la vie politique nationale : l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, le Rassemblement du Peuple de Guinée Arc-en-ciel (RPG Arc-en-ciel) fondé par l’ex-président Alpha Condé, et l’Union des Forces Républicaines (UFR) conduite par l’ancien Premier ministre Sidya Touré. Fait notable : ces trois figures tutélaires de l’opposition guinéenne résident toutes hors du pays depuis le renversement d’Alpha Condé en septembre 2021.
La liste s’étend bien au-delà de ce trio. Le Parti de l’Unité et du Progrès (PUP), qui incarna pendant des années le régime de Lansana Conté, est lui aussi visé.
Aux côtés de formations moins connues du grand public GRUP, UGDD, ARENA, UPG ou encore GECI , c’est un pan entier du spectre partisan guinéen qui se trouve ainsi rayé de la carte institutionnelle.
Les conséquences juridiques sont immédiates et sans équivoque. En vertu de l’arrêté ministériel, les partis dissous perdent instantanément leur personnalité morale, rendant toute activité en leur nom illégale « sur l’ensemble du territoire national ainsi que dans les missions diplomatiques à l’étranger ».
Leurs locaux seront placés sous scellés, tandis que leur patrimoine sera mis sous séquestre dans l’attente de la nomination d’un liquidateur chargé d’en régler le sort.
Le calendrier de cette décision ne manque pas d’interpeller. Alors que la transition guinéenne se poursuit, la dissolution de quarante partis à quelques semaines d’un scrutin majeur soulève des questions sur les conditions dans lesquelles ces élections pourront se tenir. Certains observateurs s’interrogent sur la portée de cette mesure administrative dans le contexte des préparatifs électoraux, quand les autorités y voient une simple mise en conformité avec les obligations légales auxquelles sont soumises les formations politiques.
Oumou Baïllo Diallo