Le procès opposant la société Videri Entreprises à plusieurs parties impliquées dans le projet du Parc urbain de Conakry a repris devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), avec la comparution de Samuel Gahigi, ancien directeur général de Rio Tinto Guinée.
Au cœur des débats figure l’attribution du marché relatif à la construction du Parc urbain de Conakry. Initialement confié à la société Videri Entreprises, le contrat avait par la suite été résilié avant que les travaux ne soient attribués à la société GPC.
Samuel Gahigi, ancien DG de Rio Tinto, a confirmé à la barre, que cette dernière n’avait pas été choisi sur appel d’offre. L’avocat a produit à la barre le protocole signé entre l’Etat et Rio Tinto, imposait de faire un appel d’offres pour sélectionner les différents acteurs du projet.
La partie civile, représentée par les avocats de Videri, dénonce donc plusieurs infractions présumées, notamment l’atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics, la corruption dans le secteur public, l’usurpation de titres et de fonctions, l’association de malfaiteurs ainsi que la complicité.
Les difficultés d’exécution semblent être liées, en tout cas selon les dires de la partie civile, liées au fait que Sarah Bougriane choisie comme architecte, n’avait pas cette qualité, ni les compétences techniques. M. Gaid
Durant l’audience, les avocats de Videri ont multiplié les questions sur les conditions ayant conduit à la résiliation du contrat initial et sur les critères ayant justifié le choix de Société Graphem, créée à peine une semaine, avant de se faire attribuer le marché de maîtrise d’œuvre.
Ils soutiennent notamment que, Sarah Bougriane, seule associé de cette société n’était pas inscrite à l’Ordre des architectes de Guinée au moment de son intervention dans le projet.
Les représentants de la partie civile ont également tenté de mettre en évidence d’éventuelles contradictions dans le processus de sélection de l’opérateur chargé des travaux, évoquant des soupçons de favoritisme et de corruption.
Qu’en réalité, le retard dans l’exécution est causé essentiellement par l’incompétence de l’architecte.
À la barre, Samuel Gahigi a rejeté ces accusations. L’ancien directeur général de Rio Tinto Guinée a rappelé que le contrat conclu avec Videri avait été signé avant sa prise de fonction à la tête de la société.
Selon lui, le projet du Parc urbain de Conakry ne relevait pas d’un marché public au sens classique du terme. Il a expliqué que Rio Tinto intervenait dans le cadre d’un engagement spécifique consistant à financer et réaliser l’ouvrage avant de le remettre à l’État guinéen.
« Rio Tinto devait construire l’infrastructure et la remettre à l’État. Il s’agit d’un don », a déclaré Samuel Gahigi devant les juges.
Il a également soutenu que Rio Tinto disposait de la latitude nécessaire pour solliciter les services de Graphem dans le cadre de l’exécution de ce projet.
En toile de fond des débats figure également un protocole d’accord dont les implications continuent d’alimenter les échanges entre les différentes parties. Les avocats de Videri cherchent à démontrer que le choix de Graphem soulève de nombreuses interrogations au regard des règles de concurrence et de transparence.
Cette affaire, qui suscite un vif intérêt au sein de l’opinion publique, semble désormais entrer dans une phase décisive. Les prochaines audiences devraient permettre à la Cour de poursuivre l’examen des circonstances ayant entouré la résiliation du contrat de Videri et l’attribution subséquente des travaux à Graphem.
À l’issue des débats, le tribunal a renvoyé l’affaire au 25 juillet prochain pour la poursuite de l’instruction.
Avec Mondemedia.info









