À quelques jours de l’installation de la nouvelle Assemblée nationale, prévue ce 17 juillet, de sérieuses zones d’ombre planeraient sur l’avenir politique de Dansa Kourouma. Après avoir dirigé le Conseil National de la Transition (CNT) pendant quatre ans, l’ex-président de l’institution verrait ses chances d’accéder au perchoir fortement ébranlées par une enquête judiciaire de grande envergure.
Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, aurait en effet ordonné des investigations globales sur la gestion financière du CNT durant le mandat de l’équipe sortante.
Au cœur de ce dossier brûlant figurerait une enveloppe de 43 milliards de francs guinéens. Selon des éléments d’information concordants, cette somme aurait été initialement allouée aux indemnités de séparation des acteurs de l’institution :
41 milliards de francs guinéens destinés aux conseillers nationaux.
2 milliards de francs guinéens réservés aux primes spéciales des fonctionnaires parlementaires.
Cependant, la procédure de distribution de ces fonds, qui aurait été orchestrée par le secrétaire général du CNT, Aboubacar Camara, suscite de vifs soupçons d’irrégularités.
« Ils auraient partagé l’argent au gré de leurs humeurs. Même des agents d’entretien [ femmes balayeuses ] ou des gardes, pourtant sans lien direct avec l’administration parlementaire, auraient bénéficié de ces largesses », confie une source proche du dossier.
Le cœur du problème ne résiderait donc pas dans l’existence même de cette enveloppe, mais bien dans les modalités de sa répartition, jugées contraires aux règles administratives et financières en vigueur.
Bien qu’aucune charge directe ne pèse formellement sur lui à ce stade, la responsabilité morale de Dansa Kourouma, en tant qu’ancien président du CNT, pourrait être engagée pour ne pas avoir empêché ces violations présumées des procédures. Cette affaire pourrait ainsi hypothéquer sa candidature à la présidence du futur Parlement.
Si son accession au perchoir venait à être définitivement écartée, des sources internes rapportent qu’un point de chute au sein du gouvernement pourrait lui être proposé en guise de compensation politique.
L’affaire a déjà pris une tournure explicitement judiciaire. Plusieurs anciens conseillers du CNT ainsi que des fonctionnaires parlementaires auraient été placés en garde à vue à la CRIEF depuis la semaine dernière.
Signe de l’ampleur de la crise, sur la dizaine de directions que compte l’institution parlementaire, seule la Direction générale du Centre d’Études, de Recherches et de Formations Parlementaires (CERFOP) semblerait, pour l’heure, totalement épargnée par les investigations. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’architecture politique de la future léglégislature. Nous y reviendrons.
Minkael BARRY









