C’est un dossier lourd d’interrogations qui met une nouvelle fois en lumière la vulnérabilité des entreprises guinéennes face à certains attributaires de grands marchés. Au cœur de cette affaire : l’exécution des travaux de démolition et d’assainissement du site de la Cité Chemin de Fer, où la firme CHINA CONSTRUCTION SAUSUM (GUINEE) SARLU se retrouve directement incriminée par son sous-traitant local, l’entreprise EDOUMAF BTP SARLU.
Sur le terrain, les prestations promises ont pourtant été intégralement fournies. Mandatée pour l’exécution opérationnelle du chantier, la structure guinéenne a procédé à la démolition de quinze immeubles, aux travaux de remblayage, à la fouille des sous-sols ainsi qu’au nettoyage du site, jusqu’à réaliser des imprévus moyennant des engagements fermes et documentés. Mais une fois ces travaux d’envergure achevés, la collaboration commerciale s’est brusquement muée en un bras de fer unilatéral.



Un dossier factuel étayé face au refus d’explication du coordinateur chinois
Le PDG d’EDOUMAF BTP SARLU, Mamady Doumbouya, dénonce ouvertement ce qu’il qualifie d’abus de confiance, de non-respect flagrant des engagements et de promesses non tenues.
À l’appui de ces accusations, le patron de la PME locale exhibe un dossier documentaire complet, comprenant les ordres de service, les procès-verbaux de constatation, l’etat des lieux, le rappel des engagements et l’historique des échanges sonores et contractuels.
Soucieuse de respecter le contradictoire et de recouper scrupuleusement ces informations, notre rédaction a contacté par téléphone ce lundi à 17 heures le coordinateur général de CHINA CONSTRUCTION SAUSUM (GUINEE) SARLU, identifié sous le nom de M. Wang.
L’attitude de ce responsable soustructurelle suscite toutefois un vif malaise. Dès la prise de ligne, l’interlocuteur s’exprime en français clair et parfaitement audible : « Monsieur, vous vous êtes trompés. C’est un chinois que vous avez appelé. »
Pourtant, dès l’exposition du motif de l’appel et la déclinaison de l’identité du journaliste, la position du coordinateur bascule instantanément. Toujours dans la même langue, M. Wang affirme alors : « Je suis chinois, je ne comprends pas français », avant de basculer l’échange exclusivement en langue chinoise durant 2 minutes et 41 secondes, refusant tout dialogue factuel.
Une relance par messagerie écrite (SMS) en français et traduit en chinois, par le journaliste accompagnée de documents illustratifs du dossier, est demeurée sans réponse.
Cette stratégie de l’esquive et le refus d’assumer un échange contradictoire jettent un doute légitime sur le sérieux et la bonne foi de la direction de cette entreprise étrangère.
Un obstacle direct à la politique nationale de promotion du contenu local
Cette situation réaffirme une réalité douloureuse pour le tissu économique national : l’asphyxie progressive des PME guinéennes engagées dans la sous-traitance de grands chantiers.
Alors que le Président de la République et le gouvernement prônent avec fermeté l’émergence du patronat local et le respect strict du contenu local pour garantir des retombées économiques équitables, de tels agissements concourent directement à fragiliser des entreprises citoyennes, contraintes d’engager d’importants moyens logistiques et financiers sans garantie d’ honorabilité des contrats.
Le Collectif des Journalistes contre l’Impunité suivra ce dossier avec la plus grande rigueur.
Dans nos prochaines parutions, nous publierons l’intégralité des éléments probants, des décomptes financiers et des pièces contractuelles versés à ce dossier, afin que toute la lumière soit faite sur les pratiques d’attribution et de paiement au sein de ce chantier public.
Par Le Collectif des Journalistes contre l’Impunité
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