La présentation officielle de la Stratégie Nationale de Développement de la Filière Avicole s’est ouverte dans la capitale guinéenne ce lundi 29 juin, en présence des principales autorités de l’exécutif. À cette occasion, la banque VISTAGUI, représentée par M. Alassane Yattara a présenté ses perspectives d’accompagnement financier pour le secteur. L’institution a exposé ses engagements chiffrés et sa vision d’une restructuration des mécanismes de crédit agricole face aux défis de la souveraineté alimentaire.



L’ouverture de cette table ronde a réuni plusieurs hauts responsables de l’administration publique. Le pupitre officiel comptait notamment le Premier ministre, Amadou Oury Bah, le ministre Secrétaire général à la Présidence, le Général Amara Camara, l’ancien Premier ministre et actuel Conseiller principal du président de la République, le Dr Bernard Goumou, ainsi que le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Felix Lamah.



Des représentants du corps diplomatique et des partenaires techniques et financiers (PTF) étaient également présents pour assister aux orientations définies par le secteur privé bancaire.
Après avoir salué l’initiative du ministère de l’Élevage, le représentant de la VISTAGUI, Alassane Yattara, a exposé la nécessité d’orienter les flux financiers vers le tissu économique local. « Les infrastructures doivent aussi se traduire dans l’économie réelle », a-t-il introduit, avant de cibler les bénéficiaires prioritaires : « Je parle des PME, des coopératives et des foyers. C’est pourquoi l’élevage doit occuper une place stratégique. »
Dans son allocution, l’orateur a établi un lien direct entre le développement de la production avicole et les retombées des grands projets d’infrastructure de la nation. « Financer l’élevage, c’est financer l’alimentation des Guinéens », a-t-il martelé, détaillant ensuite les articulations de cette chaîne de valeur : « Financer l’élevage, c’est créer des emplois pour les jeunes et des opportunités pour les femmes. Financer l’élevage, c’est renforcer la production locale et réduire notre dépendance aux importations. Financer l’élevage, c’est transformer l’ambition de Simandou en bénéfice concret pour la population. »



Abordant les contraintes réelles du marché, Alassane Yattara a évoqué les facteurs de blocage traditionnels tels que les risques sanitaires, la fluctuation du coût des intrants et le déficit de garanties. Selon lui, ces obstacles structurels doivent inciter le secteur bancaire à faire évoluer ses modèles d’évaluation. « Ces réalités ne doivent pas freiner l’engagement de nos institutions financières, elles doivent plutôt nous conduire à innover », a-t-il exhorté.
Pour ce faire, le cadre de la VISTAGUI préconise une révision des critères d’octroi de crédits. « Nous devons passer d’une logique de crédit isolé à un financement de toute une chaîne de valeurs », a-t-il indiqué.
Il a ensuite précisé qu’il convenait de migrer « d’une logique de garantie à une logique de projet bancable » afin d’impliquer l’ensemble des assureurs et des organismes de caution.
Au-delà des orientations stratégiques, la VISTAGUI a présenté le détail de ses capacités de financement allouées au secteur agro-pastoral, en cohérence avec les projections du programme national Simandou 2040.
Alassane Yattara a ainsi rendu publics les montants disponibles au sein de son institution. « On a 40 millions de dollars disponibles pour le financement de l’agriculture et de l’élevage », a-t-il révélé.
Poursuivant l’énumération des ressources mobilisables, il a annoncé : « On a également un financement à hauteur de 20 millions d’euros en ligne de crédit direct et 80 millions en garantie. »
En conclusion, et en vue de répondre aux attentes des promoteurs de projets, le représentant de la banque a fourni des précisions sur l’agenda des premières opérations, planifiées en concertation avec le Fonds de Garantie des PME. « Je pense qu’on va arriver à une décision dans les semaines qui suivent », a-t-il rassuré, estimant les premières enveloppes d’intervention « pour un total de 10 à 12 millions de dollars ».
Cette présentation technique pose les bases opérationnelles d’une collaboration accrue entre les autorités publiques et les institutions de crédit pour l’autonomie de la filière avicole nationale.
Minkael BARRY
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