Accueil SOCIÉTÉ La mère de Tibou Kamara kidnappée à Dinguiraye : qui a...
Il y a des actes qui défient toute logique, toute humanité, toute décence. Ce qui s’est passé dans la nuit de mardi à mercredi à Dinguiraye, à près de 550 kilomètres de Conakry, en est l’illustration la plus sombre.
Des hommes armés, le visage dissimulé derrière des cagoules, ont fait irruption au domicile familial de l’ancien ministre d’Etat Tibou Kamara.
Leur cible ? Non pas un homme en capacité de se défendre, mais deux femmes âgées, sans défense. Sa mère, Hadja Asmaou Diallo, décrite par ses proches comme très âgée, plus de 80 ans et sa sœur, Hadja Binta Kamara.
Toutes ont été arrachées à leur foyer dans la nuit, emmenées vers une destination que personne, à ce stade, ne connaît.
Ce qui aggrave l’horreur de cette situation, c’est le vide sidéral qui lui répond du côté officiel. Aucune communication. Aucune explication. Aucune réaction du parquet. Les procureurs n’ont pas jugé utile de se prononcer sur une opération menée par des individus lourdement armés, en pleine nuit, contre des femmes âgées. Ce silence n’est pas une omission. C’est en lui-même un scandale.
Qui étaient ces hommes encagoulés ? Au nom de quelle autorité ont-ils agi ? Où se trouvent ces deux femmes en ce moment ? Autant de questions qui restent sans réponse, et dont l’absence de réponse est insupportable.
Ancien ministre sous le régime d’Alpha Condé, renversé lors du coup d’État du 5 septembre 2021, Tibou Kamara est un personnage public que l’on ne présente plus en Guinée. Journaliste, analyste politique, chroniqueur reconnu, il vient par ailleurs de publier un ouvrage revenant sur les coulisses du renversement du régime Condé, un livre qui, visiblement, ne laisse pas indifférent.
S’attaquer à sa famille, à ces femmes âgées, dans l’obscurité de la nuit, ressemble à un message. Un message brutal, lâche, et profondément révélateur d’un climat dans lequel l’intimidation semble avoir remplacé le droit.
La Guinée ne peut pas continuer à regarder de tels actes se produire dans l’indifférence générale. Enlever une mère, une sœur ou une tante âgée pour atteindre un homme, c’est franchir une ligne que nulle justification politique, nulle logique sécuritaire ne peut légitimer.
Les autorités guinéennes ont le devoir immédiat, urgent, impératif de s’expliquer, de localiser ces femmes et de garantir leur sécurité. Chaque heure de silence supplémentaire est une heure de honte de plus.
La Rédaction