Conakry : Le ministère du Commerce descend sur le terrain pour protéger le pouvoir d’achat

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Le ministère de l’Industrie et du Commerce a franchi un nouveau cap dans sa politique de régulation des marchés.

Après la signature d’un protocole d’entente tripartite impliquant la Douane guinéenne et la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat, la ministre Fatima Camara a conduit une délégation dans les entrepôts de la société CEPERTAM, à Ratoma, pour constater de visu l’état des réserves en sucre et les conditions de leur distribution à l’échelle nationale.

Cette descente sur le terrain marque la volonté des autorités de dépasser le stade des déclarations d’intention.

Loin des salles de réunion, la ministre a tenu à confronter les engagements pris par les grands importateurs à la réalité des stocks disponibles.

« Notre économie est fondée sur la libre concurrence, mais ce protocole nous donne les moyens d’encadrer le marché pour que ses fluctuations ne pèsent pas trop lourd sur les ménages », a-t-elle affirmé devant la presse, saluant au passage les efforts consentis par les opérateurs privés pour approvisionner aussi bien la capitale que les régions de l’intérieur.

Au cœur du dispositif : un système de prix plafonds, dont la portée a été clarifiée par le directeur national du Commerce intérieur. Cet outil de régulation ne constitue pas un tarif imposé, mais une limite haute que nul opérateur ne saurait franchir sans s’exposer à des sanctions.

« Dans la plupart des cas, les prix constatés sur le marché restent en deçà de ces seuils », a-t-il précisé, insistant sur le fait que ces plafonds ont été définis après une analyse rigoureuse des charges des importateurs et des capacités financières réelles des consommateurs guinéens.

L’enjeu dépasse la simple surveillance administrative.

En multipliant les visites inopinées et en s’appuyant sur un cadre contractuel formalisé, le département entend prévenir toute tentative de spéculation sur les produits essentiels, notamment en période de tension sur les approvisionnements mondiaux.

La fluidité des circuits de distribution vers l’intérieur du pays constitue à cet égard une priorité explicite, plusieurs zones rurales étant historiquement exposées aux ruptures de stock et aux envolées tarifaires non justifiées.

Ce nouveau mécanisme de gouvernance économique repose sur un pari : celui du dialogue plutôt que de la contrainte unilatérale.

En associant les acteurs privés à l’élaboration des règles, le gouvernement espère concilier viabilité économique pour les importateurs et protection durable du pouvoir d’achat pour les Guinéens.

Sékou Sylla