Kissidougou : Paul Moussa Diawara orchestre le basculement de Sogbè 3

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 Le directeur de la Marine marchande déploie une stratégie de proximité qui séduit un fief historique de l’opposition à Kissidougou. 

Dans cette ville de la Guinée forestière où la campagne présidentielle s’est achevée jeudi 25 décembre, un homme incarne à lui seul la transformation du paysage politique local. Paul Moussa Diawara, directeur national de la Marine marchande, a orchestré depuis trois semaines une opération de terrain qui aboutit à un résultat inattendu : le ralliement du quartier Sogbè 3, longtemps considéré comme un bastion imprenable de l’opposition.

Contrairement à d’autres responsables politiques qui multiplient les déplacements éclair, Paul Moussa Diawara a fait le choix de l’immersion totale. Installé à Kissidougou depuis le lancement de la campagne, il a consacré l’intégralité de son temps à parcourir les quartiers, rencontrer les habitants, écouter leurs préoccupations.

Cette stratégie de proximité permanente constitue le socle de son influence grandissante dans la préfecture.

« Il n’est pas venu nous faire des promesses et repartir aussitôt », confie au téléphone un habitant de Sogbè 3 joint par notre rédaction. « Il a pris le temps de comprendre nos réalités, de discuter avec nos jeunes, nos commerçants, nos leaders communautaires. Cette présence change tout. »

Le quartier Sogbè 3 représentait jusqu’ici un défi électoral majeur pour tout parti gouvernemental. Ses électeurs, fidèles depuis des décennies aux formations d’opposition, incarnaient une forme de résistance politique ancrée dans l’histoire locale. Le travail minutieux de Paul Moussa Diawara semble avoir ébranlé ces certitudes.

Jeudi soir, lors de l’ultime meeting marquant la clôture de la campagne, le directeur de la Marine marchande s’est présenté entouré des membres du Directoire préfectoral de la GMD. Mais c’est seul, face aux habitants rassemblés, qu’il a déployé ses talents d’orateur et de pédagogue.

Ceux qui ont assisté à son intervention décrivent un homme capable de vulgariser les enjeux politiques complexes sans jamais sombrer dans la simplification outrancière. Paul Moussa Diawara possède cette capacité rare de s’adresser à tous les publics  jeunes déscolarisés, commerçants, intellectuels, agriculteurs en adaptant son discours sans dénaturer son message.

« Il explique les choses comme si nous étions tous autour d’un thé« , témoigne au téléphone un notable du quartier contacté par nos soins. « Pas de grands mots inaccessibles, pas de mépris. Il parle vrai, il parle simple, mais il parle juste. »

Au-delà des discours, le directeur de la Marine marchande a organisé des démonstrations pratiques du processus de vote, anticipant les difficultés que pourraient rencontrer certains électeurs peu familiers des nouvelles modalités. Cette attention aux détails opérationnels, souvent négligée par les états-majors de campagne, témoigne de son expérience administrative et de sa compréhension fine des réalités du terrain.

L’efficacité de Paul Moussa Diawara ne repose pas uniquement sur ses qualités oratoires. Plusieurs responsables locaux joints par téléphone soulignent sa disponibilité constante, sa capacité à répondre aux sollicitations, son implication personnelle dans la résolution de problèmes concrets rencontrés par les militants.

Cette posture tranche avec celle de certains cadres qui délèguent systématiquement les tâches ingrates.

« Monsieur Diawara ne dort pas beaucoup ces dernières semaines », confie au téléphone un membre du Directoire préfectoral. « Il multiplie les réunions tôt le matin, les visites en journée, les meetings le soir. Et entre deux, il prend encore le temps de recevoir individuellement ceux qui veulent lui parler. »

Cette énergie déployée sans relâche semble avoir convaincu même les sceptiques. Dans un contexte où la fatigue électorale touche une large partie de la population guinéenne, l’engagement visible et constant d’un responsable de premier plan crée un contraste saisissant.

Le basculement de Sogbè 3 ne s’est pas produit en un jour. Paul Moussa Diawara a procédé par étapes, construisant progressivement un réseau de relais locaux, identifiant les leaders d’opinion, neutralisant les résistances par le dialogue plutôt que par la confrontation. Cette approche méthodique reflète davantage la rigueur d’un administrateur que l’improvisation d’un agitateur politique.

Le travail préalable effectué avec les leaders locaux  illustre cette stratégie. Plutôt que d’imposer une organisation verticale, le directeur de la Marine marchande a su s’appuyer sur les structures existantes, respecter les hiérarchies locales, intégrer les dynamiques communautaires.

Cette intelligence situationnelle constitue probablement l’un des facteurs clés de sa réussite à Kissidougou.

L’enthousiasme manifesté lors du meeting de clôture ne préjuge évidemment pas des résultats du scrutin du 28 décembre. Entre les déclarations publiques d’allégeance et le geste solitaire dans l’isoloir, il existe souvent un écart que seul le dépouillement révélera.

Néanmoins, plusieurs observateurs locaux contactés par notre rédaction estiment que le travail accompli par Paul Moussa Diawara dépasse largement le folklore électoral habituel. « Si la GMD obtient un score significatif à Sogbè 3, ce sera historique« , analyse au téléphone un journaliste local qui préfère garder l’anonymat.

« Ce quartier a toujours voté massivement pour l’opposition. Un simple basculement de 20 ou 30% des voix constituerait déjà une performance remarquable. »

L’expérience menée à Kissidougou sous l’impulsion de Paul Moussa Diawara pourrait inspirer la stratégie nationale de la GMD pour les échéances futures. Sa méthode  présence continue, pédagogie accessible, pragmatisme opérationnel, respect des structures locales offre une alternative aux campagnes éclair et aux meetings géants qui mobilisent beaucoup de ressources pour des résultats parfois décevants.

Certains responsables du parti notent déjà que les zones où des cadres ont adopté une approche similaire, privilégiant l’immersion prolongée plutôt que les apparitions sporadiques, enregistrent une dynamique comparable. La question demeure : cette stratégie exigeante en temps et en énergie peut-elle être répliquée à grande échelle ?

La rédaction