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Démolition de la Cité Chemin de Fer : Les dessous d’un litige de 564 millions GNF entre EDOUMAF BTP et China Construction SAUSUM

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Une vive tension financière ébranle le chantier de libération et de démolition des bâtiments de la Cité Chemin de Fer à Kaloum. Au cœur de cette affaire : un montant réclamé de 564 millions de francs guinéens au titre de travaux imprévus d’évacuation, rejeté par la direction administrative de la société chinoise China Construction SAUSUM SARLU après la mise à l’écart discrète de son chef de projet de terrain.

 

Deux versions face à face à la rencontre du Collectif des Journalistes contre l’Impunité a la Maison de la Presse

L’investigation sur ce dossier a pris une tournure décisive jeudi dernier lors d’une rencontre organisée à la Maison de la Presse de Conakry. Accompagné des responsables chinois incriminés dans cette affaire, le conseil juridique de China Construction SAUSUM SARLU, Me Francis Haba, a transmis à notre rédaction une série de pièces comptables. La partie chinoise précise toutefois que ces documents versés ne constituent pas un état définitif, mais un échantillon illustratif destiné à prouver les acomptes déjà versés à l’entreprise sous-traitante guinéenne EDOUMAF BTP SARLU, dirigée par M. Mamady Doumbouya.

Munis de ces pièces, nos journalistes ont ensuite reçu M. Mamady Doumbouya, venu présenter ses propres justificatifs de chantier et livrer sa version détaillée des faits pour expliquer le blocage.

Deux contrats initiaux et des acomptes partiels

L’ossature juridique du projet repose sur certains engagements contractuels distincts :

Le Lot 01, notifié le 18 mars 2026 pour un montant de 1 280 000 000 GNF TTC, prévoyant la démolition de 6 immeubles (immeubles \text{n}^\circ 2, 3, 4 en \text{R}+2, \text{n}^\circ 1 en \text{R}+4, et \text{n}^\circ 5, 6 en \text{R}+6) dans un délai restreint de 18 jours.

Le Lot 03, signé sous forme de contrat bilingue français-chinois pour 1 160 000 000 GNF, portant sur 6 autres bâtiments (bâtiments 7, 8, 9, 14 en \text{R}+2 et 13, 15 en \text{R}+4), incluant le coupage des arbres.

Sur ce volume contractuel global de 2 440 000 000 GNF, les reçus de paiement présentés par la partie chinoise atteste du versement d’au moins 1 246 000 000 GNF à M. Doumbouya, répartis entre espèces, chèques et virements bancaires.

La jurisprudence du premier imprévu réglé

Durant les opérations, des travaux non inscrits au cahier des charges initial se sont imposés sur le terrain. Un premier devis d’imprévus (remblai, fouille des sous-sols, nivellement et élagage) s’élevant à 360 000 000 GNF a été soumis par M. Doumbouya au chef de projet chinois sur le site, puis exécuté et intégralement payé par China Construction SAUSUM SARLU. Ce premier règlement a établi une pratique de travail fondée sur des accords de terrain directement conclus avec l’encadrement technique chinois.

Le nœud du problème : Les 564 millions GNF et le retrait du chef de projet

La rupture s’est produite lors du second chantier d’imprévus, portant sur l’« évacuation entre le Bâtiment \text{N}^\circ 06 et le Bâtiment \text{N}^\circ 15\text{ EDG} ».

Selon le bordereau explicatif du 15 juillet 2026 fourni par EDOUMAF BTP SARLU, ce travail a exigé la mobilisation pendant 20 jours et nuits d’équipements lourds :

4 camions : 200 000 000 GNF de location (2,5\text{ millions/jour/camion}) et 48 000 000 GNF de carburant gasoil (4\ 000\text{ litres} à 12\ 000\text{ GNF/L}), soit 248 000 000 GNF.

2 excavateurs avec marteau piqueur : 240 000 000 GNF de location (6\text{ millions/jour/machine}) et 76 800 000 GNF de carburant gasoil (6\ 400\text{ litres} à 12\ 000\text{ GNF/L}), soit 316 000 000 GNF.

Total général exigé : 564 000 000 GNF.

M. Mamady Doumbouya soutient avoir exécuté cette prestation lourde sur la base d’accords amicaux et de promesses d’attribution de futurs chantiers majeurs (universités de Kankan et Faranah, immeuble Casino). Les détails financiers avaient été remis au chef de projet chinois ainsi qu’au coordinateur général.

Toutefois, le chef de projet chinois ayant suivi le dossier sur le terrain a été discrètement retiré du processus par sa hiérarchie. Dans la foulée, la direction de China Construction SAUSUM SARLU a opposé une fin de non-recevoir au paiement des 564 000 000 GNF, invoquant l’absence d’avenant écrit au contrat principal. M. Doumbouya réclame aujourd’hui le règlement de ses frais d’exploitation réels pour liquider la situation financière du chantier.

Collectif des Journalistes contre l’Impunité 

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